« Ceux qui ne bougent pas ne sentent pas leurs chaînes. » Rosa Luxembourg
Actualité & Humour

SEMAINE 13 2008

Si nous sommes sérieux, nous nous renseignerons sur ce qu'ils font, sans prêter grande attention à ce qu'ils disent.



Remaniement

Du bling bling partout.


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France


Sarko : le tout à l'égo. Quand l'orgueil gouverne.

Résultats des élections Municipales 2008

http://elections2008.interieur.gouv.fr/MN2008/


Le Grand Bazar

Il y avait au temps des rois un impôt particulièrement humiliant, dont les riches s'acquittaient en numéraire, et les pauvres par du travail sans salaire.

Il s'agissait de la corvée.

Elle fut abolie, avec tant d'autres iniquités, dans la nuit du 4 août 1789 par l'Assemblée constituante.

Et pendant 215 ans, elle n'exista plus.

Jusqu'au 30 juin 2004.

Ce jour-là, l'Assemblée nationale vota la Journée de solidarité envers les personnes âgées, une journée de travail obligatoire et non rémunérée.

La corvée était de retour, moins brutale toutefois que sous l'Ancien Régime.

Les corvées royales, redoutées de tous, n'épargnaient guère que les détenteurs de priviléges, noblesse et clergé.

La corvée républicaine est bien plus gentille : elle ne s'attaque qu'aux salariés.

Elle pousse même très loin son souci de ne faire aucun tort aux employeurs.

Certes, ceux-ci sont contraints de verser à l'Etat ce qu'ils ne payent pas aux travailleurs.

Et ça ne fait jamais plaisir.

Mais il ne s'agit que du net.

Pas du brut : les salariés, ne gagnant rien ce jour-là, ne cotisent à rien : ni Sécu, ni retraites ou Assedic, rien du tout.

Les employeurs pareil.

Et comme les charges patronales équivalent en moyenne à 50% du salaire brut...

Ils bénéficient d'une journée de travail à moitié prix.

Ce qui est tout de même consolant.

A l'origine, la corvée républicaine était présentée comme un vasteTéléthon destiné à sauver de la mort les personnes âgées.

La date de cette manifestation caritative avait été fixée au lundi de Pentecôte, et bénéficiait, comme toujours lorsqu'il s'agit d'une noble cause, d'un appui médiatique important.

On pouvait y voir également une vaste arnaque destinée à piquer la thune dans la poche de tous les pauvres, même les non imposables, du moment qu'ils travaillent, mais ce n'était pas l'avis des syndicats.

A part quelques grommellements, ils n'avaient pas bronché.

N'osant assombrir, peut-être, avec des considérations matérialistes, la généreuse ferveur de ce jour sacré.

Or, voici que ce jour n'est plus.

Le 29 février 2008, Xavier Bertrand, ministre du travail, annonçait que le lundi de Pentecôte serait de nouveau férié et chômé.

Et la Journée de solidarité dispatchée au choix, en bloc ou par petits bouts, parmi les jours ouvrables de l'année.

En heures sup, donc.

Payées walou.

Alors qu'elles valent au moins 10% de plus que les autres.

L'arnaque se précise, et se pratique à visage découvert : fini le Téléthon! On ne fait plus dans la dentelle ni dans la poésie, mais dans la question cynique : combien ça rapporte, quand les employésTravaillent Plus Pour Gagner rien? Deux milliards? Et combien ça coûte? Beaucoup moins?

Pendant ce temps, indifférents à tout ce tintamarre, les syndicats se la coulent douce : aucun n'appelle à la grève, aucun n'appelle au boycott.

Business as usual : ils négocient au cas par cas cette mesure universelle.

Conformément à ce que leur demandent depuis 2004 l'Etat et le patronat : renégocier branche par branche, entreprise par entreprise, la durée légale du travail, fixée à 35 heures par semaine, et dont le lundi de Pentecôte a brisé le tabou.

Il y avait eu pourtant, à cette occasion, ce qu'on appelle un «Grand Bazar», expression pudique pour désigner le rejet massif de la corvée par les salariés.

Je ne sais pas comment l'appellent les syndicats : ils n'en parlent jamais.

Ce n'est pas leur affaire.

Dans le Gard, qui ouvrait le bal en 2005 dès le lundi de Pâques (car le lundi de Pentecôte, Féria de Nîmes oblige, était resté chômé), on vit les enseignants se mettre en grève sur le seul appel de la minuscule CNT-AIT, qui n'avait aucune audience, et les écoles se vider d'élèves sur la simple consigne d'une association de parents, la FCPE, qui n'était pas présente partout.

De syndicats, point.

Il en fut de même quarante jours plus tard dans la France entière, soulevée par d'innombrables initiatives locales et désordonnées.

Le «Grand Bazar», donc.

Toujours sans syndicat.

Apparemment le Gard n'avait pas suffisamment convaincu les confédérations qu'une opposition organisée à la journée de corvée fût possible et souhaitable.

Elles n'avaient pas bougé le petit doigt.

En 2006, en 2007, elles prirent, sur ce sujet, deux années sabbatiques supplémentaires.

Alors que les différents gouvernements de la France, instruits par l'expérience, et peu désireux qu'elle se renouvelle, se démenaient comme de beaux diables pour cacher le maudit lundi à la vue des populations.

Les exceptions se multiplièrent.

Les particularités s'accumulèrent.

Jusqu'à ce qu'en 2008 on trouve enfin la planque idéale.

Adieu la journée de solidarité, diluée dans le temps de travail annuel, et coucou! l'assouplissement de la semaine des 35 heures, qu'on s'apprête à négocier.

On aura toute latitude alors d'ajouter à son temps de travail non plus une seule, mais deux, quinze ou quarante journées de travail supplémentaire.

Aux conditions ouvertes par l'éparpillement de la journée de solidarité sur l'ensemble de l'année : une diminution imperceptible mais réelle du prix des journées travaillées (ça se fera par l'inflation), et l'exemption du paiement des cotisations sociales pour ces heures supplémentaires (bonjour le déficit des comptes sociaux).

C'est ce modèle que les syndicats ont refusé de combattre lors du lundi de Pentecôte.

Ne vous attendez pas à ce qu'ils en rejettent la généralisation.

Placez vos seuls espoirs sur un retour du «Grand Bazar».

http://amate-palindromes.blogspot.com/2008/02/le-grand-bazar.html


Souffrance au travail dans le secteur de l’économie sociale

Cette contribution a moins pour objet de témoigner d’une souffrance que d’alimenter la réflexion sur la souffrance au travail dans le secteur de l’économie sociale.

L’ampleur du phénomène des suicides au travail et les estimations connues permettent de parler de deux tentatives de suicide par jour liées à de la souffrance au travail dont l’une des deux se conclut par la mort du salarié.

Par ailleurs, nous savons qu’il y a des situations d’emploi plus risquées que d’autres. C’est le cas notamment lorsque l’emploi suscite de fortes sollicitations mentales, émotionnelles et affectives ; C’est le cas lorsque l’emploi implique une forte responsabilité notamment vis-à-vis d’autres personnes. Et c’est le cas, également, lorsque le salarié est très investi professionnellement et émotionnellement. C’est ce que décrit dès 1974, le psychanalyste américain Herbert J. Freudenberger, qui lui, parle de Burn-Out Syndrom, ce qui a été (mal) traduit en français par « syndrome d’épuisement professionnel ».

http://www.carnetsdesante.fr/spip.php?article138


Ecran trouble à France Télévisions

Depuis l’annonce de Sarko de supprimer la publicité de l’audiovisuel public, c’est la panique à France Télévisions. Toute la stratégie du groupe est à revoir et on s’attend, dès 2008, à une perte de 100 à 150 millions d’euros de budget pub. Petite revue en détail des protagonistes et des scénarios possibles dans les prochains mois…

http://www.bakchich.info/article2778.html


La famille est au fondement des individus, pas des sociétés

Long entretien avec un des plus grands ethnologues vivants, qui nous invite à partager l’immensité de la diversité des humains en même temps que leur profonde unité. Leçon de tolérance : notre société est une des sociétés possibles, même si elle développe des traits inédits.

http://www.carnetsdesante.fr/spip.php?article137


Mariages entre communes, ou les petits arrangements entre élus

Qui sait que le véritable enjeu des municipales se cache derrière un concept abscons mais au contenu bien réel ? Le fonctionnement de l’intercommunalité, puisque c’est de ces regroupements de communes qu’il s’agit, est trop complexe et trop coûteux pour que les maires s’y risquent en pleine campagne.

http://www.bakchich.info/article2882.html



JC Decaux redoute la nouvelle affiche des municipales

Nicolas Sarkozy n’est pas le seul à se sentir concerné par les résultats des élections municipales. C’est aussi le cas de Jean-Claude Decaux, qui heureux hasard, est par ailleurs ami de notre virevoltant président. L’entreprenant industriel de l’affichage urbain et des Vélib’, aux marges confortables, craint quelques renégociations de contrats qui feraient pâlir son cours de bourse

Sarko et Decaux sont sur un vélo. Les deux hommes ont souvent jouer ensemble de la pédale. Si le premier en est à réfléchir à la façon de gérer la gamelle prévisible de certains candidats de droite, le second attend, lui, de savoir si son juteux business va encore prospérer.

Le roi des sanisettes et des panneaux publicitaires est présent dans des milliers de villes dans le monde. En France, il est comme chez lui à Toulouse, Marseille, Cannes et surtout Paris, où le maire, Bertrand « le magnifique » Delanoë, ne peut rien lui refuser. On se souvient qu’il a accepté de casser un appel d’offres défavorable à Decaux pour permettre à ce champion national de mettre en oeuvre Vélib’, un système de location de vélos que le monde entier nous envie.

http://www.bakchich.info/article2868.html


Opodo
Avant le lancement du sous-marin Le Terrible, Hervé Morin confirme que les armées vont maigrir

Le ministre de la Défense a confirmé ce vendredi préparer un plan prévoyant une réduction des effectifs. L'heure est aux économies et le second porte-avions devrait être retardé.

Le lancement en grande pompe du sous-marin Le Terrible (SNLE, sous-marin nucléaire lanceur d'engins, de nouvelle génération), ce vendredi à Cherbourg, en présence du Chef de l'Etat, risque d'être l'arbre qui cache la forêt. Car les armées s'attendent à un sérieux coup de vis sur leurs effectifs et leurs équipements.

http://www.latribune.fr/info/Avant-le-lancement-du-sous-marin-Le-Terrible--Herve-Morin-confirme


Misère du sondage et gloire de la Réforme

Bravo France 2 et Ipsos, ça va être dur de trouver un sondage plus con : concernant le rythme des Réformes voulues par Nicolas Sarkozy, êtes-vous pour accélérer, garder le même rythme ou ralentir ? Lang et Dray, sur le plateau, ont eu raison de hurler, parce qu'à ce niveau de foutage de gueule il n'y a plus grand chose à faire. En effet, LES réformes, mais quelles réformes ? Celles qui cognent sur le voisin, j'imagine. Evidemment, ces imbécillités sont du pain béni pour les bureaucrates de l'UMP qui répètent le brief du soir, "les français trouvent qu'on ne va pas assez vite".

Ce raisonnement est magnifique : si les électeurs de droite ne se sont pas déplacés pour défendre leurs maires sortants, ce n'est pas parce qu'ils sont déçus par un pouvoir qui ne tient pas vraiment ses promesses ou par un président qui pense plus à sa rolex qu'à l'état du pays, c'est parce qu'ils trouvent que les réformes ne vont pas assez vite et qu'il n'y a pas de résultats concrets ! Entendons nous, ce sont des scrutins locaux et des enjeux locaux, et d'ailleurs la droite n'a pas perdu, c'est un "rééquilibrage" par rapport à 2001. S'il n'y a plus qu'une seule grande ville à droite - Marseille - c'est bien sûr parce que, localement, tous les maires sortants de droite n'étaient pas si bons que ça. Mais s'il faut retenir une leçon nationale de ces enjeux tellement locaux et de cette participation tellement faiblarde, c'est le rythme défaillant des réformes. Il faut accélérer LES réformes.

Ainsi, plus les résultats sont mauvais, plus il faut continuer dans le mur ! Elémentaire ! Le gouvernement légifère dans tous les sens, à toute vitesse, sans écouter personne, sans jamais aller en profondeur, et il faudrait aller encore plus vite ? Mais comment ? Faut-il, comme le raconte Médiapart, supprimer l'ISF ? Voila qui va faire du bien pour le pouvoir d'achat, un peu comme les franchises médicales. Voila le "résultat" que les français attendent ! Comme le service minimum dont personne (heureusement) n'a vu la couleur, comme la réforme de la fac lâchement baclée pendant l'été, et qui finalement ne conférera qu'un peu plus de pouvoir et de moyens aux présidents des universités les plus riches, ou alors comme le paquet fiscal et les heures sup que personne n'a vu. Il va y avoir du spectacle.

Ces gros cons d'instituts de sondage, tellement préoccupés de fabriquer leurs enquêtes stériles sur le bon rythme des Réformes, ont annoncé trop tôt la défaite de Tibéri dans le Vème, avant de revenir à un équilibre de façade pour cacher leurs errements. Sale fausse joie, mais une consolation, cette victoire ne va pas dans le sens de l'accélération des réformes...

http://www.radical-chic.com/?2008/03/16/760-misere-du-sondage-et-gloire-de-la-reforme


La lutte des salariés de l’usine Kléber

http://www.lariposte.com/La-lutte-des-salaries-de-l-usine-Kleber-997.html


Les Aventures des Petites Fripouilles

Laurence Parisot est bien gentille, mais un peu soupe-au-lait.

Regardez cette façon qu'elle a eu de porter plainte contre Gautier-Sauvagnac et son pote, qui mettaient en doute ce qu'elle racontait.

Elle exagère.

Si on ne peut plus contredire les gens sans être trainé en justice, il n'y a plus de discussion possible.

Remarquez, on comprend qu'elle soit en colère.

http://amate-palindromes.blogspot.com/2008/03/les-aventures-de-laurence-et-nicolas.html


Riches et pauvres ne sont pas égaux face à la sécheresse

Selon un rituel qui semble désormais bien rodé, M. Jean-Louis Borloo, ministre de l’Ecologie et de toutes ces sortes de choses, vient à nouveau, et nous ne sommes pas encore à la mi-février, de sonner l’alarme générale. Tout le monde sur le pont (du Gard). Précautions, restrictions, recommandations… Toutes ces gesticulations occultent une réalité par trop crue. Face à la sécheresse, nous ne sommes pas égaux. Les agriculteurs bien sûr vont continuer à arroser ad nauseam les cultures irriguées largement subventionnées. Mais les consommateurs domestiques non plus ne sont pas logés à la même enseigne. Selon que vous serez puissants ou misérables, l’addition sera plus ou moins salée ! Comme l’atteste le document que nous publions ci-après qui prouve sans équivoque que dans le Languedoc, plus on est riche et moins on paie. Vous avez dit sécheresse ?

"Les critères sont plutôt mauvais et la situation mérite de lancer une vraie alerte", a affirmé le ministre à l’issue du premier comité sécheresse de l’année qui réunit les associations écologistes, les agriculteurs, les pêcheurs et les administrations, nous rapporte l’AFP (pas encore privatisée).

La pluviométrie efficace, celle après évaporation, est inférieure de 25% à la normale et atteint près de 50% dans le sud du bassin parisien, la vallée de la Garonne, les Pyrénées orientales et la Provence.

"Et Météo France prévoit que les trois mois à venir seront sans doute légèrement plus chauds que la normale, même si on ne peut rien dire de la pluviométrie, prévisible à huit jours au plus", a insisté M. Borloo.

Globalement, a encore déploré le ministère, la situation des nappes phréatiques se dégrade alors que l’automne leur permet habituellement de se recharger. "Celle de Beauce baisse depuis 2002, alors qu’elle a progressé régulièrement de 1995 à 2002", a souligné M. Borloo.

Seules les nappes des régions Nord et Est, qui ont bénéficié d’un été exceptionnellement humide, affichent un état de remplissage satisfaisant. Déjà, et sans préjuger des précipitations printanière, M. Pascal Berteaud, directeur de l’Eau, de l’Onema et du reste, admet que les départements de "l’arc méditerranéen, en particulier du Languedoc Roussillon", ne devraient pas échapper aux désormais traditionnels arrêtés préfectoraux restreignant l’usage de l’eau. (On va rire, voir ci-après.)

Pour la région Provence-Alpes Côte d’Azur, relève-t-il "on a l’eau des Alpes" qui pourrait sauver la mise. Mais l’arrêté en vigueur dans le Var depuis l’été dernier n’a toujours pas été levé à ce jour, de même qu’en Seine-et-Marne.

(Encore faudrait-il pour « l’eau des Alpes » que les cochonnerie de canons à neige n’en viennent pas à bout…)

Par conséquent, le ministre a demandé aux agriculteurs de "se montrer précautionneux, de faire attention au maïs et plutôt de le réduire" et aux préfets des régions PACA, Pyrénées orientales, du sud de la France, de Lorraine et de Poitou-Charente-Vendée de "réunir tout de suite" les comités sécheresse locaux.

Il a souhaité aussi "tout de suite" la mise en place de capteurs acoustiques, comme le Grenelle de l’environnement va l’exiger, qui permettent de détecter les fuites des réseaux d’adduction actuellement responsables de 25% de pertes en France.

(C’est la Véopolaise qui va être contente, d’ici à ce que l’UFC-Que Choisir se penche sur les factures des capteurs, y a de la marge…)

La situation est "grave mais pas catastrophique", a jugé le ministre. Mais tout peut s’inverser : il y a deux ans, 75 départements avaient été frappés par un arrêté sécheresse et déjà, le premier comité sécheresse de l’année avait été convoqué un 12 février.

Pourtant, les agriculteurs l’assurent, ils tiennent compte de cette situation : "Les assolements en maïs baissent déjà de 5 à 10% par an dans la région Centre : on compense en semant davantage de cultures d’hiver qui n’ont pas besoin d’irrigation ou de tournesol, moins gourmands en eau", a expliqué M. Michel Masson, vice-président du principal syndicat agricole, la FNSEA et membre du Comité sécheresse.

"Les agriculteurs anticipent, parce qu’un arrêté sécheresse en plein été, qui interdit d’irriguer, c’est la catastrophe", a-t-il souligné.

Nous voilà rassurés.

Le message d’alerte du WWF-France

Déjà l’an dernier le WWF s’était alarmé du déséquilibre de gestion de l’eau observée dans l’agriculture en Méditerranée. Depuis plusieurs années la sécheresse est un problème récurrent, soulignait l’ONG.

La superficie des terres affectées par une sécheresse sérieuse dans le monde a plus que doublé entre les années 70 et les années 2000.

Depuis la sécheresse de 2003, la France a du mal à s’en remettre, l’Espagne et le Portugal ont été particulièrement touchés en 2005 et pour 2006 on s’attend au pire.

Chaque année, on retrouve les mêmes évaluations en pertes agricoles et mêmes humaines. L’impact économique de la sécheresse en 2003 en Europe à été évalué à 11 milliards d’euros, et a coûté la vie à 40 000 personnes, dont la moitié en Italie.

En été 2005, le Portugal a perdu autour de 60% de sa production de blé et 80% de sa production de maïs.

En Espagne, la perte dans l’agriculture et la production animale s’est élevée à un total de 2 à 3 milliards d’euros.

Même si la sécheresse est un phénomène normal, leur périodicité et leur intensité risquent de s’accentuer à cause notamment des changements climatiques et du réchauffement planétaire.

Avec une élévation accrue de la température, les évènements pluvieux se raréfient autour du bassin méditerranéen.

Certains bassins versants européens ont déjà éprouvé une réduction de 20% des précipitations au cours du siècle dernier et en Italie, le nombre de jours de pluie a diminué en moyenne d’environ 12% sur la période 1880-2002.

Face à ces causes planétaires, difficiles à contrer à court ou moyen terme, le WWF mettait en garde les pays du pourtour méditerranéen et l’Europe sur les conséquences des politiques de gestion de l’eau actuellement mises en œuvre.

Pour l’organisation mondiale pour la protection de l’environnement, ces politiques accentuent les effets de la sécheresse en gaspillant une ressource de moins en moins accessible et sans un changement majeur dans les politiques nationales et européennes sur l’utilisation de l’eau, les pays du bassin méditerranéen souffriront bien plus qu’avant.

Heureux les riches de Septimanie

Nous allons voir que ces effets de manche n’ont que fort peu d’effet sur des habitudes bien ancrées, qui conduisent à ce que l’inégalité face à la ressource sévisse aussi par chez nous, dans le Languedoc, par exemple, et pas seulement en Afrique.

Le tableau comparatif ci-après établit en effet sans équivoque qu’aux alentours de Montpellier, si vous résidez dans une commune huppée, vous y paierez votre eau moins cher que si vous êtes parqués dans une zone à pauvrets et pauvresses.

Et pour une fois il ne semble pas que la Veopolaise soit (seule) dans le coup.

Id est, en période de restriction le fait de payer l’eau très, très, très, bon marché ne nous paraît pas vraiment constituer une « incitation économique » forte à l’économiser… (Il est vrai que la DCE, en Septimanie comme ailleurs...)

Voilà qui relativise grandement les envolées des sieurs Borloo et Berteaud. Mais à tout coup ils ignorent tout de l’affaire. Ca doit être un coup de l’empereur de Septimanie…

http://www.eauxglacees.com/Riches-et-pauvres-ne-sont-pas


Mais prenez donc un Prozac

Jean-Claude Salomon, médecin-cancérologue, ancien directeur de recherches au CNRS, est membre du Conseil scientifique d’Attac-France.

Il dénonce, depuis plusieurs années le comportement médical en France et le peu d’empressement d’une partie des citoyens et des mouvements sociaux à s’emparer de ces questions.

On lira ici un pamphlet dans lequel il s’insurge contre les particularités françaises dans le domaine des anti-dépresseurs, des conséquences pour les patients et... « Le complexe médico-industriel »

http://www.france.attac.org/spip.php?article8288


Le RSA sert-il à quelque chose ?

Entretien avec Jean Gadrey : professeur émérite d'économie à l'université de Lille I et auteur avec Florence Jany-Catrice de Les nouveaux indicateurs de richesse, coll. Repères, éd. La Découverte, rééd. 2007.

Entretien avec Denis Clerc : fondateur d'Alternatives Economiques, ancien rapporteur au Cerc. Denis Clerc fut également membre de la commission Hirsch de 2005.

Outil de lutte contre la pauvreté salariale ou dispositif aux effets pervers? Alternatives Economiques ouvre le débat sur le revenu de solidarité active.

Le revenu de solidarité active (RSA) va être expérimenté dans une vingtaine de départements. Ce dispositif est-il de nature à réduire la pauvreté?

Denis Clerc: Le RSA est incontestablement un bon moyen de lutter contre la pauvreté laborieuse, celle que certains travailleurs précaires ou à temps partiel connaissent. Il s'agit en effet de compléter les revenus insuffisants qu'ils peuvent tirer de leur travail. Le RSA diffère profondément du système actuel d'intéressement (*) , parce qu'il est permanent, alors que l'intéressement est limité dans le temps ou dans son montant total. Or, la lutte contre la pauvreté laborieuse ne peut se réduire à des coups de main ponctuels.

En revanche, le RSA laisse inchangée la situation des ménages pauvres qui ne sont pas en emploi, comme par exemple les personnes âgées ne percevant que le minimum vieillesse (dont le montant est situé en dessous du seuil de pauvreté). Ce n'est donc pas un remède miracle contre toutes les formes de pauvreté, et bien d'autres efforts seraient nécessaires - en matière de logement, de santé, de garde d'enfants... - pour effacer cette tache sociale qu'est la pauvreté dans une société riche. Toutefois, ne sous-estimons pas l'enjeu potentiel, puisque, sur les 7,1 millions de personnes qui, en 2005, disposaient d'un niveau de vie inférieur au seuil de pauvreté, 4,6 millions vivaient dans un ménage où un adulte au moins était en emploi ou au chômage.

http://www.alternatives-economiques.fr/le-rsa-sert-il-a-quelque-chose-_fr_art_473_31465.html


Immobilier - À la recherche du juste prix

Alors que le ralentissement du marché immobilier se confirme, une association baptisée « La Bulle immobilière » milite pour la création d'un indicateur neutre des prix des logements. Selon elle, les professionnels prolongent artificiellement la hausse depuis des mois, du moins hors de l'Île-de-France. Affirmations appuyées par des dizaines d'entretiens en caméra cachée réalisés dans des agences immobilières partout en France.

http://www.quechoisir.org/actualites/A-la-recherche-du-juste-prix


La crise du crédit invalide le modèle économique des fonds d'investissement

"Les bons temps sont derrière nous." La formule employée début mars par le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, pour qualifier la dégradation de la situation économique, s'applique particulièrement à l'activité des fonds d'investissement. Ces investisseurs devenus omniprésents sur les marchés financiers, capables jusqu'à l'été 2007 de racheter des sociétés de plusieurs dizaines de milliards d'euros, subissent de plein fouet la crise financière. "De 2005 à 2007, les fonds ont vécu un conte de fées. Aujourd'hui, aux Etats-Unis comme en Europe, c'est fini", lance le porte-parole d'un grand fonds anglo-saxon.

http://www.lemonde.fr/economie/article/2008/03/14/la-crise-du-credit-invalide-le-modele-economique-des-fonds


Les petits porteurs face à la crise boursière

Nombreux sont les petits épargnants qui subissent la crise, après avoir investi dans des produits sophistiqués. Jean-Claude Delarue, secrétaire général de l'association SOS Petits porteurs, dénonce les pratiques abusives des banques envers des clients parfois désinformés.

http://www.lexpress.fr/info/quotidien/actu.asp?id=468407


Poursuivi en diffamation pour avoir accusé les producteurs de sel de minimiser les risques de l'excès de sel sur la santé,

Pierre Meneton, chercheur à l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), a été relaxé, jeudi 13 mars, par le tribunal correctionnel de Paris. Une victoire pour ceux qui défendent les "lanceurs d'alerte", ces scientifiques ou simples citoyens qui tentent d'alerter l'opinion publique sur les dangers de tel ou tel produit ou pratique, au risque, justement, de se retrouver devant les tribunaux.

Les propos mis en cause par le Comité des salines de France, syndicat qui regroupe la majorité des producteurs français de sel, remontent à 2006. Dans une interview au mensuel TOC, Pierre Meneton avait déclaré que "le lobby des producteurs de sel et du secteur agroalimentaire était très puissant", et "désinformait les professionnels de la santé et les médias". L'article, intitulé "Scandale alimentaire : sel, le vice caché", était accompagné d'une illustration d'une boîte de sel barrée de la mention "le sel tue", comparable à celle figurant sur les paquets de cigarettes. Etaient également poursuivis l'auteur de l'article, Pierre Cattan, et le directeur de la publication, Arnauld Champremier.

ERREUR DE PROCÉDURE

Avant même d'en venir au fond, la 17e chambre du tribunal de grande instance a annulé, dans son jugement, les poursuites contre M. Meneton, en raison d'une erreur de procédure. Mais considérant que le propos incriminé - "appréciation critique portée par un scientifique" - n'était "pas diffamatoire", elle a également relaxé MM. Champremier et Cattan. Pour le tribunal, "il ne s'agit que de l'évocation d'une question d'ordre général sur l'utilisation excessive d'un produit naturel qui, quelle que soit sa pertinence, ne dépasse pas les limites autorisées de la liberté d'expression dans une société démocratique".

Par ailleurs, relèvent les juges, "le titre de l'article et la mention portée sur la boîte de sel (...) s'analysent comme la critique d'un produit". Or "les appréciations, même excessives, touchant les produits, les services ou les prestations n'entrent pas dans les prévisions" des lois françaises sur la diffamation. En outre, soulignent-ils, si le chercheur critique le sel, "le produit n'est pas dénigré en lui-même, la qualité du sel français n'étant, en particulier, pas remise en cause".

Lors de l'audience du 31 janvier, M. Meneton avait rappelé qu'en France, l'excès de sel était responsable de 100 décès par jour, imputables à des maladies cardio-vasculaires favorisées notamment par l'hypertension. Selon l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments, la communauté scientifique admet généralement que 4 g de sel sont suffisants pour combler les besoins quotidiens d'un adulte. Or les Français en consomment deux à trois fois plus.


39 contaminations OGM en 2007

Au cours de l'année dernière, 39 nouvelles contaminations OGM involontaires et illégales ont été enregistrées; il s'agit le plus souvent de riz et de maïs contaminé, mais aussi de soja, colza, papayes voire de poissons.


Règles plus strictes pour les OGM

Le gouvernement français pousse l'UE à renforcer sa procédure d'autorisation en matière d'OGM et d'y inclure également des facteurs environnementaux et économiques.


les banques françaises parmi les plus touchées

En 2007, la crise a coûté 11 milliards d'euros aux six principales banques, et l'agence Standard & Poor's est plutôt pessimiste pour 2008.

En Europe, les banques françaises ont été parmi les plus touchées par la crise du crédit immobilier à risque ("subprime"). C'est ce qu'estime une étude de l'agence de notation Standard & Poor's publiée jeudi 20 mars, et qui estime que les résultats des banques françaises devraient encore se détériorer en 2008, du fait de l'importance de leurs activités de banque de financement et d'investissement (BFI), notamment chez les groupes très actifs dans les dérivés actions (Société Générale, BNP Paribas, Calyon).

Baisse de 20% du résultat brut d'exploitation

La crise a déjà coûté 11 milliards d'euros en 2007 et a provoqué une baisse de 20% du résultat brut d'exploitation des 6 premières banques françaises (Caisse d'Epargne, Banque Populaire, BNP Paribas, Société Générale, Crédit Agricole et Crédit Mutuel). Sans la crise, leur résultat brut d'exploitation aurait au contraire progressé de 36%.

http://www.challenges.fr/20080320.CHA9295/subprime_les_banques_francaises_parmi_les_plus_touchees.html


Quand la crise menace, la Croisette s'amuse

http://www.lemonde.fr/opinions/article/2008/03/20/quand-la-crise-menace-la-croisette-s-amuse



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"La liberté de la presse ne s'use que si l'on ne s'en sert pas, mais elle s'use plus vite encore si l'on censure", écrit le Canard, en introduction de son dossier consacré aux "nouveaux censeurs".

http://www.betapolitique.fr/wiki/


CDRPC

Créé en 1984, le Centre de documentation et de recherche sur la paix et les conflits est un centre d’expertise français indépendant qui effectue des recherches et diffuse de l’information sur les questions de défense et de sécurité.

http://www.obsarm.org/


GRESEA

Le site du Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative (GRESEA)

http://www.gresea.be/indexbis.html


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Europe


Le Parlement peut-il désavouer le peuple ?

Le Professeur Didier Maus, président émérite de l'Association française de droit constitutionnel, rompt ici le tabou de la ratification en cours par le Parlement français du traité de Lisbonne, recyclant à 98% le contenu de la Constitution européenne rejetée démocratiquement il y a deux ans.

Le Parlement peut-il désavouer le peuple ?

La signature, le 13 décembre 2007, du traité de Lisbonne sur l'Union européenne conduit à soulever une question constitutionnelle : le Parlement peut-il désavouer le peuple ? Les données du problème sont simples et connues :

1.- Par le référendum du 29 mai 2005, le peuple français a refusé la ratification du traité établissant une Constitution pour l'Europe ;

2.- Le traité de Lisbonne, dont chacun reconnaît qu'il reprend l'essentiel du traité de Rome, constitue une étape très significative du « processus d'intégration européenne » ;

3.- Dans ces conditions, que l'on soit favorable ou défavorable au traité, peut-on passer outre à la décision du peuple de mai 2005 en l'annulant par un vote du Parlement ?

Dans la France contemporaine, le référendum de 2005 est le troisième référendum négatif . Après le référendum du 5 mai 1946, une nouvelle Assemblée constituante a été élue et un nouveau référendum, le 13 octobre 1946, a permis d'adopter la Constitution de la IVe République. Le 27 avril 1969, le peuple français a rejeté le projet présenté par le général de Gaulle à propos de la régionalisation et d'une réforme du Sénat. Le résultat a entraîné, dans les heures qui suivirent, la démission du président de la République. De ce fait, cette réforme est restée lettre morte. La ratification du traité de Lisbonne par le Parlement, suite à un échec référendaire, consisterait donc une première.

D'un strict point de vue constitutionnel, la procédure normale de ratification d'un traité relève du Parlement. Ce n'est que lorsque le traité, sans être contraire à la Constitution, est susceptible d'avoir des conséquences sur les institutions que le président de la République peut demander l'accord du suffrage universel.

Le référendum du 20 septembre 1992 sur le traité de Maastricht était fondé dans la pensée de François Mitterrand sur les conséquences des évolutions politiques et juridiques contenues dans le traité. Un raisonnement identique avait conduit Jacques Chirac à décider le référendum de 2005 sur le traité constitutionnel.

Le traité de Lisbonne contient non seulement d'importants aménagements et renforcements des politiques sectorielles de l'Union européenne, notamment en matière de justice et de sécurité intérieure, mais reprend les innovations les plus significatives de l'évolution prévues par le traité constitutionnel de 2004 et adopte, même si le lien est moins apparent, la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne. Il y aurait donc toutes les raisons de prolonger les raisonnements de 1992 et 2005 et demander au peuple français d'approuver le nouveau traité. Prétendre que ce traité, sous prétexte qu'il comprend désormais un traité de l'Union européenne et un traité sur le fonctionnement de l'Union européenne, serait un « minitraité » ou un « traité simplifié » relève d'une erreur d'analyse et d'un abus de vocabulaire. Pour éviter de multiples consultations, le référendum pourrait être organisé en même temps que le premier tour des élections municipales, le 9 mars prochain.

À partir du moment où le traité de Lisbonne n'est pas substantiellement différent de celui de 2004, demander au Parlement de désavouer le peuple aurait un double inconvénient : amoindrir la confiance des Français dans leur système politique et constitutionnel ; enfermer l'Europe politique dans le cénacle des spécialistes et lui refuser une véritable légitimité démocratique.

Un nouveau référendum pourrait être à nouveau un grand moment de débat démocratique. Aux partisans du oui d'être convaincants.

Didier Maus, Conseiller d'Etat, est Professeur associé à l'université de Paris I - Rapporteur général de la commission des archives constitutionnelles de la V République


La banque LBBW durement touchée par la crise du "subprime" en 2007

La première banque régionale allemande a vu ses bénéfices fondre l'année dernière en raison de la crise financière. Celle-ci a coûté 1,1 milliard d'euros à la banque.

http://www.latribune.fr/info/La-banque-LBBW-durement-touchee-par-la-crise-du--subprime--en-2007


Cris d'alarme du FMI et de l'OCDE sur la crise financière

Le directeur général du FMI pense que la crise financière sera globale et durable. Selon Dominique Strauss-Kahn, elle peut même empirer. Il appelle à la poursuite des réformes structurelles. De son côté, l'OCDE estime que les grandes instititions en difficulté peuvent créer des "risques systémiques"

Le ton est en train de changer à propos de la crise financière. Et le pire pourrait être à venir. Le directeur général du Fonds monétaire international (FMI) Dominique Strauss-Kahn, a estimé lundi que "la crise des marchés était dévenue plus sérieuse et plus mondialisée" qu'il y a quelques semaines, et qu'elle "risque d'empirer", lors d'une conférence à l'OCDE.

L'iOCDE, l'institution qui regroupe les pays les plus industrialisés de la planète est également très pessimiste.

"Nous vivons une crise globale, il faut apporter des réponses globales", a déclaré ce lundi Dominique Strauss-Kahn, dans son allocution d'ouverture à Paris d'une conférence du FMI et de l'OCDE sur les réformes structurelles. Il a estimé aussi que la crise financière actuelle allait "durer assez longtemps avec "de graves conséquences économiques".

Il a ajouté que les pays émergents seraient également touchés par la crise financière, qui atteint pour l'instant les Etats-Unis et les pays développés en priorité. "Il n'y a pas de découplage" entre les pays développés et les pays émergents, mais un "décalage dans le temps (...)

http://www.latribune.fr/info/Cris-d-alarme-du-FMI-et-de-l-OCDE-sur-la-crise-financiere


 


Campagne d'Attac Allemagne contre les quatre gros consortiums électriques

Attac-Allemagne, avec qui Attac-France est en liaison permanente, mène une vigoureuse campagne contre la privatisation toujours approfondie de la production d’énergie électrique en Allemagne.

Elle peut être résumée de la manière qui suit.

http://www.france.attac.org/spip.php?article8284


"L'Europe que nous voulons : enjeux et propositions"

 est en ligne sur le site d'Attac France à l'adresse : http://www.france.attac.org/r717

Il comporte à ce jour 239 documents et va continuer à se développer. Ce fonds est à disposition des adhérents, comités locaux et de toutes personnes intéressées par l'Union européenne, pour que chacun s'approprie les questions et les enjeux européens.




Robert Gates assure que des attentats dévasteront l’Europe si elle ne soutient pas l’OTAN

Invité de la 44e conférence sur la sécurité, à Munich ce week-end, le secrétaire à la Défense des États-Unis, Robert Gates, a tenté de persuader ses auditeurs européens qu’un échec de l’OTAN en Afghanistan (et de facto au Pakistan) ouvrirait les portes de l’Europe aux terroristes d’Al Qaïda.

Voici un extrait de son intervention :

« Le danger posé par l’extrémisme islamique est réel - et il ne va pas disparaître. Vous connaissez tous les attentats de Madrid et de Londres. Mais il y a eu aussi de nombreux attentats plus petits à Istanbul, Amsterdam, Paris et Glasgow, entre autres. De nombreuses cellules et complots ont été démantelés au cours des dernières années - la plupart d’entre eux visait à étendre la mort et la destruction à une large échelle (…). Il y a juste quelques semaines, les autorités espagnoles ont arrêté 14 islamistes extrémistes à Barcelone, suspectés de planifier des attentats suicides contre des transports publics en Espagne, Portugal, France, Allemagne et Grande-Bretagne.

Imaginez un moment ce qui se serait passé si quelques une des ces attaques avait eu lieu. Imaginez si les terroristes islamiques avaient frappé vos capitales à la même échelle qu’ils le firent à New York. Imaginez s’ils avaient en main des matériels et des armes capables de plus grandes destructions encore - des armes de la sorte sont trop facilement accessibles dans le monde aujourd’hui. Nous oublions à notre risque et péril que l’ambition des extrémistes islamiques n’est limitée que par les occasions qui s’offrent à eux.

Vous devez aussi vous rappeler que les cellules terroristes en Europe ne sont pas un pur produit local, déconnectées d’évènements lointains, ni une simple question d’ordre intérieur. Certaines sont financées de l’étranger. Certaines haïssent toutes les démocraties occidentales, pas uniquement les États-Unis. Certains de ceux qui ont été arrêtés avaient des liens directs avec Al Qaïda. Certains sont liés à Al Qaïda en Irak. Dans le cas le plus récent, la cellule de Barcelone avait des liens avec un réseau de formation terroriste dirigé par Baitullah Meshud, un commandant extrémiste basé au Pakistan, affilié aux talibans et à Al Qaïda qui, croyons-nous est responsable de l’assassinat de Benazir Bhutto », etc., etc.

Le scénario de politique-fiction de M. Gates ne surprendra pas nos lecteurs : il confirme, dans la forme et dans le fond, ce qu’écrivait Thierry Meyssan la semaine dernière dans nos colonnes, mais avec de toutes autres conclusions.

Lire : « Comment la DGSE a déjoué une nouvelle vague d’attentats d’Al-CIA en Europe ».

http://www.voltairenet.org/article155151.html


Dick Marty : « L’indépendance du Kosovo n’a pas été décidée à Pristina »

Le Kosovo, a proclamé son indépendance de manière unilatérale le 17 février 2008. Que sera le Kosovo de demain ? En reconnaissant l’indépendance du Kosovo -qui héberge actuellement la plus grande base militaire US du monde- les États-Unis, l’Allemagne, la France, la Suisse n’ont-ils pas enfreint le droit international, créé une nouvelle injustice à l’égard du peuple serbe, rallumé des feux mal éteints, préparant ainsi le terrain à de nouvelles confrontations violentes dans les Balkans ? Nous avons interrogé à ce sujet le sénateur (radical-démocratique) Dick Marty, en sa qualité de président de la Commission de politique extérieure du Conseil des États de la Confédération helvétique.

http://www.voltairenet.org/article155903.html


Pour le général Ivashov l’auto-destruction de l’Occident a commencé

Vladimir Poutine a décidé de ne pas répondre publiquement aux provocations occidentales au Kosovo. Cependant, cette décision du Kremlin intervient après une valse-hésitation quant à une possible reconnaissance de l’Abkhasie, à titre de rétorsion, de sorte que le message est peu lisible. Simultanément, le président russe aurait donné son autorisation à un programme de financement tous azimuts de mouvements séparatistes en Europe et en Amérique du Nord, sur le modèle de ce que les Anglo-Saxons ont fait en ex-Yougoslavie ou en Tchétchènie.

Lors d’une conférence de presse à Moscou, le général Leonid Ivashov (ancien chef d’état-major russe et président de l’Académie des problèmes géopolitiques) a pronostiqué que, après la Yougoslavie et l’Irak, les Occidentaux ne pourront pas s’empêcher de diviser d’autres États. Mais que, de la sorte, ils alimenteront la force qui les détruira de l’intérieur.

« La reconnaissance de l’indépendance du Kosovo marque, à mon avis, le début de la fin pour les processus d’intégration en Europe. Le mécanisme qui mènera à l’affaiblissement de la compétitivité de l’Europe face aux États-Unis, au redéploiement de l’énergie de l’Union européenne vers la liquidation de toutes les tendances séparatistes observées en Europe, est lancé désormais » , a-t-il conclu.

http://www.voltairenet.org/article155926.html


Le club très select des firmes exportatrices

Il y a plus de 400 ans William Shakespeare produisait une pièce brillante et bruyante intitulée en français « Beaucoup de bruit pour rien ». Avec son génie, il y montrait, notamment, la duplicité et les intrigues des puissants.

A la lecture de l’étude publiée par le CEPII (Centre d’études prospectives et d’informations internationales) http://www.cepii.fr/francgraph/publ..., on serait tenté de paraphraser l’extraordinaire poète, en remarquant, tout cela -près de 70% des exportations réalisées par... 1% des entreprises exportatrices- pour tout ce bruit, à propos des exportations comme modèle de développement ! Mieux encore, le célèbre Italien -en économie- Vilfredo Pareto avec sa règle des 80/20 est dépassé ; ce sont, en France en effet, seulement 10% des entreprises exportatrices qui exportent... 94% des « exportations » !

Comment mieux mettre en évidence l’envers du décor du tout exportation tant vanté dans le monde et tant destructeur pour l’environnement, les conditions sociales, l’autonomie alimentaire, etc. ? Ce sont bien quelques happy few qui accaparent les profits les plus élevés. Rappelons, à cet égard, que les 150 premières transnationales ont, selon la CNUCED, un total d’avoirs supérieur en 2007 à 117 % du PIB mondial ; ce sont évidemment elles, ou plutôt leurs propriétaires, qui déterminent les règles applicables aux 6,5 milliards d’êtres humains !

Le CEPII est fort optimiste en réclamant de « démocratiser le star-système » ! Pourquoi, pour faire bonne mesure, ne pas réclamer en même temps que les pauvres cessent de l’être ?


Crise financière. L’aveu d’impuissance de la Fed

La Fed a abaissé hier son taux directeur de trois-quarts de points. Un remède à court terme qui n’est pas sans effets Quelque chose ne tourne pas rond à la tête de la Réserve fédérale américaine. Dimanche, la Fed avait subventionné le rachat d’une banque au bord de la faillite en invoquant le risque d’un krach et en promettant d’autres mesures rapides et radicales. Lundi les marchés financiers attendaient donc une baisse d’au moins un point du coût du crédit. Hier soir, la baisse n’a été que de trois quarts de point, accompagnée d’un commentaire alarmiste en contradiction avec la décision qu’elle venait de prendre. Le commentaire de la Fed sonne comme un aveu d’impuissance face, non pas à une crise, mais à deux crises simultanées. Il y a d’une part, la crise du crédit et les « tensions considérables » qu’elle génère sur les marchés financiers. Il y a d’autre part, l’entrée en récession de l’économie américaine avec une « détérioration persistante des perspectives. » Pour comprendre l’embarras de la Réserve fédérale,

il faut essayer d’imaginer la conjonction d’un séisme pendant un ouragan. La crise du crédit est en train de se transformer en crise bancaire. Les premières victimes des produits financiers contaminés par des dettes insolvables ont été des fonds spéculatifs en quête de très hauts rendements. Puis des filiales de banques ont été atteintes en même temps que de petites banques spécialisées en Allemagne et en Grande-Bretagne. Maintenant, ce sont des banques d’affaires qui tombent, perdant en une journée quinze fois leur valeur d’il y a un mois. Les autorités qui sont censées rassurer les marchés les affolent sans le faire exprès.

Défiance

Deux exemples : en injectant subitement trente milliards pour sauver une banque, la Fed oblige à se demander à combien se montera le prochain chèque pour un autre établissement défaillant. Interrogation d’autant plus légitime qu’une agence de notation croit devoir affirmer qu’avec 285 milliards de dollars de pertes, la moitié de la crise est résolue ; tout le monde comprend qu’il y a encore près de 300 milliards de produits contaminés en circulation. Mais personne ne sait chez qui. La défiance renaît et ce n’est pas la baisse des taux survenue hier soir qui peut l’apaiser. L’autre crise - entrée en récession de l’économie réelle - est alimentée par la crise du crédit mais aussi... par les remèdes à la crise du crédit.

Effets nocifs

Le fait d’injecter massivement des liquidités pour empêcher un krach bancaire est, en temps normal, un bon moyen de lutter contre la récession. En ce moment, c’est nocif car la baisse des taux fait chuter le dollar : les partenaires commerciaux rémunérés en dollars compensent leurs pertes de revenus en augmentant les prix du pétrole et des matières premières. Autant de hausses qui accélèrent la récession américaine. Ensuite, les liquidités déversées pour éviter le krach génèrent de l’inflation sur fond de croissance déclinante. C’est la stagflation, mélange de stagnation des richesses produites et de hausses des prix.

http://www.letelegramme.com/gratuit/generales/economie/crise-financiere-laveu-dimpuissance-de-la-fed


Quelles armes pour en finir avec la crise?

L'intervention de la Fed n'est vue que comme une amorce de solution.

http://www.letemps.ch/template/tempsFort.asp?page=3&article=228154


Ecologie et fiscalité

Compte rendu de la réunion publique organisée dans le cadre du FSM 2008 le 1er février

http://www.france.attac.org/spip.php?article8239


Bébés phoques menacés de mort sur la Baltique

Des centaines de bébés phoques, nés ces dernières semaines, sont menacés de mourir de froid sur les côtes de la mer Baltique, conséquence indirecte du réchauffement climatique, affirme le Fonds mondial pour la nature (WWF) dans un communiqué publié lundi en Allemagne.

"La situation est dramatique", en particulier sur les côtes finlandaises, a souligné Cathrin Münster du bureau de WWF à Stralsund (nord-est de l'Allemagne). "Dans certaines régions il est possible qu'aucun des bébés phoques nés ces dernières semaines ne survive".

Quelque 7.000 à 10.000 phoques annelés vivent sur les côtes de la Baltique et ont mis au monde ces dernières semaines quelque 1.500 bébés.

Or en raison de la fonte trop rapide des glaces cette année due au réchauffement climatique, les phoques ne peuvent pas enfouir leurs bébés dans des nids de glace comme ils le font d'habitude durant les premières semaines de la vie de leurs petits.

"D'après des experts, les glaces, cet hiver, n'ont jamais été si peu importantes en Mer Baltique que depuis presque 300 ans", précise le WWF.

Cette période permet aux bébés de se constituer une couche de graisse qui leur permet ensuite de sortir et de nager dans le froid.

Les plus touchés sont les bébés phoques annelés de la côte sud-ouest de la Finlande, du Golfe de Finlande et du Golfe de Riga, selon le WWF.


La Belgique se dote d'un gouvernement après neuf mois de crise

http://www.french.xinhuanet.com/french/2008-03/21/content_600865.htm


L'ovni financier

Tout a commencé par une épingle enfoncée dans la bulle immobilière l'été dernier. Après huit mois et des milliards de dollars partis en fumée, sans oublier des faillites personnelles dont le nombre dépasse largement le million, les acteurs de la scène économique peinent à cacher leur angoisse. Retour sur un ovni financier baptisé subprime.

La semaine dernière, la saison des assemblées annuelles des cinq grandes banques canadiennes s'est terminée sur une note plus qu'amère: à la suite des mises en échec rencontrées sur la patinoire des hypothèques exotiques, leur capitalisation boursière a perdu... 74 milliards! Simultanément, une note rédigée par les analystes de Merrill Lynch estimait que la première banque américaine, Citigroup, serait dans l'obligation d'annoncer prochainement une radiation s'élevant à 18 milliards. Et ce, après avoir rayé 12 milliards dans ses livres l'automne dernier. Ce n'est pas tout.

Juste auparavant, un écho d'origine allemande déprimait les places boursières. Plus de la moitié des banques publiques, des banques propriétés des Länder, auraient sombré ces derniers mois n'eussent été les injections de fonds à répétition effectuées par la banque centrale allemande. La cause de cette débâcle? Les irresponsables, pour rester poli, qui dirigent ces établissements se sont exposés aux risques de la finance à gogo que symbolise le subprime davantage que leurs homologues... américains!

Antérieurement, on se souviendra qu'au berceau du libéralisme économique, il s'agit évidemment du Royaume-Uni, le cabinet du premier ministre Gordon Brown bouclait en quatrième vitesse un texte de loi stipulant que la Northern Bank, qui elle aussi s'était livrée aux délices des subprimes sans en mesurer les effets naturellement vénéneux, serait nationalisée.

Restons au Royaume-Uni tout en y greffant l'Espagne et l'Irlande. Ces trois pays ont ceci en commun qu'ils ont décidé il y a plusieurs années de faire la place belle à l'activité immobilière et au secteur financier. Et ce, aux dépens d'autres industries. Toujours est-il qu'au cours des six dernières années l'essentiel de la croissance économique de ces États était attribuable à la combinaison immobilier et finance. À la suite de la déconfiture du château de cartes construit en partie sur la boue des subprimes, on s'attend à ce que l'inventaire des faillites personnelles atteigne un sommet historique au cours des prochains mois dans ces pays.

Ce n'est pas que l'on veuille compliquer un sujet déjà complexe en soi, mais nous voici dans l'obligation de souligner, de mettre en lumière une pièce très importante du dossier. Il s'agit des «rehausseurs de crédit», soit ces établissements qui assurent et garantissent les prêts des emprunteurs. Actuellement, il y en a pour 2400 milliards d'obligations. Il faut bien comprendre que l'actif premier de ces rehausseurs de crédit se nomme crédibilité. En un mot, ils sont dans l'obligation constante d'obtenir la meilleure note des maisons d'évaluation, les Moody's, Standard and Poor's et autres. Et alors? Le chef de file du secteur Ambac vient d'être dévalué.

Bien. La table financière ayant été mise, passons maintenant à l'aspect le plus déprimant du dossier: le pire est devant nous. Selon une analyse de Nouriel Roubini, économiste à l'Université de New York, publiée au Canada anglais et reprise aussi loin qu'au Royaume-Uni, le monde est exposé à «une pandémie financière imminente». Son constat, c'est à retenir, est partagé par nombre de ses collègues et même par des figures de proue des affaires. On pense à Warren Buffett pour qui il ne fait aucun doute que les États-Unis sont d'ores et déjà plongés dans une récession.

En résumé, le propos de Roubini est le suivant: l'éclatement de la bulle immobilière a plombé davantage des ménages américains déjà surendettés. Ne pouvant plus user de leur maison comme un guichet automatique, ils vont réduire leur consommation au minimum. Première victime? La Chine, mais aussi un certain nombre de pays de l'Asie du Sud-Est où elle sous-traite la fabrication de composantes de biens qu'elle assemble. S'ensuivra également une baisse du prix de certaines matières premières. S'ensuivra aussi... Pour faire court, le monde ne pourra pas éviter l'effet systémique découlant de la débandade des subprimes et de la mondialisation des marchés.

Et tout ça, parce que les autorités prétendument concernées par le bien commun, le bien de tous, le bien public, ont permis que des gamins jonglent avec des fictions mathématiques et réduisent la gestion du risque à des confettis. Il serait grandement temps que la notion de responsabilité soit libérée du carcan de l'abstraction dans lequel on l'a emprisonnée.

http://www.ledevoir.com/2008/03/10/179705.html


«Si la crise américaine se prolonge au-delà du premier semestre 2008, on y succombera aussi»

La crise américaine est suffisamment grave pour que le signal d'alarme soit tiré. Il ne faut pas oublier que les Etats-Unis représentent plus de 25% de l'économie mondiale. C'est donc se bercer d'illusions que de croire qu'il n'y aura pas de répercussions en Europe.

Lesquelles?

Nous aurons un premier trimestre 2008 très difficile, avec une croissance quasi-nulle. D'autant qu'en France la consommation des ménages est en train de s'assoupir. Le durcissement des conditions d'emprunt, liés à la crise bancaire américaine, ne va pas améliorer les choses. Mais on n'est pas dans une situation catastrophique pour autant.

Pourquoi?

Parce que la zone euro est plus vertueuse que la zone états-unienne sur le plan économique. Nos ménages sont moins endettés, nous bénéficions d'un excédent commercial grâce à l'Allemagne (exportations supérieures aux importations) alors que le déficit commercial des Etats-Unis est abyssal et notre monnaie est extrêmement puissante, permettant d'atténuer les tensions inflationnistes.

http://www.20minutes.fr/article/220055/Economie-Si-la-crise-americaine





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USA: maternités précoces en hausse

Les raisons? Outre la politique stupide des néo-cons fondamentalistes chrétiens en matière d'"éducation" sexuelle, à savoir les prêches sur la chasteté avant le mariage et la fidélité entre conjoints, c'est toute la politique de ces gens-là qui aggrave la situation de la majorité de la population et plonge les plus touchés dans le désespoir et l'autodestruction. Dont les adolescentes qui ne se voient aucune perspective d'avenir.

http://blog.emceebeulogue.fr/post/2008/01/23/USA%3A-maternites-precoces-en-hausse


Le marché n'est peut-être pas au bout de ses mauvaises surprises.

L'agence de notation Fitch a indiqué vendredi prévoir une accélération en 2008 des pertes des banques liées au non remboursement des prêts immobiliers aux Etats-Unis. Selon elle, les pertes "seront beaucoup plus importantes que prévu initialement".

La prévision de Fitch s'appuie sur "la détérioration continue du marché immobilier, le haut niveau d'endettement des ménages, et le ralentissement économique" aux Etats-Unis. Les difficultés pourraient également se faire sentir en 2009.

Comble de l'ironie, les analystes de Bear Stearns ont indiqué, dans une note de recherche, que les sociétés financières de l'indice boursier américain S&P 500 devraient annoncer des dépréciations d'actifs supplémentaires de 35 à 70 milliards de dollars au premier trimestre, en plus des 130 milliards de dollars de dépréciations d'actifs dévoilés depuis la fin du troisième trimestre.

Selon eux, la détérioration des marchés du crédit va nécessiter de nouvelles recapitalisations. "La crise actuelle (du crédit) menace la stabilité du système financier américain", juge Jonathan Golub, analyste chez Bear Stearns. Sa banque en est la première victime...


Le complexe militaro-industriel euro-US

EADS et sa filiale Airbus au service du bloc atlantique

Brisant la sacro-sainte règle selon laquelle les forces armées US s’appuient exclusivement sur leur industrie nationale, le Pentagone a conclu un gigantesque contrat avec Airbus pour renouveler ses avions ravitailleurs. Cependant à y regarder de plus près, observe Pierre Hillard, il ne s’agit pas d’une ouverture du marché états-unien, mais au contraire de la première étape de la constitution du complexe militaro-industriel atlantique. Devant nous émerge un Empire transatlantique, euro-US, appelé à prendre le relais d’États-Unis essoufflés.

http://www.voltairenet.org/article156003.html


Regarder mourir le dollar

http://www.alterinfo.net/Regarder-mourir-le-dollar_a17735.html?print=1


Affaire Eliot Spitzer : la vengeance d’Israël Singer

Le gouverneur de New York, Eliot Spitzer, a été contraint à la démission à la suite de la révélation selon laquelle il aurait eu recours aux services d’une prostituée.

Au-delà du caractère exotique de la vie politique états-unienne qui juge de la compétence d’un gouverneur à son comportement au lit, cette affaire révèle les affrontements persistants au sein du mouvement sioniste.

Eliot Spitzer était l’espoir de la communauté juive US, qui l’imaginait un jour en président des États-Unis. Brillant juriste, il avait été l’assistant à Harvard d’Alan Dershowitz (le conseiller juridique de l’État d’Israël), et il avait dirigé la prestigieuse Harvard Law Review. Devenu adjoint du procureur de Manhattan, il s’illustra en démantelant le clan Gambino (une des cinq familles de Cosa Nostra).

En 2005-7, le procureur Eliot Spitzer dirige une enquête sur les comptes secrets du Congrés juif mondial. Dans un rapport de 35 pages, il établit que le secrétaire général Israël Singer (par ailleurs président de l’Organisation juive mondiale de restitution) a détourné à son profit au moins 5 millions de dollars de l’association. Pour sa défense, Singer révèle l’existence d’une caisse noire de 2 millions de dollars annuels, créée au bénéficie du président Edgar Bronfman. Face au scandale, les deux hommes démissionnent l’un après l’autre.

Il y a quelques jours, le Congrés juif mondial renonçait aux poursuites engagées à l’encontre d’Israël Singer. Celui-ci étant hors de cause, ses amis transmettaient au procureur Johnson III des informations sur une société d’escort, de sorte que ce soit au tour de M. Spitzer de démissionner.

http://www.voltairenet.org/article155931.html


Le concept O. I. F peut-il vraiment sauver le monde ?

Les milieux scientifiques américains s'agitent beaucoup depuis quelques semaines autour d'un concept encore au stade expérimental et appelé O.I.F. (Ocean Iron Fertilisation). Selon ce concept on pourrait stocker les millions de tonnes de CO2, tenu pour responsable du réchauffement climatique, au fond des océans.

Comment ? Tout simplement en accélérant la croissance de certaines microalgues marines par un fertilisant à base de fer dissous. Cette idée, qui peut paraître à première vue farfelue, a suffisamment intrigué, entre autres, la très sérieuse revue Science pour qu'elle décide d'aller y regarder de plus près.

En réalité, ce concept a été inventé, il y a une vingtaine d'années, par John Martin, océanographe et directeur du Moss Landing Marine Labs. Il aurait été parmi les premiers à découvrir que le fer était un élément trace augmentant de façon substantielle la photosynthèse dans la plupart des océans du globe. Cette découverte rapprochée d'un procédé déjà connu sous le nom de Pompe Biologique (Biogical Pump) appelée aussi "pompe à carbones" consistant dans la capture par les microalgues (ou phytoplancton) au fond des océans de 80 % du CO2 contenu à la surface du globe, est à l'origine du concept O.I.F.

Seule ombre au tableau : il a fallu mille milliards d'années (un billion donc!) à la pompe biologique pour capturer les 80% de CO2 en question. D'où l'idée de stimuler la capture par l'ajout de fer dissous qui accélère la croissance des microalgues.

Les américains y croient dur comme fer (si on peut dire), et commencent à monter, sur le papier fort heureusement, de véritables usines à gaz de comptabilité de permis de produire du CO2 en vue d'une capture future par les micro algues boostées au fer dissous. Une société s'est même constituée, Climos, qui pourrait faire profession d'aider les industriels à enfouir dans les profondeurs océanes le CO2 qu'ils produisent en surnombre.

Mais il y a un petit problème : cette idée d'injecter du fer dissous dans le fond des mers, même sous forme d'engrais marin, ne plaît guère aux défenseurs de l'environnement et aux autorités fédérales qui réclament aujourd'hui des études d'impacts approfondies sur la flore et la faune sous marine sous avant toute poursuite de ce projet. Sage précaution !

http://www.enerzine.com/443/Le-concept-O-I-F-peut-il-vraiment-sauver-le-monde/participatif.html


Sharon Stone ne croit pas la version bushienne du 11 septembre

Dans un entretien accordé à la revue égyptienne Al-Hayat, l’actrice états-unienne Sharon Stone (Oscar de la meilleure actrice 1996) déclare :

« Je n’ai jamais cru l’histoire qui nous a été servie à propos de la destruction des Twin towers le 11 septembre (…) Je ne crois pas que les guerres menées par les États-Unis en Afghanistan et en Irak étaient le résultat de l’attaque du 11 septembre ».

De nombreuses personnalités d’Hollywood se sont déjà exprimées en ce sens. Parmi les plus célèbres : les acteurs Martin Sheen (6 Emmy Awards et 1 Golden Globe) et son fils Charlie Sheen (2 Golden Globes), ou récemment Marion Cotillard (1 Oscar), le scénariste Robert Baer, les réalisateurs Michael Moore (1 Palme d’or) et David Lynch (1 Lion d’or), le rappeur Mos Def (1 Emmy Award, 1 Golden Globe), etc.

http://www.voltairenet.org/article155909.html



La crise du capitalisme financier ou la finance contre l'humanité

Une crise de plus

La crise financière qui couvait depuis le mois d’août 2007 a éclaté et elle ressemble comme une sœur aux nombreuses crises qui se sont succédé depuis vingt-cinq ans. En même temps, elle présente des traits nouveaux qui ne doivent pas être dissimulés derrière l’écran de fumée d’une « fraude ».

Partie du secteur immobilier et des quartiers pauvres des banlieues étasuniennes, cette crise a gangrené peu à peu le secteur bancaire et financier. Il est possible que ses péripéties ne soient plus dans quelques semaines directement sous le feu de l’actualité, mais elle est profonde et elle aura des conséquences sur chacun d’entre nous. C’est pourquoi nous devons nous en saisir, pour anticiper ses conséquences et agir pour désarmer la finance.

L’engrenage

Dans une période où la croissance économique américaine est tirée par l’endettement, les banques américaines ont octroyé des prêts à des ménages de plus en plus modestes pour qu’ils accèdent à la propriété de leur logement et à la consommation : c’était le marché à haut risque, dit du subprime. Prêteurs comme emprunteurs pariaient sur la hausse des prix de l’immobilier qui semblait n’avoir pas de fin. Ainsi, les hypothèques prises par les banques leur garantissaient de pouvoir récupérer leur mise avec bonus et les ménages escomptaient un accroissement de leur richesse.

Entre temps, les banques avaient « titrisé » les hypothèques, c’est-à-dire les avaient vendues sur les marchés financiers. Ces nouveaux titres financiers se trouvaient donc introduits et mélangés avec d’autres dans les portefeuilles gérés par tous les fonds de placement à caractère spéculatif ou les banques elles-mêmes. Le problème est né lorsque, après le retournement du marché de l’immobilier, les détenteurs de ces titres ont souhaité les liquider alors que plus personne n’en voulait. On est entré dans une crise dite de liquidité, aucun acteur du système financier ne trouvant les sommes dont il avait besoin, chacun redoutant que les fameux titres de plus en plus pourris, disséminés on ne sait où, occupent une place trop grande dans le total de ses actifs.

Un système incapable de s’auto-réguler

Pour faire face à cette crise de liquidité, les principales banques centrales ont, depuis l’été dernier, prêté des centaines de milliards de dollars et d’euros aux banques ordinaires ; et la Banque centrale des États-Unis a baissé à plusieurs reprises son taux d’intérêt directeur, alors que la Banque centrale européenne s’y refusait. Cela n’a pas suffi à calmer l’angoisse grandissante des acteurs financiers, et notamment des banques, qui, à l’approche de la fin de l’année 2007, voyaient avec terreur l’heure de vérité arriver : à combien s’élèveraient les pertes dues aux placements gangrenés par les subprimes ? On parle de plusieurs centaines de milliards de dollars. C’est la raison de la chute des bourses en janvier 2008.

Un système qui cannibalise les salaires et la protection sociale

Avec la liberté de circuler accordée aux capitaux et la déréglementation des marchés financiers ont proliféré des nouveaux produits financiers et des fonds spéculatifs de toute espèce : leur seul objectif est de produire de la plus-value boursière, dont la croissance à long terme est assurée par celle de la plus-value réelle, dans les entreprises, permise par une pression croissante sur les salaires. Ces fonds voraces ont besoin de drainer des sommes toujours plus importantes, d’où la volonté de détruire les systèmes de retraites et d’assurance maladie pour capter l’épargne des salariés.

Dans une crise boursière, aucune richesse réelle ne « part en fumée » puisque seule la bulle fictive s’effondre et que la perte d’un spéculateur est le gain potentiel d’un autre. En revanche, la récession économique qui s’ensuivra peut-être sera payée par les travailleurs, les ménages endettés et les populations du monde les plus fragiles.

La vérité sur le capitalisme financier est là, toute nue. Un système qui veut assurer 15 ou 20 % par an de rentabilité aux actionnaires et qui prétend se passer de toute régulation publique, en confiant la planète à la loi du marché, est mortifère.

http://www.france.attac.org/spip.php?article8255


Le Canada autorise la chasse de 275.000 phoques cette année

Le Canada a autorisé lundi l'abattage de 275.000 phoques cette année, tout en adoptant une réglementation pour limiter les souffrances des mammifères pendant cette chasse annuelle qui suscite régulièrement des protestations des défenseurs des animaux.

Le ministère des Pêches a annoncé dans un communiqué que le "total admissible de captures (TAC) des phoques du Groenland pour 2008 a été établi à 275.000, sur un troupeau de plus de 5,5 millions".

Ce chiffre est supérieur au quota de l'an dernier, qui était de 270.000 phoques, mais il comprend un "report" de quelque 16.000 animaux pour les flotilles qui n'avaient pas atteint leur quota l'an dernier, précise-t-il.

Des organisations de défense des animaux, les Humane society du Canada et des Etats-Unis, ont aussitôt dénoncé ce quota qu'elles ont qualifié de "déraisonnable", reprochant à Ottawa de "céder aux intérêts commerciaux, sans le moindre souci de conservation" de l'espèce.

"Il est temps de mettre fin une fois pour toutes à ce massacre inutile", a déclaré Rebecca Aldworth, responsable de la branche canadienne de l'organisation.

Le ministère des Pêches a en même temps annoncé avoir accepté les recommandations d'un groupe international de vétérinaires préconisant une "méthode d'abattage sans cruauté en trois étapes".

Cette procédure sera mise en vigueur lors de la chasse de cette année, qui doit commencer dans les prochaines semaines, a précisé un porte-parole du ministère, Phil Jenkins.

Cette méthode prévoit qu'après avoir assommé le phoque avec un gourdin ou lui avoir tiré dessus, le chasseur confirme la perte de conscience en palpant le crâne ou en vérifiant l'existence d'un réflexe de la cornée, et enfin saigne l'animal en tranchant deux artères principales.

"Cela assure sans le moindre doute que le phoque est mort avant qu'il ne soit écorché", a expliqué M. Jenkins à l'AFP.

Cette mesure intervient alors que l'Union européenne envisage d'interdire l'importation et le commerce de produits issus de la chasse commerciale aux phoques pratiquée au Canada. La Belgique et les Pays-Bas notamment ont déjà décrété des interdictions, et l'Allemagne s'apprête à le faire.

M. Jenkins a affirmé que la mesure n'était pas liée à la crainte d'une interdiction des produits dérivés du phoque, notamment en Europe. "Nous travaillons là-dessus depuis 2005. Nous avons commencé avant les menaces d'interdictions", a-t-il dit.

Il a noté qu'un récent rapport de l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) portant sur l'abattage des phoques, se prononçait aussi pour la méthode en trois étapes.

La chasse aux phoques est régulièrement dénoncée pour sa cruauté par des organisations de défense des droits des animaux ainsi que par des vedettes comme l'ex-actrice française Brigitte Bardot, ou l'ex-Beatle Paul McCartney qui s'était rendu sur la banquise il y a deux ans.

Le ministre Hearn a défendu la chasse en faisant valoir qu'elle constitue "un pilier économique pour de nombreuses collectivités côtières du Canada atlantique, du Québec et du Nord"

"C'est en pensant à ces gens que nous prenons nos décisions, sur la base des données scientifiques, afin de maintenir une chasse au phoque rentable et durable", a-t-il ajouté.

Il doit annoncer prochainement les dates d'ouverture de la chasse. Celle-ci commence traditionnellement à la fin mars dans le sud du Golfe du Saint-Laurent et se poursuit en avril au large de Terre-Neuve et du Labrador.


Bush redit sa confiance dans la résistance de l'économie américaine

Le président américain George W. Bush a répété vendredi que l'économie américaine traversait une passe difficile mais a tenté de rassurer sur sa capacité à résister aux coups de boutoir de la crise de l'immobilier, de la flambée de l'or noir et de la chute du dollar.

M. Bush a fait appel au passé, lors d'un discours à New York devant un parterre d'économistes de renom, sur le thème "nous en avons vu d'autres".

"Notre économie traverse de toute évidence une période difficile. Elle traverse une période difficile sur le marché immobilier et elle traverse une période difficile sur les marchés financiers", a reconnu le président.

http://www.boursorama.com/infos/actualites/detail_actu_marches.phtml?news=5267379


La crise Bear Sterns fait craindre que le pire soit encore à venir

La quasi-faillite du géant américain de la finance Bear Sterns, renfloué d'urgence par la Réserve fédérale vendredi, fait craindre que le pire soit encore à venir dans la crise mondiale du crédit.

"Il y a une convergence de risques sur le marché immobilier résidentiel et de risques financiers qui nécessite une action inhabituelle", a expliqué sur CNBC vendredi le président Bush, pour justifier le sauvetage de Bear Stern avec de l'argent public.

Les autorités américaines n'étaient plus intervenues aussi directement dans les affaires d'une compagnie privée depuis dix ans, lorsqu'elles avaient forcé les grandes banques du pays à sauver le fonds spéculatif Long-Term Capital Management (LTCM), dont une faillite aurait été lourde de conséquences.

Cette mobilisation n'empêche pas les spécialistes de craindre le pire. "Evidemment, l'histoire Bear Sterns a nourri les craintes qu'elle pourrait ne pas être le seul établissement à connaître de tels problèmes", a indiqué Gregory Drahuschak, analyste de Janney Montgomery Scott.

Bear Stearns est l'une des cinq banques d'investissement de Wall Street et une faillite de ce groupe pourrait, par un effet de domino, avoir des conséquences désastreuses pour nombre d'autres banques.

L'affaire "a créé une onde de choc dans tous les marchés du monde", a ajouté Sherry Cooper, économiste en chef de BMO Capital Markets. "Non seulement parce qu'il s'agit d'un nouveau cas où on se disait elle est trop grande pour s'effondrer, mais aussi parce qu'il a des implications fortes en terme d'effet domino dans le secteur déjà affaibli des services financiers, et au-delà", a-t-elle dit.

David Rubenstein, l'un des trois fondateurs de Carlyle, a en outre déclaré au Washington Post que les turbulences actuelles sur les marchés "sont plus profondes que tout ce que l'on a vu depuis la Dépression".

"Il est temps d'arrêter de faire semblant", a résumé Bob Eisenbeis, économiste monétaire en chef de Cumberland's Advisors et ancien vice-président exécutif de la Fed d'Atlanta.

http://www.7sur7.be/7s7/fr/1536/Economie/article/detail/207748/2008/03/15/La-crise-Bear-Sterns-fait-craindre-que-le-pire


Bear stearns : 83 ans de profits...jusqu'à aujourd'hui.

La banque d'affaires Bear stearns vient en effet d’annoncer ce soir être en manque de liquidités et a été obligé d’emprunter des fonds en urgence à la banque JP Morgan (moins de 3 jours après avoir démenti tout problème de liquidité), avec l’appui de la FED.

(on notera cette petite phrase en fin de communiqué : "The company can make no assurance that any strategic alternatives will be successfully completed")

C'est une nouvelle importante, parce que cette fois, ce n’est plus un établissement secondaire spécialisé dans le crédit hypothécaire qui est au bord du gouffre, c’est une des plus grandes banques d’affaires américaines, avec 14 000 employés, implantée mondialement, et qui gère près de 400 milliards de $ d’actifs (d’après le dernier bilan en date).

Comme son site l’annonce, bear stearns a été fondé en 1923 et n’a jamais connu d’année en perte au cours de son existence…jusqu’à aujourd’hui.

Cette affaire rappelle beaucoup par certains aspects la quasi-faillite de Northern Rock en Angleterre, qui a du être nationalisée par la suite.

Ce n’est évidemment pas avec un prêt de 28 jours que Bear Stearns va régler ses problèmes : Comment ses clients pourraient-ils lui faire confiance après ce qui vient de se passer, alors qu’elle a nié tout problème de liquidité quelques jours avant le communiqué d’aujourd’hui et en est réduite à présent à demander ce prêt en urgence pour faire face à ses obligations...et surtout que va-t-il se passer dans 28 jours ?

Bear stearns était ce soir en baisse de 40% à Wall Street, son cours ayant été divisé par presque 5 depuis mai 2007.

bear stearns va devoir vendre des actifs, rapidement et en grande quantité pour pouvoir reconstituer le cash qui lui manque. Ca ne sera pas un facteur de soutien aux marchés, mais c'est une situation classique dans un contexte de credit crunch qui va aller en s'aggravant...Bear Stearns ne sera sans doute pas la seule victime de la crise.

Enfin, on constate une fois de plus l’impuissance totale de la FED, dont les baisses de taux et les divers plans destinés à « fournir des liquidités » ne parviennent pas à enrayer la progression de la crise et la perte de confiance des acteurs économiques. L'affaire Bear Stearns, par la taille et la renommée de cette banque, aura des conséquences lourdes au niveau de cette confiance.

l'article du Point

Le communiqué de Bear Stearns


Une réforme, pour éviter une nouvelle crise financière

Face à l'aggravation de la crise du crédit aux Etats-Unis, l'administration Bush met en chantier une nouvelle réforme de la réglementation financière. Six ans après la loi Sarbanes-Oxley de 2002, adoptée après le scandale Enron, ce nouveau cadre réglementaire veut durcir les règles auxquelles sont soumis les intervenants sur le marché du crédit et restaurer la confiance des investisseurs. Il s'agit d'éviter une nouvelle crise des subprimes, du nom de ces crédits immobiliers risqués, qui ont contaminé toute la planète financière.

http://www.lemonde.fr/economie/article/2008/03/14/une-reforme-pour-eviter-une-nouvelle-crise-financiere


La crise financière internationale est plus grave que prévu, dit le FMI

"La crise financière, qui a commencé aux Etats-Unis, est en train de s'étendre à travers le globe. Les risques et les dangers demeurent élevés et l'environnement économique se détériore."

http://canadianpress.google.com/article/ALeqM5gS0Fxqyz8yD31oXbE6hvKP3ruCwQ


Pour Alan Greenspan, la crise actuelle sera "la plus grave depuis la fin de la seconde guerre mondiale"

Dans une tribune publiée lundi 17 mars dans le Financial Times, l'ancien président de la Fed Alan Greenspan donne son diagnostic sur la crise financière qui sévit sur les marchés mondiaux en estimant qu'elle "va être vraisemblablement jugée comme la plus grave depuis la fin de la seconde guerre mondiale"

Pour M. Greenspan, la spirale négative, qui a été relancée lundi après le rachat de la banque d'affaires Bear Stearns par sa concurrente JP Morgan Chase pour un montant de 236 millions de dollars et la chute continue du billet vert, "prendra fin quand le prix des biens immobiliers se stabilisera et avec eux le prix des produits financiers adossés à des prêts hypothécaires".

"Ceux d'entre nous qui croient que l'intérêt des institutions de prêt est de protéger les fonds des actionnaires doivent être dans un état d'incrédulité", écrit-il, énumérant "les victimes" qu'aura cette crise, parmi lesquelles "le système d'évaluation des risques actuellement en place". "Mais j'espère que l'une des victimes ne sera pas le système de surveillance mutuelle [par les acteurs du secteur financier] et plus généralement l'autorégulation financière comme mécanisme fondamental d'équilibre du secteur financier mondial", ajoute-t-il.

DES "MODÈLES DE PRÉVISIONS (...) INCAPABLES D'ANTICIPER UNE CRISE FINANCIÈRE"

L'ancien patron de la Fed, que certains accusent d'être à l'origine de la bulle immobilière du fait de sa politique d'un taux monétaire très bas entre 2001 et 2004, s'en prend aux "modèles de prévisions économique" qui "étaient censés nous protéger contre de très grandes pertes" mais "qui ont une nouvelle fois été incapables d'anticiper une crise financière ou les débuts d'une récession". "Le problème est que nos modèles – aussi complexes soient-ils – sont toujours trop simplistes et ne rendent pas compte du spectre des variables qui agissent sur l'économie globale réelle", conclut-il.

Pour autant, M. Greenspan reconnaît que "la gestion du risque n'atteindra jamais la perfection. Il arrivera toujours un moment où elle échouera et une vérité dérangeante sera mise à nu, provoquant une réponse inattendue et brutale". Aussi, écrit-il, "il est important, voire essentiel, que toute réforme et ajustement dans la structure des marchés et leur régulation ne remettent pas en question nos garde-fous les plus fiables et efficaces contre les défaillances économiques, à savoir la flexibilité des marchés et la libre concurrence".

http://www.lemonde.fr/economie/article/2008/03/17/pour-alan-greenspan-la-crise-actuelle


Subprimes, marchés, inflation : retour sur un enchaînement

A l'été 2007, lorsque deux fonds spéculatifs de la banque américaine Bear Stearns menacent de faire faillite, personne à Wall Street ne se doute que sept mois plus tard, la finance mondiale sera plongée dans l'une des plus graves crises de son histoire. Une crise dont Alan Greenspan, l'ancien gouverneur de la Réserve fédérale américaine (Fed), dit aujourd'hui qu'elle "sera la plus grave depuis la fin de la seconde guerre mondiale". Comment en est-on arrivé là ?

http://www.lemonde.fr/economie/article/2008/03/20/subprimes-marches-inflation-retour-sur-un-enchainement


USA : après la crise du subprime, celle des cartes de crédit ?

Aux Etats-Unis, un désastre financier peut en cacher un autre : une organisation non gouvernementale prévient que la crise du crédit immobilier à haut risque, menace d'être suivie d'une crise de l'endettement. En 2007, le montant dû par les Américains sur leurs cartes de crédit a atteint la somme record de 800 milliards de dollars.

L'endettement total que les Américains ont accumulé sur leurs cartes de crédit, dépasse aujourd'hui 790 milliards de dollars. C'est 100 milliards de plus qu'en 2001. Le montant dû aux banques et aux compagnies de cartes de crédit, représente aujourd'hui, 9,1% du revenu par habitant, aux Etats-Unis. Le Centre pour le progrès américain, une organisation non gouvernementale indique que le poids de cette dette place de plus en plus d'Américains, au bord du précipice financier.

Quelque 35 millions d'Américains, n'arrivent plus à payer que le minimum dû sur le relevé mensuel de leurs cartes de crédit et 58% des détenteurs de cartes de crédit, prennent un solde de mois en mois. L'ONG souligne que d'avril 2006 à décembre 2007, en effet, l'endettement à la carte de crédit, a grimpé à un taux record de près de 5% par mois, parallèlement au resserrement du crédit immobilier qui a été observé sur cette même période.

Tandis que le crédit immobilier devient de plus en plus difficile d'accès, beaucoup d'Américains empruntent donc de l'argent ailleurs, en mettant des dépenses essentielles sur leurs cartes de crédit. Dépenses de santé, d'alimentation ou de transports, par exemple. Certains Américains utilisent même leurs cartes de crédit pour payer les mensualités de leur emprunt immobilier.


Nouvelle journée noire pour les marchés ce lundi. Les Bourses dégringolent encore et Alan Greenspan évoque la pire crise depuis 1945…

- Nous sommes certainement en présence, aujourd'hui, de la première crise globale.

On a beaucoup célébré -mais aussi critiqué- la mondialisation. En voici le revers: celui d'une crise globale, comme en témoignent l'ampleur de l'action des grandes banques centrales et l'appel aux fonds souverains.

Cette crise est sans commune mesure avec celle de 1987 ou celle de 1998, ce qui décontenance certains observateurs. Elle entraîne un risque de système sans proportion avec les précédents.

En renflouant Bear Stearns, rachetée par JP Morgan avec une décote de presque 95%, et en abaissant en rugence son taux d'escompte à 3,25%, la Fed n'est-elle pas en train de griller ses dernières cartouches ?

- Sans aller jusqu'à dire que la Fed est en train de griller ses dernières cartouches, il est clair que le champ des possibles se rétrécit considérablement.

On doit d'ailleurs être à 900 milliards de dollars d'intervention des banques centrales, si on ne les a pas déjà dépassés. Un chiffre à rapporter à LTCM [Long Term Capital Management est un hedge fund dont la quasi-faillite en 1998 avait perturbé le système bancaire international, ndlr] ou au 11-Septembre, quand cette intervention se comptait en milliards ou dizaines de milliards…

Ce rapport de 1 à 10 montre combien la crise est inédite et confirme que la Fed a utilisé une partie des flèches de son carquois. D'autant que, hormis les taux, un des seuls autres outils à disposition, c'est l'injection de liquidités, dont on ne peut pas dire qu'elle n'a pas été utilisée, y compris par la Banque centrale européenne.

Tous ces auteurs qui, depuis juin 2007, répètent en boucle qu'il n'y a aucun risque de méga-krach ont donc été un peu imprudents.

Les autorités ayant de moins en moins de moyens disponibles, on ne peut que regretter que le FMI n'ait pas eu un discours à la mesure de l'événement.

Parallèlement, la crise est originale car, en plus d'un risque de récession, on doit faire face à une résurgence de l'inflation. Ce qui est beaucoup plus difficile à gérer.

La crise a, certes, des sous-bassement techniques mais aussi un aspect psychologique. D'où la nécessité d'une pédagogie de la parole et que le FMI et même le G7 soient à l'initiative d'organiser une conférence monétaire.

Justement, quelle doit être, dans ce cas, la politique de la BCE ?

- La position de Jean-Claude Trichet est très difficile à gérer. En tant que président de la BCE, il est le gardien de la stabilité des prix. Il est donc normal qu'il y soit très attentif. Mais, en même temps, il existe un risque de système, qui est financier mais aussi réel, avec une éventuelle récession.

La BCE doit donc hiérarchiser ses préoccupations et peut-être donner la priorité à la lutte contre la récession.

Sachant, à l'inverse, qu'un excès de précipitation pourrait accélérer la crise. De fait, la banque apparaît pour l'heure comme garante de stabilité. Le dosage à trouver est délicat et exige donc du "fine tuning".

En résumé, la crise a un caractère inédit, et j'insiste là-dessus, en raison de sa magnitude. Et elle est également difficile à gérer, à cause de la restriction des instruments à disposition.

Seul moyen de pallier cela: une initiative commune de grande ampleur.

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/opinions/3_questions_a/20080317.OBS5422/une_crise


RSF pris en flagrant délit de manipulation par l’UNESCO

L’UNESCO a retiré son patronage à la Journée pour la liberté sur internet, organisée par Reporters sans frontières (RSF). Cette décision a été motivée par la nième manipulation à laquelle s’est livrée la célèbre organisation prétendument non-gouvernementale en utilisant le logo et l’autorité de l’UNESCO pour donner du crédit à des informations mensongères et déséquilibrées visant à stigmatiser des États opposés aux États-Unis.

http://www.voltairenet.org/article155918.html


Obama lie guerre et crise économique

Le prétendant démocrate à la Maison Blanche Barack Obama a estimé aujourd'hui qu'il existait un lien direct entre la guerre en Irak et la crise économique américaine.

"Alors que nous sommes au bord d'une récession, les Américains moyens payent le prix de la guerre" en Irak, a affirmé M. Obama au cours d'une réunion à Charleston en Virginie occidentale (est).

"Quand vous dépensez plus de 50 dollars pour faire un plein, quatre fois plus qu'avant la guerre en Irak, vous payez le prix de cette guerre", a-t-il dit estimant que la guerre coûtait 100 dollars par mois aux foyers américains.

Il a indiqué que la guerre avait déjà coûté plus de 500 milliards de dollars "plus que tout autre guerre à l'exception de la Seconde guerre mondiale". Il a rappelé que l'administration Bush avait promis que le coût de la guerre n'excéderait pas 50 à 60 milliards de dollars et que la reconstruction de l'Irak serait financée par les revenus pétroliers irakiens. "Comme beaucoup d'autres choses à propos de cette guerre, on ne nous a pas dit la vérité", a-t-il souligné.

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2008/03/20/01011-20080320FILWWW00598-obama-lie-guerre-et-crise-economique.php


Crise financère : l'irresponsabilité généralisée

L’incendie financier qui risque de ravager la planète trouve son point de départ dans la mauvaise appréciation de la solvabilité des accédants à la propriété américains. L’outil de prise de décision des banques, baptisé « score », qui consiste à exploiter le fichier historique constitué des emprunteurs précédents pour prévoir le comportement des nouveaux, s’est montré inopérant. Si les impayés et les pertes sont bien représentatifs de la sinistralité des groupes socio-économiques, ils dépendent aussi de l’environnement. Dans le cas d’une bulle immobilière, les emprunteurs défaillants peuvent toujours vendre leur logement pour rembourser leur crédit et même empocher la plus-value. Les banques, ne subissant pas de pertes, sont donc incitées à prêter à guichet ouvert.

http://www.metrofrance.com/fr/article/2008/03/18/09/1157-34/index.xml


Les leçons d'une crise

Pour Alan Greenspan, l'ancien patron de la banque centrale américaine (la Fed), la crise financière actuelle est la pire que nous ayons connue depuis la seconde guerre mondiale. Le spéculateur et philanthrope George Soros juge la comparaison avec 1929 plus pertinente. Peu importe. Issue d'un secteur relativement marginal du système - les prêts immobiliers à risque aux Etats-Unis -, la crise financière aura, c'est désormais une certitude, des répercussions planétaires.

http://www.lemonde.fr/opinions/article/2008/03/20/les-lecons-d-une-crise_1025432_3232.html


Menottées devant l'inflation

Elles sont carrément menottées devant l'inflation. Le «elles» en question, ce sont les banques centrales. Avec le Fonds monétaire international et la banque mondiale, elles ont injecté des centaines de milliards de dollars pour absorber la crise financière asiatique, puis la quasi-faillite de la Russie, puis la crise financière de l'Argentine, puis le choc provenant de l'éclatement de la bulle des titres technologiques, puis celui de l'effondrement des deux tours du World Trade Center et, maintenant, pour absorber le choc de l'éclatement de la bulle immobilière aux États-Unis. Au-dessus de tout cela, les banques centrales et les gouvernements, au moyen de leur politique fiscale, ont saupoudré les économies de centaines de milliards de dollars afin de faire contrepoids aux fortes pressions déflationnistes résultant du courant de fond qu'est la mondialisation.

Cette mer de liquidités a fait son chemin dans notre système financier. Elle a nourri la créativité de nos financiers. Hypothèques sans remboursement de capital, hypothèques aux mensualités inférieures aux intérêts exigés (le solde de l'hypothèque augmente alors régulièrement), hypothèques à taux d'intérêt initiaux très faibles, hypothèques accordées à 100 % du prix d'achat parfois plus, hypothèques à très haut risque accordées aux sans-le-sou ont ainsi vu le jour.

http://www.ledevoir.com/2008/03/18/181042.html






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Amerique du sud


Exxon Mobil contre Petróleos de Venezuela

Le ministre vénézuélien de l’Énergie et du Pétrole, Rafael Ramirez, a dénoncé les démarches qu’Exxon Mobil, une des plus grandes compagnies pétrolières des États-Unis, a engagées auprès des tribunaux de trois pays comme « une action de guerre économique » contre le Venezuela.

Rafael Ramirez, également président de Petróleos de Venezuela S.A. (PDVSA), l’entreprise publique qui assure l’exploitation et la commercialisation du pétrole vénézuélien, a commenté pour la chaîne latino-américaine TeleSUR les déclarations du Département d’’État des États-Unis, qui tente de présenter les actions de la transnationale états-unienne contre PDVSA comme « une dispute commerciale en cours entre Exxon Mobil et le Venezuela ».

Le porte-parole du Département d’’État, Sean McCormack, avait déclaré ce mercredi que le gouvernement des États-Unis soutient pleinement « les efforts d’Exxon Mobil pour obtenir une compensation juste ».

« Il ne faut pas se leurrer, ce n’est ni une dispute commerciale ni un désaccord sur des thèmes économiques » a répondu le ministre vénézuélien dans des déclarations exclusives à TeleSUR. Il a souligné ensuite qu’il s’agit en fait d’une « guerre économique contre le Venezuela ».

« Il est important que les peuples du Sud sachent qu’il s’agit d’une question de souveraineté », a relevé le ministre vénézuélien avant de rappeler que c’est précisément dans le cadre d’’une décision souveraine que le gouvernement du Venezuela a nationalisé les réserves pétrolières de la Frange de l’Orénoque, action invoquée par Exxon Mobil pour justifier ses actions contre PDVSA.

Le ministre Rafael Ramirez a ensuite fait remarquer que, sur les 10 sociétés étrangères concernées par cette décision, seules les compagnies états-uniennes Conoco-Phillips et Exxon Mobil ont eu recours à l’arbitrage du Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI).

Le ministre vénézuélien et président de PDVSA a confirmé que, comme le président de Conoco-Phillips l’avait fait savoir publiquement mardi dernier, des négociations « qui vont nous conduire à un accord » sont en cours entre cette société et l’entreprise publique vénézuélienne.

Par contre, Exxon Mobil a engagé contre le Venezuela « une action hostile que va au-delà de l’’arbitrage » et qui vise à faire croire que PDVSA « n’’a pas les moyens de répondre à leur réclamation », a déclaré le ministre vénézuélien.

Un tribunal fédéral de New York a confirmé mercredi le gel de 300 millions de dollars appartenant à PDVSA, mesure réclamée par Exxon Mobil qui a fait bloquer aussi plus de 12 milliards de dollars de l’entreprise publique vénézuélienne au Royaume Uni, aux Pays-Bas et aux Antilles néerlandaises.

« Il y a une intention politique évidente de la part d’Exxon Mobil qui cherche à harceler notre pays par ce genre de mesure », a souligné le ministre vénézuélien de l’Énergie et du Pétrole.

http://www.voltairenet.org/article155203.html



Amazonie brésilienne : la déforestation s'aggrave

Officiellement, l'objectif du président brésilien, Luiz Inacio Lula da Silva, est de parvenir à une "déforestation zéro" en Amazonie. Mais le Brésil en est très loin. Les destructions ont repris de plus belle entre août et décembre 2007.

Quelque 7 000 km2 de forêts ont alors été rasés, a constaté en janvier l'Institut national de recherches spatiales (INPE) sur ses relevés satellites, pour faire place au soja, au bétail et à la canne à sucre.

Au total, le déboisement entre août 2007 et juillet 2008 pourrait augmenter de

34 %, alors que les autorités brésiliennes se vantaient à la conférence sur le climat à Bali, en décembre 2007, d'avoir jugulé le phénomène, les chiffres montrant depuis trois ans un recul des destructions.

Le président Lula da Silva a réclamé des mesures urgentes pour inverser la tendance. Aussi la police fédérale a-t-elle lancé, le 26 février, une vaste opération avec 300 hommes, qui seront un millier début avril, pour combattre le déboisement illégal dans les Etats du Para, du Mato Grosso et du Rondonia, les plus concernés.

Pas moins de treize ministres sont responsables de la lutte contre la déforestation en Amazonie, mais ils ne parlent pas tous le même langage. Le gouvernement est écartelé entre deux défis : préserver la forêt tropicale et favoriser la croissance économique.

Deux femmes incarnent ce dilemme au sommet. Marina Silva, ministre de l'environnement, enfant de l'Amazonie, est auréolée de son passé aux côtés du militant assassiné Chico Mendes. Mais elle a souvent cédé aux pressions. Elle a ainsi autorisé la construction de deux centrales électriques sur le Madeira, un affluent de l'Amazone. L'autre est Dilma Rousseff, chef de cabinet du président Lula, responsable du Plan d'accélération de la croissance, élaboré pour multiplier les infrastructures à travers le pays, notamment en Amazonie, où fourmillent des projets de routes, ports et usines hydroélectriques.

Après le sombre record entre août 2003 et juillet 2004, où 27 429 km2 de bois étaient partis en fumée, Marina Silva a réorganisé la surveillance par satellite, mais sans moyens ni personnel. "Les amendes infligées par l'Etat sont ridiculement basses et le déboisement se poursuivra", prédit l'un des directeurs de Greenpeace-Brésil, Sergio Leitao. Selon lui, seulement 2 % des contraventions sont payées par les destructeurs.

100 000 KM DE VOIES CLANDESTINES

"Les autorités conçoivent le développement de l'Amazonie sur un modèle des années 1950", critique Sergio Abranches, sociologue spécialiste en écologie politique. Il cite en exemple les routes conçues pour évacuer les denrées agricoles, la BR 163 Cuiaba-Santarem, à moitié asphaltée, et celle à l'étude entre Porto Velho et Manaus.

Les relevés cartographiques prouvent que le goudron se transforme en boulevard de déboisement pour les trafiquants de bois, orpailleurs, aventuriers et agriculteurs. Quelque 100 000 km de chemins clandestins existeraient déjà.

Marina Silva encourage des activités d'"exploitation durable" dans des zones baptisées "unités de conservation", et une gestion surveillée des forêts publiques, qui couvrent 40 % de la surface forestière. Ainsi les 2 200 km2 de forêt à Jamari (Rondonia) seront bientôt cédés à des concessionnaires privés pour une "exploitation propre". Un début.

Neuf organisations non gouvernementales (ONG) brésiliennes et internationales ont élaboré un ambitieux Pacte pour la valorisation de l'Amazonie, afin d'éradiquer la déforestation d'ici à 2015. "Il faut valoriser l'entretien de la forêt sur pied et rémunérer ceux qui la protègent", plaide Adriana Ramos, de l'ONG Instituto Socioambiental, signataire du pacte.

Le Brésil veut démontrer qu'il se préoccupe de l'Amazonie de crainte d'une internationalisation de la gestion de la plus grande forêt tropicale de la planète, dont la déforestation, par brûlis, contribue à l'émission de gaz à effet de serre. Dans son ouvrage Brésil, le capital naturel (non traduit en français), l'agronome brésilien Mauro Victor se dit convaincu que "si le Brésil ne freine pas la destruction de l'Amazonie par conviction, il y sera contraint par des pressions extérieures, d'abord économiques et commerciales, puis politiques, voire militaires".

Les élections municipales sont prévues en octobre. La ministre de l'environnement craint que des maires d'Amazonie ferment les yeux, cette année, sur les destructions illégales perpétrées par leurs électeurs.


CONTRE LES AGISSEMENTS DE LA MULTINATIONALE PÉTROLIÈRE EXXONMOBIL

En février dernier la multinationale pétrolière américaine ExxonMobil a obtenu d’un tribunal de première instance de Londres le « gel » de 12 milliards de dollars d’actifs de la compagnie nationale vénézuélienne PDVSA. Elle a réagi ainsi à la décision du gouvernement vénézuélien de prendre un contrôle majoritaire des sociétés exploitant les ressources du pays en hydrocarbures. Cette décision avait été acceptée, certes de mauvais gré, mais moyennant indemnisation, par 30 des 32 compagnies étrangères opérant au Venezuela.

Par sa posture agressive, totalement soutenue par l’administration Bush qui lui renvoie ainsi l’ascenseur (après avoir bénéficié de son soutien financier massif à chaque élection), ExxonMobil participe activement à la tentative de déstabilisation de la Révolution bolivarienne organisée par Washington, et qui n’a pas cessé depuis 1999.

ExxonMobil sait parfaitement ce qu’elle fait. Ce sont en effet les bénéfices de PDVSA qui, pour l’essentiel, servent à financer, entre autres, les programmes massifs d’accès de l’ensemble de la population à l’éducation et à la santé mis en place par le gouvernement de Hugo Chávez. Au-delà, la multinationale entend porter un coup d’arrêt, notamment en Amérique latine, aux politiques de récupération de leurs ressources naturelles par des gouvernements progressistes.

Attac France exprime sa solidarité avec le peuple et le gouvernement vénézuéliens dans le bras de fer qui les oppose à ExxonMobil, et demande aux mouvements sociaux français de la manifester également.

Par ailleurs, ExxonMobil, comme la plupart des autres compagnies pétrolières, est une véritable menace écologique mondiale. Elle n’a cessé de financer (plusieurs dizaines de millions de dollars depuis 1998) des institutions (comme la Heritage Foundation et le George C. Marshall Institute) et des « chercheurs » niant la réalité du réchauffement climatique et s’opposant à l’application du Protocole de Kyoto.

Attac France proposera aux autres Attac d’Europe et aux nombreuses autres organisations luttant pour une rupture avec les politiques énergétiques destructrices de la planète une campagne d’information sur les agissements des grandes compagnies pétrolières, dont Total. Cette campagne fournira également l’occasion de promouvoir des politiques alternatives fondées sur l’impératif écologique.

http://www.france.attac.org/spip.php?article8325


La marchandisation de l'eau s'accélère

http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/

La communauté internationale célèbre le 20 mars 2008, sous l'égide de l'ONU, la 15ème « Journée mondiale de l'eau ».

L'absence d'accès à l'eau affecte 1,1 milliard d'êtres humains ; l'absence de moyens sanitaires de base touche 2,6 milliards de personnes. Paradoxalement, alors que les premières étapes de la marchandisation de ce bien commun ont suscité de fortes mobilisations populaires sur les cinq continents, le mouvement mondial de libéralisation des marchés de l'eau, initié dans les années 1980, semble s'accélérer.

La « libéralisation » des marchés de l'eau s'est au départ fortement inspirée du « modèle français » : le partenariat-public-privé (PPP). Un dogme s'affirmait avec force : la puissance publique est défaillante ; le recours au secteur privé est indispensable ; la bonne gouvernance repose sur le trépied de fer -- dérégulation, décentralisation, privatisation ; les services de l'eau ont un coût, qui doit être payé intégralement par les usagers.

Dans ce cadre, les signatures de contrats avec des grandes métropoles du Sud se succèdent à un rythme impressionnant. Mais les conflits surgissent dès la moitié des années 1990, quand les opérateurs privés entendent faire payer des usagers fraîchement raccordés, qui n'ont ni la culture du paiement d'un bien jusqu'alors largement subsidié par la puissance publique, ni, le plus souvent, les moyens de payer. De nombreuses luttes se succèdent sur les cinq continents. La tenue des premiers grands forums altermondialistes publicise le thème du refus de la « marchandisation » de l'eau.

... Lire la suite de cet article inédit de Marc LAIMÉ :

http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/

2008-03-19-La-marchandisation-de-l-eau ainsi qu'une sélection d'articles de nos archives, et une collection de cartes.





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Afrique

Côte d’Ivoire. Jour tranquille à Petit-Danané

Petit-Danané, village de brousse en Côte d’ivoire, 9 février 2008.

Feuilles de palmier coupées de la veille. L’ombre rafraîchit la petite courée bien balayée, cernée de cases carrées en banco et toits de paille. Chaises et bancs ont été agencés sur le pourtour. Ainsi qu’une banquette de bois brut recouvert de mousse et d’un tissu jaune bien propre, peut-être neuf. Ce sera pour honorer les visiteurs : un grand « frère » venu de la capitale et deux Blancs de France. C’est fête à Petit-Danané, un baptême rituel pour saluer la venue au monde, il y a deux mois, de « Marie-France Mon Désir », ainsi que le papa, si fier, la présente à l’assistance. C’est le cinquième enfant de cette famille de la tribu des Yacoubas, originaires de l’ouest de la Côte d’ivoire, frontaliers de la Guinée et du Liberia. Danané, là-haut, c’est leur capitale, la ville qui n’a pu les retenir faute de moyens de survie, et surtout à cause de la guerre. Immigrés de l’intérieurs, les Yacoubas ont grossi le flot des « déplacés de guerre », amassés à Abidjan ; ou sont venus vendre leurs bras dans les plantations de cacao ou d’hévéas, comme ici, à une cinquantaine de kilomètres au nord de la capitale.

Petit-Danané, village de brousse d’environ 2.000 habitants, flanqué au bord de l’autoroute qui s’enfonce vers le nord et la forêt. C’est la première autoroute qu’Houphouët-Boigny, fit construire pour rejoindre son village natal de Yamoussoukro – devenu ensuite la capitale officielle. Les Yacoubas sont des montagnards du pays des Dans, qui constituent un ensemble linguistique et culturel. Ce qu’on appelle une tribu.

http://gponthieu.blog.lemonde.fr/2008/02/10/cote-divoire-jour-tranquille-a-petit-danane/


Les avions commerciaux émettent autant de CO2 que toute l'Afrique

Les 16 000 avions commerciaux à réacteurs en activité dans le monde émettent en un an presque autant de dioxyde de carbone, vecteur du réchauffement climatique, que toutes les activités humaines en Afrique sur la même période selon un rapport de l'ONU publié mercredi à Monaco.

Les avions commerciaux du monde produisent 600 millions de tonnes métriques de dioxyde de carbone par an, indique ce rapport du Programme des Nations Unies pour l'environnement (Pnue) présenté à l'occasion d'une session extraordinaire de cette organisation, consacrée au financement du «défi climatique».

Le rapport souligne que les émissions de CO2 en provenance du secteur de l'aviation sont «de plus en plus abondantes et rapides».

Le dioxyde de carbone est le principal gaz à effet de serre émis par les avions, qui produisent également de la vapeur d'eau et de l'oxyde nitreux.

Une centaine de ministres de l'Environnement sont réunis jusqu'à vendredi à Monaco en compagnie d'experts, scientifiques et décideurs économiques dans le cadre de cette session du Pnue --principale organisation des Nations Unies pour l'environnement --dont le siège est à Nairobi.



Ouganda, Rwanda et Congo s'unissent pour protéger les gorilles

L'Ouganda, le Rwanda et le Congo ont lancé un effort conjoint pour protéger les gorilles de montagne menacés d'extinction dans la jungle située aux confins des trois pays d'Afrique centrale.

On estime à moins de 720 le nombre de ces grands singes disséminés dans les collines de Virunga.

Les gorilles sont une source de revenus non négligeable grâce aux touristes qui paient jusqu'à 500 dollars par jour le droit de les observer.

"Pour la première fois, les trois pays ont décidé de protéger les grands singes qui sont menacés d'extinction et d'insécurité dans la région", s'est félicité Moses Mapesa, directeur de l'autorité ougandaise chargée de la protection de la faune (UWA), lors d'une conférence de presse à Kampala.

Son homologue rwandaise, Rosette Rugamba, a déclaré que les gorilles étaient menacés par le braconnage, par les conflits et par la progression des humains sur leur territoire. La zone de vie des gorilles des montagnes, dans l'est du Congo, est le théâtre d'affrontements sanglants depuis des années.

Les trois pays ont mis au point un plan stratégique transfrontalier sur dix ans, a expliqué Rosette Rugamba, qui "identifiera les groupes et communautés qui affectent la vie dans la région de Virunga et s'attaquera de front à l'envahissement et au braconnage".

Les quatre premières années de financement du plan, soit 4,1 millions d'euros, seront versées par le gouvernement des Pays-Bas.

Selon l'UWA, le nombre de gorilles dans la "forêt impénétrable de Bwindi", un sanctuaire réservé aux primates dans le sud-ouest de l'Ouganda, s'élève à 340, ce qui en fait le premier groupe dans la région.

On estime que 250 autres vivent dans la partie rwandaise de la région. Un plus petit nombre se trouve au Congo, où au moins dix d'entre eux ont été tués l'an dernier.

Le nombre des gorilles de montagne est tombé à son niveau le plus bas - autour de 370 - dans les années 1980. Mais le parc de Bwindi a vu sa population de primates croître de 12% ces dix dernières années grâce à une meilleure protection contre le braconnage.

http://www.lexpress.fr:80/info/infojour/reuters.asp?id=65288&1204


Le déshonneur de la France au Tchad

Quand Rama Yadé, dans un élan d’indignation, s’est exclamée à la tribune de l’Assemblée nationale que « L’Afrique de papa c’est fini ! », nous étions loin d’imaginer que cela signifiait le pire, c’est-à-dire que l’Afrique de grand-papa était de retour, celle du mépris des Africains, affiché sans états d’âme. Celle de papa c’était un mépris honteux et dissimulé. Foin de ces chichis avec Sarkozy. On en a eu un avant-goût avec le discours de Dakar, on en a en ce moment une confirmation scandaleusement éclatante avec la conduite de la France au Tchad.

Le Tchad, c’est d’abord une forteresse militaire française en plein cœur de l’Afrique. Le régime tchadien, sous tous ses présidents successifs, de Tombalbaye à Idriss Déby, a été soutenu militairement. Tous ces présidents se sont distingués par leur férocité à l’égard des Tchadiens qui osaient s’opposer à leur tyrannie. De l’assassinat de Outel Bono en France, signé de pros des services spéciaux, jusqu’aux crimes contre l’humanité qui ont valu à Hissène Habré d’être aujourd’hui traduit devant le Tribunal pénal international, le pouvoir français n’a jamais eu honte de ses choix, quel qu’en soit le prix pour les Tchadiens.

L’indéfectible soutien apporté à Idriss Déby, adjoint de Hissène Habré avant d’en être le tombeur, porte à son comble une politique de régression. Aucune considération du respect des Droits de l’homme, encore moins des droits civils et politiques des Tchadiens n’a jamais influencé la politique française, pour qui, à la lettre, les Tchadiens n’existent pas. Seul existe un pouvoir tchadien paravent de la puissance militaire française.

http://survie-france.org/article.php3?id_article=1107





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Asie

 

 

Gestion de l’eau : entre conflits et coopération

« Il est plus facile et plus équitable de se répartir les bénéfices de l’exploitation de l’eau que l’eau elle-même. » C’est par cette équation que M. Aaron Wolf exprime le mieux le problème : pourquoi se faire la guerre pour s’approprier une ressource, si une gestion partagée en permet non seulement l’accès, mais aussi une exploitation économique qui « rapporte » ? Les exemples de coopération sont plus nombreux que les conflits lorsqu’il s’agit de partager l’eau. Bien que les divergences et les tensions entre Etats concurrents persistent, on est encore bien loin des « guerres de l’eau » dont on nous annonce l’imminence depuis quelques années.

Si les données du problème restent simples, les pratiques politiques et les enjeux stratégiques compliquent souvent la lecture des situations régionales. En Asie centrale ex-soviétique, par exemple, les Etats ne se perçoivent pas en conflit les uns avec les autres. Ils multiplient les traités de coopération, les réunions internationales au cours desquelles ils n’oublient jamais de réaffirmer l’amitié indéfectible qui lie leurs pays. Sur le papier, les accords de gestion transfrontalière semblent fonctionner, mais, sur le terrain, pratiquement aucun quota n’est respecté, ce qui crée des tensions à toutes les échelles : de la parcelle, du district ou de l’Etat.

L’eau, dont la caractéristique est de se mouvoir rapidement en surface ou en sous-sol, est une ressource matérielle qui, à la différence de beaucoup d’autre, est découplée de la géographie politique. « Elle fait fi des frontières qu’elle franchit sans passeport », rappellent Kevin Watkins et Arunabha Ghosh [1]. Elle est donc avant tout une ressource partagée qui nécessite une gestion transfrontalière commune. Les pays partageant l’eau d’un même bassin sont « condamnés » à coopérer s’ils ne veulent pas se battre pour en avoir le contrôle. L’eau partagée peut être un atout dans la paix comme dans la guerre.

Ce sont non seulement les Etats qui sont en concurrence pour l’usage de l’eau, mais encore, dans ces mêmes Etats, les différents secteurs de l’économie (industrie, agriculture, usage domestique). Les relations des pays en amont (qui contrôlent les sources) et ceux situés en aval (qui reçoivent les débits « décidés » par les pays en amont) sont complémentaires. Les mécanismes institutionnels existent, mais, au-delà des discours, la réalité montre qu’ils fonctionnent mal. Kevin Watkins et Arunabha Ghosh rappellent enfin que « l’usage que l’on peut faire de l’eau en un lieu donné dépend de celui qui est fait en d’autres lieux ».

Quelques exemples de conflits régionaux

En Inde, le déclenchement du conflit autour du fleuve Cauvery s’est fait autour de l’usage concurrent de l’eau entre l’Etat du Tamil Nadu, en aval du fleuve (région traditionnelle d’agriculture irriguée), et celui de Karnataka, en amont, où le développement de l’agriculture irriguée est relativement récent. Les prélèvements en amont avaient provoqué une grave pénurie en aval et conduit à des violences entre les populations des deux Etats qui avaient refusé de se soumettre à une décision de justice rendue dans le cadre de ce conflit.

Dans le Bassin du Mékong, en 1994, dans les mois qui suivirent l’inauguration du barrage thaïlandais de Pak Mun, en amont du fleuve, les conditions environnementales se détériorèrent rapidement. Les stocks de poissons, en particulier, diminuèrent sensiblement, affectant gravement les conditions de vie de plus de 25 000 personnes qui dépendaient directement de la pêche pour survivre. Ces populations victimes se battent encore aujourd’hui pour obtenir réparation.

En Afrique australe, deux conflits majeurs se cristallisent autour de la gestion des ressources en eau. Les revendications hydrologiques du Botswana pour la préservation du delta de l’Okavango-Makgadikgadi et de son écotourisme (dont les retombées financières sont importantes) sont à l’origine d’un conflit avec la Namibie (situé en amont du fleuve) qui envisage de canaliser l’eau de l’Okavango vers la capitale Windhoek pour couvrir les besoins en consommation industrielle et domestique. Par ailleurs, la construction du système de barrages et les transferts d’eau dans le secteur sud-africain du bassin de l’Incomati ont réduit le débit d’eau douce dans l’estuaire du fleuve situé au Mozambique, et ont entraîné la salinisation du bassin et la dégradation des écosystèmes de l’estuaire, notamment la disparition des plantes et des animaux qui présentaient une intolérance au sel et qui constituaient les seuls moyens de subsistance des populations de cette région.

L’Asie centrale est le théâtre depuis plus de cinquante ans d’un conflit parmi les plus persistants de la planète pour l’utilisation de l’eau des deux fleuves Amou Daria et Syr Daria, qui alimentent tous deux la mer d’Aral. La distribution géographique très particulière des ressources en eau met ces pays en état de forte dépendance les uns vis-à-vis des autres. Aucun d’eux ne peut gérer ses ressources hydrologiques sans négocier avec ses voisins sur la manière de le faire. A part le Kazakhstan, équitablement pourvu en eau et richesses énergétiques, on peut tracer une ligne de partage entre :

le sud-est regroupant deux pays « amonts » (Kirghizstan et Tadjikistan) qui possèdent la quasi-totalité des sources d’eau mais sont dépourvus de gaz et de pétrole (par contre grands producteurs d’énergie hydro-électrique),

et le sud-ouest, avec deux pays « avals » (Ouzbékistan et Turkménistan) riches en pétrole et en gaz, mais n’ayant pas ou très peu de sources d’eau (malgré d’énormes besoins pour irriguer les immenses surfaces couvertes de cultures de coton et de riz).

Les champs de coopérations économiques sont nombreux et apparemment logiques, les uns possédant l’or bleu, les autres l’or noir. Mais ce serait sans compter avec la complexité du grand jeu géopolitique régional dans lequel les ressources en eau sont utilisées non seulement pour l’irrigation et la production d’électricité, mais aussi comme moyen de pression politique sur les pays voisins.

Au Proche-Orient et dans les pays du Golfe, la pénurie d’eau est une réalité qui alimente aussi les tensions. Dans cette région, on est passé d’une situation de stress hydrique à une situation de pénurie, qui pourrait bien à l’avenir s’accentuer et devenir critique. La résolution des questions liées à l’usage de l’eau conditionne en partie les espoirs de paix. L’Etat hébreu n’a guère de ressources propres en eau, si ce n’est les nappes phréatiques palestiniennes de Cisjordanie qu’il exploite illégalement pour son propre profit. Il dépend essentiellement du Jourdain et de sources situées au Liban et en Syrie. Pour Israël, la protection « militaire » de ces sources d’approvisionnement n’est pas un vain mot : en 1964, sous la menace d’une opération armée israélienne, un projet de canal de dérivation sur le plateau du Golan entre les fleuves Hasbani (Liban) et Yarmouk (Syrie) ne fut jamais réalisé. En 2001, les Israéliens ont à nouveau menacé de bombarder un tout nouveau canal de dérivation des eaux du même fleuve Hasbani, et un peu plus tard promettaient le même sort au barrage de l’Unité en construction sur le fleuve Yarmouk, si toutefois il était mis en service…

Les Etats de la région ont accru leurs prélèvements, compromettant le renouvellement de la ressource. Les eaux de surface n’étant guère abondantes, ils ont surexploité les nappes souterraines. Au Liban et en Jordanie, comme en Arabie saoudite ou dans les Emirats arabes unis, la baisse du niveau des nappes s’est accompagnée d’intrusions d’eau salée dans les puits. En quête de sources d’eau douce alternatives, Israël et les Etats pétroliers de la péninsule ont intensifié leur recours aux usines de dessalement. Israël a aussi signé un accord pour le transfert d’eau douce par tanker depuis la Turquie.

Dans le bassin du Tigre et l’Euphrate, c’est la Turquie qui détient la clé de l’approvisionnement en eau. Ces régions, sans irrigation, seraient pour l’essentiel vouées à la steppe et au désert. Le Tigre et l’Euphrate prennent leur source dans les montagnes anatoliennes, dont les neiges alimentent le débit des fleuves. L’Euphrate parcourt 500 km en Turquie, traverse la Syrie sur 650 km avant de serpenter encore sur 1 600 km en Irak. Il y rejoint le Tigre, qui coule pour les deux tiers de son cours en terre irakienne.

Avec la pression démographique, l’irrigation a progressé. Pour étendre les terres cultivées, les Etats ont élevé des barrages. Ils se sont même livrés à une surenchère qui a failli dégénérer en conflit militaire entre la Syrie et l’Irak, lors de la mise en eau du barrage de Tabqa dans les années 1970. Dans le sud de l’Irak, le Tigre et l’Euphrate s’écoulent en de multiples bras dans une zone de marais, traditionnellement peuplée de musulmans chiites. En 1991, à la suite de la guerre du Golfe, la population chiite s’est soulevée contre le régime de Saddam Hussein, qui, en réponse, a entrepris d’assécher les marais. La mise en œuvre du GAP (Great Anatolian Project), projet pharaonique de fragmentation des fleuves en Turquie, continue de susciter une vive inquiétude en Syrie et en Irak, où l’on craint une réduction sensible du débit.

Si les pénuries persistent et se généralisent, les risques de conflits ouverts seront de plus en plus réels, et la seule voie sera celle de la négociation pour arriver à des accords ou des traités équitables. Mais encore faudra-t-il créer les conditions — gouvernance, processus de contrôle, éventuellement police — assurant l’application de ces accords sur le terrain. C’est à la suite d’une longue négociation que tous les pays riverains du Rhin ont accepté d’assumer l’énorme coût du draguage du port de Rotterdam (élimination de la vase polluée déposée par le fleuve). Il a fallu mettre en place un mécanisme institutionnel complexe et une structure de suivi pour arriver à ce résultat. Malheureusement, pour beaucoup d’autres régions, ces mécanismes n’existent pas encore.

A lire aussi

Frédéric Lasserre et Luc Descroix, Eaux et Territoires : tensions coopérations et géopolitique de l’eau et L’eau dans tous ses états, L’Harmattan, Paris, 2003.

Frédéric Lasserre, L’eau, enjeu mondial : géopolitique du partage de l’eau, Le Serpent à plume, Paris, 2003.

Georges Mutin, L’eau dans le Monde arabe, Carrefours de la géographie, Ellipse, 2000.

« Géopolitique de l’eau », Hérodote n° 102, 3e trimestre 2001.

Mohamed Larbi Bouguerra, Les batailles de l’eau : pour un bien commun de l’humanité, Enjeux Planète, Paris, 2003.

Reclaiming public water : achievments, struggles and visions from around the world, Transnational Institute (TNI and Corporate Europe Observatory (CEO), 2005.

Aaron Wolf, Atlas of the International Freshwater Agreement, PNUE, 2002.

Sylvie Paquerot, Un monde sans gouvernail : Enjeux de l’eau douce, Athéna, Outremont, Québec, 2005.

Salif Diop et Philippe Rekacewicz , Atlas Mondial de l’eau : une pénurie annoncée, Editions Autrement, Paris, 2003.

P. J Ashton, Avoiding Conflicts over Africa’s Water Resources, « Ambio », vol. 31, n° 3, mai 2002.

Vandana Shiva, La guerre de l’eau : privatisation, pollution et profit, Parangon, Paris, 2003.

Marc Laimé, L’eau : Pénurie, pollution, corruption, le Seuil, Paris, 2003.

Roger Cans, La bataille de l’eau, Le Monde éditions, Paris, 1994.

L’eau, source de vie, source de conflits, 15e forum « Le Monde diplomatique - les Carrefours de la pensée », Le Mans, 2005

http://blog.mondediplo.net/2008-01-14-Gestion-de-l-eau-entre-conflits-et-cooperation


Les habitants de Gaza condamnés à boire une eau polluée

Alors que l’eau potable manque à Gaza au risque d’une épidémie, la société Eden Spring, détenue par le marchand d’armes israélien Roni Naftali, réalise de super-profits en exploitant illégalement les sources d’eau du Golan, un territoire syrien occupé par l’État sioniste.

Les habitants de Gaza ont toute raison de craindre pour leur vie : depuis qu’Israël a bouclé leur territoire, et interdit de laisser entrer les produits de purification nécessaires, l’eau contaminée qu’ils sont obligés de boire compromet la santé d’un million et demi de personnes.

Hier, une mère de sept enfants de Jabalyia nous a fait part de son extrême inquiétude de n’avoir d’autre choix que de continuer à utiliser une eau contaminée par les eaux usées pour cuisiner, de continuer à la donner à boire à ses enfants, tout en sachant que cette eau, très salée et empoisonnée, compromet gravement leur santé. « Nous avons tous mal aux reins et à l’estomac, mais je n’ai pas les moyens d’acheter de l’eau minérale. On est obligés de boire cette eau absolument imbuvable ».

Cela ne date pas d’aujourd’hui. Nous avions évoqué ce grave problème d’eau en mars 2007. Et par le témoignage suivant en janvier 2008 : « L’approvisionnement en eau, ainsi que l’évacuation des eaux usées, qui dépendent du raccordement au réseau d’électricité, ne sont plus assurés depuis longtemps. D’ici à demain nous allons nous effondrer si rien ne change. Notre réserve d’eau est terminée. Nous irons chez le voisin. Et le voisin sera dans la même situation que nous. Sans mazout pour faire fonctionner les générateurs, les stations de filtrage sont toutes au point mort. Depuis qu’Israël l’avait bombardée en 2006, la centrale électrique ne fonctionnait plus qu’au minimum de ses capacités. Mais là, nous sommes à sec. Si rien ne se passe dans les heures qui suivent, nous allons mourir de soif ».

Depuis, la situation s’est encore plus gravement détériorée.

http://www.voltairenet.org/article155856.html



L'image en Arabie saoudite (2/2) : prochain cinéma 500 km !

Près d'un siècle après son apparition dans le monde arabe, en Egypte, le cinéma fait ses vrais débuts en Arabie saoudite. En 2005, un jeune réalisateur, Abdallah al-'Ayyaf, a ainsi réalisé un documentaire remarqué. Intitulé Cinéma : 500 km, le film raconte le périple d'un jeune cinéphile de la capitale, Riyad, qui n'hésite pas à se rendre au Bahreïn - 1000 km aller-retour ! - pour voir un film non pas sur son home cinema mais "en vrai", dans une des salles de Manama remplies certains soirs à 80 % de Saoudiens paraît-il !

http://culturepolitiquearabe.blogspot.com/2008/03/limage-en-arabie-saoudite-22-prochain.html



La démission de l’amiral Fallon relance les hostilités en Irak

Contrairement à ce qui a été écrit dans la presse dominante, l’amiral William Fallon n’a pas été limogé par ce qu’il s’opposait au président Bush à propos d’une attaque contre l’Iran. Il a démissionné de sa propre initiative après que l’accord qu’il avait négocié et conclu avec Téhéran, Moscou et Pékin ait été saboté par la Maison-Blanche. Le choix de l’administration Bush relance la guerre en Irak et expose gravement les GI’s face à une Résistance désormais soutenue de l’extérieur sans retenue.

http://www.voltairenet.org/article155917.html


La discrète arrivée de l’OTAN au Liban

L’OTAN, qui avait été exclue des forces de maintien de la paix, à l’issue de la guerre israélo-libanaise de 2006, s’est discrètement introduite au Liban ces jours-ci. D’une part, le destroyer USS Cole qui croise au large du pays du cèdre participe à la guerre que l’Alliance atlantique poursuit contre « le terrorisme ». D’autre part, révèle Thierry Meyssan, le nouvel amiral des casques bleus et des éléments de la FINUL ne relèvent pas seulement de l’ONU, mais aussi de l’OTAN. Ce dangereux mélange des genres et la hiérarchie parallèle qu’il institue sont susceptibles à tout moment de modifier la nature du conflit régional.

http://www.voltairenet.org/article155832.html


Nous sommes tous Chinois

Les Amis de La Terre, membre fondateur d’Attac-France communique cette chronique, parue le 8 février dans l’important quotidien San Francisco Chronicle, à propos de l’empreinte écologique de la Chine.

L’auteur, Peter Bosshard, demande que la Chine soit plus attentive aux questions sociales et environnementales mais affirme que cette exigence ne peut être crédible que si nous nous comportons de manière plus vertueuse.

http://www.france.attac.org/spip.php?article8285


Les OGM augmentent l'usage des pesticides et ne réduisent pas la pauvreté

Un nouveau rapport des Amis de la Terre révèle aujourd’hui que les OGM ont conduit à une hausse massive de l’usage des pesticides et n’ont pas réussi à augmenter les rendements ou à vaincre la faim et la pauvreté dans le monde [1]. Ce rapport coïncide avec la sortie annuelle des données de l’industrie des biotechnologies sur les cultures OGM à travers le monde [2].

http://www.amisdelaterre.org/Nouveau-rapport-Les-OGM-augmentent.html


TIBET - "Une crise beaucoup plus générale"

Comment les événements au Tibet sont-ils perçus au sein de la société chinoise ? Les Chinois craignent-ils pour l'image de leur pays à quelques mois du début des Jeux Olympiques ?

- Selon moi, la crise actuelle n'est pas uniquement due à la question de l'indépendance du Tibet. Pour des raisons liées à sa propre histoire, le Tibet est la région la moins stable en Chine et c'est, par conséquent, là-bas qu’éclatent d’abord les crises.

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/opinions


«Cette crise traduit le désespoir des Tibétains»

Pour François Godement, le directeur de l'Asia Centre à Sciences Po, les causes des troubles sont multiples.

http://www.lefigaro.fr/international/2008/03/18/01003-20080318ARTFIG00566-cette-crise-traduitle-desespoir


A quelques mois des JO, pourquoi le Tibet se révolte

Le sang a coulé à Lhassa, la capitale du Tibet: dix morts officiellement, cent selon les Tibétains en exil. A quelques mois des Jeux olympiques de Pékin, le Tibet et à travers lui la question des droits de l'homme, se trouvent propulsés à la "une" des journaux du monde entier -sauf en Chine où c'est la réélection du président Hu Jintao qui fait les gros titres, les événements de Lhassa étant minimisés.

Que se passe-t-il au Tibet? Pourquoi ce mouvement? Quelles conséquences aura-t-il sur les JO? Etat des lieux en quatre questions.

Un peu d'histoire. Le Tibet est-il "chinois"? Pour le gouvernement chinois, évidemment, l'affaire est entendue: le Tibet est rattaché à l'empire chinois depuis la dynastie des Yuan au XIII° siècle, et, physiquement depuis la "réunification pacifique" de 1950 à la République populaire décrétée par Mao Zedong l'année précédente. Il existe même, à Lhassa, un magnifique musée moderne dont le seul but est d'accréditer cette thèse.

Du point de vue tibétain, et tout simpement historique, l'affaire est plus complexe. Le Tibet a été lui-même un empire puissant au VII° siècle, qui a connu des relations fluctuantes avec son immense voisin chinois. Les deux empires ont même entretenu des relations diplomatiques, ce qui ne fait pas du Tibet un vassal. De plus, à certaines époques, Lhassa a pu avoir l'ascendant spirituel, et Pékin l'ascendant politique et militaire.

L'histoire moderne est tout aussi ambiguë. Au début du XX° siècle, le Tibet avait pris le large, et vivait reclus dans ses montagnes himalayennes, sous une implacable théocratie qui pratiquait le servage et l'obscurantisme. Mais ce Tibet avait beau être détaché de la Chine, il n'était pas reconnu par le reste du monde comme un Etat indépendant, ce qui explique qu'aujourd'hui, aucun pays ne soutienne le principe d'une indépendance tibétaine.

http://www.rue89.com/chinatown/a-quelques-mois-des-jo-pourquoi-le-tibet-se-revolte





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Après l'élection de Flosse: la Polynésie française sans boussole

Le gouvernement français se serait-il aventuré dans les eaux polynésiennes sans en maîtriser tous les courants? Il semble aujourd’hui y avoir perdu sa boussole.

Le 19 février dernier, Christian Estrosi estimait sur France Ô que les électeurs ayant voté pour les listes dites "autonomistes" conduites par Gaston Tong Sang et Gaston Flosse avaient dessiné les contours d’une majorité stable à l’assemblée de Polynésie française, en faisant tous "le choix de la France".

Avec raison, l’association polynésienne socialiste (APS) lui rappelait quatre jours plus tard la complexité des relations entre les Polynésiens et la France:

"Des autonomistes ont tenu parfois à l'égard de la France et de ses représentants des propos d'une incroyable férocité (et) tout le monde sait que parmi les électeurs indépendantistes ou UPLD, nombreux sont ceux qui vouent une grande admiration pour la France des Droits de l'Homme. Ils attendent de la France qu'elle applique enfin ses grands principes en Polynésie en arrêtant d'infantiliser les citoyens en leur retirant ce qu'il reste d'autonomie".

Personne ne peut prétendre que l’alliance entre le Tahoeraa Huiraatira de Gaston Flosse, pilier historique du chiraquisme ultramarin, et l’UPLD du leader indépendantiste Oscar Temaru ne trompe pas les attentes de la majorité des Polynésiens. Pourtant, ce rapprochement souvent décrit comme "incroyable" ou "contre nature" ne peut pas être réduit à une simple manœuvre cynique de la part de deux dirigeants avides de conserver le pouvoir.

D’abord, il faut relativiser la portée de l’opposition entre camps "autonomiste" et "indépendantiste" qui, par facilité, a servi depuis de nombreuses années d’unique grille d’analyse de la vie politique polynésienne. En s’en tenant à cette seule logique, le gouvernement a sans doute sous-estimé la convergence de points de vue qui est apparue depuis déjà plusieurs mois entre ceux que l’on considéraient comme les "meilleurs ennemis".

La surenchère institutionnelle de G. Flosse lui a en effet permis d’obtenir toujours davantage d’autonomie de décision vis-à-vis de Paris, jusqu’à la loi organique du 27 février 2004 qui a fait de la Polynésie française un pays d’outre-mer. Et il s’est très souvent opposé aux tentatives de l’État d’encadrer et contrôler un pouvoir devenu personnel. La ligne de partage entre une autonomie élargie et une indépendance débouchant sur une libre association avec la France s’est ainsi progressivement atténuée.

http://rue89.com/2008/02/26/apres-lelection-de-flosse-la-polynesie-francaise-sans-boussole


Opodo
« L'Atlas environnement », analyses & solutions

L'Atlas environnement du Monde diplomatique, ouvrage de référence de 100 pages propose deux parties : « ce qui menace la planète... » et « ce qui peut la sauver ».

Il analyse les politiques qui ont mené à la catastrophe, puis met en valeur un certain nombre d'expériences positives menées à travers le monde pour la conjurer.

Commander en ligne pour seulement 7 euros :

http://www.monde-diplomatique.fr/publications/atlas/


l'Australie doit rester sans OGM

Les organisations de consommateurs japonaises, qui représentent plus de 3 millions de membres au total, somment le gouvernement australien de maintenir le moratoire. Le Japon est tributaire de l'Australie pour un certain nombre de denrées alimentaires.



Tahiti Pacifique

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Un couple part en vacances en bateau pour aller pêcher.

Le mari adore pêcher, mais la femme, elle, préfère plutôt la lecture. Pas sportive pour un sou.

Un matin, après plusieurs heures de pêche, le mari décide d'aller faire une petite sieste...

La femme, prends alors les commandes du bateau, mais ne sachant pas trop le manoeuvrer, elle préfère l'accoster à un endroit et puis se met à lire tranquillement. Peu après, un garde pêche l'aborde et lui demande:

- Puis-je savoir ce que vous faites ici, madame ?

- Et bien, je lis un livre, ça se voit non ?

- Vous êtes dans une zone ou la pêche est interdite madame.

- Oui, et alors ? Je lis, je ne pêche pas...

- Humm, mais vous avez le matériel, je vous mets donc une amende pour pêche illicite.

- Humm, d'accord ! Mais si vous faites ça, je vous accuse de viol! dit-elle, assez en colère.

- Mais... mais, je ne vous ai même pas touché. Répond le garde pêche...

- C'est vrai,... mais vous avez le matériel !





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Le nu manifeste

L’utilisation de la nudité comme moyen de protestation ou d’affirmation s’est surtout étendue à partir des années 1960 du XXe siècle, même si elle s’inscrit dans le prolongement du mouvement naturiste, condamné à la discrétion voire à la clandestinité. Ni la relative banalisation de la nudité dans les manifestations politiques et artistiques des années 1960 et 1970 (festivals, campings, etc.) ni son omniprésence dans la publicité et la production pornographique n’ont émoussé l’attrait qu’elle exerce à la fois sur les militant(e)s et sur les médias.

Je propose, après quelques remarques générales, une catégorisation des usages de la nudité dans les manifestations, non pour enfermer un geste dans l’une des catégories - elles se recoupent - mais pour dégager aussi complètement que possible les divers sens de comportements trop souvent envisagés dans des registres réducteurs : potache, spectaculaire ou égrillard.

Ces catégories sont au nombre de sept : le nu ironique-obscène ; le nu transgressif-festif ; le nu trangressif-dramatique ; le nu adjuvant ; le nu calicot ; le nu graphique ; le nu pornographique.

J’utilise un corpus d’une cinquantaine d’exemples durant la période 1999-2005, parmi les centaines qui ont été recensés ou qui pourraient l’être [49]. Aucun grand rassemblement international, du type contre-sommet du G8, ne se déroule sans que des manifestant(e)s utilisent la nudité. Certaines associations, comme People for Ethical Treatment of Animals (PETA) y recourent presque systématiquement, faisant de la nudité (au moins partielle) une quasi signature.

Une fois mis à nu, le corps conserve sa puissance symbolique. Il peut être édénique et festif ou illustrer la misère et la faiblesse. La double métaphore qu’il incarne alors peut être implicite, chez des paysans de l’État de Veracruz au Mexique, ou verbalisée, par des pacifistes aux États-Unis et des archéologues en France : la nudité représente le dénuement et la vulnérabilité. Dans tous les cas, le moins de vêtements, et de la règle sociale plus ou moins hypocrite qu’ils représentent, apporte un plus de sens et de vérité. Par surcroît, les manifestant(e)s nu(e)s retournent contre la société ou telle de ses parties la stigmatisation [50] que la morale dominante leur inflige. « Nous voulions, dit un “cylonudiste” d’Auckland (Australie) en février 2005, attirer l’attention sur l’indécente exposition des habitants aux gaz d’échappement des automobiles. Ce qui est réellement indécent, c’est que 250 personnes meurent chaque année dans cette ville du fait de la pollution automobile. » Une jeune femme qui manifeste devant un magasin de la chaîne de prêt-à-porter GAP, à Calgary (Canada), en juin 2002, déclare que « l’exploitation par l’entreprise est indécente. C’est cela la vraie pornographie. » Une manifestante anti-G8 à Lausanne (Suisse, mai 2003) porte inscrite sur la peau du dos la formule suivante : Shame on G8 ! Et sur les fesses : Not on me. Ce qui signifie littéralement : « La honte soit sur le G8 ! Elle n’est pas sur mon cul ». Cesar Del Angel, du Mouvement paysan des 400 villages de la province de Veracruz (Mexique) explique le mécanisme de retournement de la stigmatisation via l’opinion publique :

« Voir nos femmes âgées en photo dans les journaux fait de la peine. Mais je crois que les politiciens qui se foutent de nous sont encore plus humiliés lorsque les gens comprennent où nous en sommes [51]. »

À la différence de groupes stigmatisés, comme les personnes qui se prostituent (cf. chap. III), les manifestant(e)s qui se dénudent ne sont pas nécessairement dans une situation ou n’exercent pas une activité qui entraînent une stigmatisation d’habitude. Ils et elles choisissent de se mettre ponctuellement en situation de transgression, donc d’encourir une stigmatisation, afin d’illustrer leur situation ou celle d’autres êtres vivants (animaux à fourrure, par exemple), afin de retourner la stigmatisation contre leurs adversaires. Je risque ma peau, dit la manifestante, et je la montre au public ; c’est vous, gouvernement ou industriels du vêtement ou militaires qui devriez en concevoir de la honte.

Grace Knight, une chanteuse australienne qui a organisé des manifestations nues contre la guerre en Irak, considère l’aspect positif du geste de se mettre nu(e) :

« Dans cette vulnérabilité il y a aussi une somme terrible de force., une formidable source de puissance [52] ».

Même si elle peut avoir un impact à l’instant où elle est menée, la manifestation nue s’adresse en général aux médias, intermédiaires jugés inévitables pour atteindre le public [53]. On peut manifester dans la rue - on convoque alors les journalistes - ou se dévêtir dans un endroit isolé. Dix scientifiques américain(e)s désireux de s’associer aux protestations contre la guerre en Irak posent nu(e)s près de leur base, en Antarctique ; envoyée sur Internet, la photo peut être vue du monde entier [54].

Les hommes ne naissent pas libres et égaux dans leurs corps ; les femmes encore moins. Lorsqu’une manifestante du Nord-Est de l’Inde déclare « notre colère nous a débarrassées de nos inhibitions », elle témoigne d’une transformation autrement profonde que l’adhérente d’une association naturiste anglaise qui ôte ses vêtements dans une manifestation pacifiste. Accessoirement, se coucher dans la neige pour dessiner le signe de la paix ou poser nu du côté du Pôle Sud n’est pas exactement la même chose que retirer son soutien gorge sur une plage brésilienne : la performance physique s’ajoute à l’éventuelle victoire sur la honte de soi et aux risques de répression. Par ailleurs, il est différent de dessiner le mot peace sur la pelouse d’un parc désert et de forcer, nues, les portes d’un palais de Justice. Cependant, même en l’absence de risque particulier, se dénuder peut être ressenti comme un geste impliquant, à forte valeur symbolique. Une archéologue, seule femme d’un groupe mixte à s’être déshabillée sur le parvis de l’opéra Garnier à Paris, en juin 2003, s’en explique :

« Nous avons montré que nous étions prêts à risquer notre peau, quelque part, en la montrant. Ce que le gouvernement fait nous touche dans notre chair. [...] Ce geste vous touche tellement qu’il faut que la cause que vous défendez soit devenue un problème intime pour aller jusqu’au bout [55]. »

Presque toujours collective, la manifestation nue est - comme toute entreprise de mobilisation - un corps à corps librement consenti. Plus que d’autres modes de mobilisation, elle soude les participant(e)s qui, pour faire corps, acceptent d’abord de se regarder nu(e)s, et d’être sous le regard éventuellement inamical du monde extérieur, dans le dépouillement de leur nudité. « L’indécence, dit l’archéologue citée plus haut, n’est que dans le regard de certains. Il y a des allusions foireuses mais aussi des gens qui vous soutiennent. »

Le corps à corps est parfois épidermique : on se touche, on se tient par les bras ou les épaules pour former une chaîne, on se couche les un(e)s contre ou sur les autres pour dessiner des lettres. Lorsque des femmes se dénudent entre elles, c’est probablement parce qu’elles accordent une valeur particulière à ce geste lorsque pratiqué dans la non-mixité ou simplement parce qu’elles sont plus à l’aise. Lorsque des hommes se dénudent entre eux, c’est en général qu’ils veulent éviter que des femmes (leurs épouses, le plus souvent) en arrivent à ce qu’ils considèrent comme une extrémité pénible.

Le nu ironique-obscène. L’une des plus anciennes pratiques notées au cours des manifestations consiste, souvent pour une personne isolée, à tourner le dos aux forces de l’ordre, policiers ou militaires, et à relever sa robe ou baisser son pantalon afin de montrer son cul [56]. Il me semble, sans pouvoir trancher, que ce geste est attribué à des femmes dans certains récits du début du XXe, tandis que, pour ma part, je ne l’ai vu pratiquer que par des hommes au cours des trente dernières années. Ainsi, durant une manifestation de protestation contre l’état d’urgence décrété par le gouvernement français après quinze jours d’émeutes dans les banlieues, deux manifestants toulousains montrent leur cul aux CRS. Bien qu’ils mettent, lors de leur comparution, leur geste sur le compte d’un abus d’alcool et qu’ils affirment avoir été frappés par les policiers qui les ont arrêtés, la procureure de la République réclame contre eux une peine de prison ferme. L’un est condamné à trois mois, l’autre à deux mois [57]. La dénudation postérieure est aussi l’arme du vaincu, tel ce Texan condamné en mars 2003 à huit ans de prison pour coups et blessures qui montre son cul au juge et à l’assistance, et écope aussitôt de six mois supplémentaires [58]. Baptisé mooning dans les pays anglo-saxons (de moon, par association cul/lune), le geste de montrer ses fesses a trouvé une application d’une nouvelle ampleur dans certaines manifestations collectives. Ainsi, en juin 2000, devant Buckingham Palace, à l’initiative d’un Mouvement contre la monarchie. Par ailleurs plusieurs mass mooning ont été projetés contre George W. Bush sans qu’il m’ait été possible de vérifier s’ils ont eu lieu. En mai 2001, au Brésil, des militants politiques ont montré leurs fesses pour protester contre la corruption des politiciens. En 2002, James Albert Ernest Togo, un jeune aborigène de 20 ans, était poursuivi devant un tribunal australien pour avoir montré son cul à un plein car de policiers. Selon son avocat, l’incident reflétait les mauvais rapports entre la minorité aborigène et la police, tandis que le procureur estimait que reconnaître à ce geste le statut d’acte politique, revendiqué par l’accusé, aurait sapé l’autorité des forces de l’ordre. Et pourquoi pas aussi, ironisait-il, remplacer le kangourou par une paire de fesses sur le blason de l’Australie [59] ...

Le nu transgressif-festif. Je choisirai comme premier exemple représentatif de cette catégorie, les manifestations de femmes contre l’interdiction des seins nus sur la plage de Copacabana à Rio (Brésil) en 2000. Sur la photo dont je dispose, les jeunes protestataires sortent de l’eau, souriantes, seins nus, et brandissant des pancartes portant des slogans tel que « À bas le sexisme, vive l’hédonisme », accompagné du A cerclé des anarchistes [60]. En effet, la nudité (se) manifeste parfois presque « pour elle-même » - on se met nu(e) pour pouvoir l’être - et c’est le regard de la société qui produit une augmentation de sens. Les manifestant(e)s veulent maintenir vivace la nudité dans les espaces où elle a été tolérée et l’imposer dans certains autres, dont on veut la bannir. Le phénomène est sensible sur les campus américains où la nudité est acceptée comme un élément occasionnel du folklore étudiant. Un nouveau règlement pudibond dans un établissement d’enseignement supérieur à Bennigton College dans le Vermont (USA), en 2004, déclenche un mouvement de protestation et des exhibitions. L’« équipe de course à poil » (Hamilton streaking team) organise une sorte de rallye nu dont les étapes sont douze campus de la région [61]. La nudité envahit également la rue, à l’occasion de fêtes païennes. En 2001, la municipalité de Seattle (État de Washington) tente une campagne de dissuasion contre les cyclonudistes qui ont pris l’habitude de se mêler à la parade annuelle du solstice d’été. À Austin (Texas), c’est à l’occasion du mardi gras, en 2001, que des incidents ont lieu, attribués par la police au fait que de jeunes femmes juchées sur les épaules de leurs amis ont exhibé leur poitrine, « ce qui rend les hommes agressifs ». L’annonce que toute récidive l’année suivante sera punie d’amende entraîne une manifestation de « désobéissance civile » que Caroline Estes, son organisatrice, baptise tit-in (tit signifiant téton), finalement autorisée et surveillée par la police :

« La véritable ironie de la situation, dit C. Estes, c’est que nous étions moins de 50 manifestantes surveillées par une centaine de policiers anti-émeute. C’était une vision irréelle, à la manière de 1984 [de G. Orwell], d’une Amérique dans laquelle je ne veux pas vivre. [...] Les seins nus ne provoquent pas de rixes, la testostérone et l’alcool si [62]. »

À l’origine, le fait d’exhiber ses seins est compris par les auteures du geste comme une aimable particularité du folklore local, qui distingue Austin des autres villes, et dont la prohibition violerait les droits civils des femmes. C’est la réaction de la police qui donne une dimension politique à l’incident puis à leur réaction.

Remarquons ici que le geste particulier d’exhiber sa poitrine une fois montée sur les épaules d’une tierce personne, en général un homme, s’est rencontré par exemple lors des rassemblements célébrant la victoire de François Mitterrand en 1981. Il était désigné (à Rennes, au moins) par l’expression « offrir un buste à la République », par référence à l’iconographie et à la statuaire qui représente souvent la République sous les traits d’une femme à la poitrine plus ou moins dénudée.

En 1998, Debbie Moore et Nina Shilling, deux habitantes de Berkeley (Californie) ont été jugées en vertu d’une réglementation municipale adoptée cinq ans plus tôt interdisant de montrer ses parties génitales ou ses fesses en public, au-delà de l’âge de 10 ans. Toutes deux faisaient partie d’une troupe baptisée « X-Plicit Players » qui donnait des spectacles de rue incluant, à l’occasion, la nudité totale ou partielle des comédien(ne)s. Les deux femmes ont fait valoir que la nudité publique était partie intégrante de leur liberté d’expression artistique, tandis que D. Moore, 23 ans à l’époque, ajoutait qu’elle faisait usage de son corps dénudé comme d’une « antenne pour percevoir les sentiments intimes » de ses interlocuteurs. Les jurés décidèrent d’acquitter les contrevenantes, par dix voix contre deux, ce que D. Moore interprétait comme un refus de « criminaliser [leur] corps ». N. Shilling faisait remonter leur pratique de la nudité publique au mouvement contre la guerre du Golfe, en 1991, à San Francisco, auquel elles avaient participé nues, le corps recouvert de peintures. Il s’agissait alors, selon N. Shelling, « d’attirer l’attention sur le corps humain vulnérable et ce qui lui advient dans les guerres où l’on gaspille son propre corps et l’on détruit le corps des autres [63] ».

Nous retrouvons des préoccupations voisines chez les 3 000 personnes qui manifestent nues à San Francisco, le 3 octobre 1999, pour incarner le « dénuement » de l’humanité face aux risques nucléaires liés au bug informatique que l’on redoute à l’occasion du passage à l’an 2000 [64]. Et encore dans la déclaration d’une porte parole de la Coordination des collectifs cyclonudistes d’Aragon (avril 2004), qui illustre la combinaison délibérée de plusieurs thèmes : l’affichage insolent de la fragilité corporelle et l’affirmation d’un corps « naturel » et mobile, sans normes ni pudeur, enjeu et outil de la lutte sociale :

« Pourquoi nues ? Parce que nous nous sentons nues devant le trafic à cause du manque de respect des conducteurs, du manque d’intérêt des gouvernants. Avec la nudité nous montrons la fragilité de nos “carrosseries” (notre propre corps). En plus nous montrons notre corps avec naturel, sans pudeur, en supprimant les tabous par rapport à notre physique, imposés par la mode et l’avarice de l’industrie transnationale textile. En bref, nous affrontons le trafic urbain, le corps nu sur la bicyclette étant la meilleure [manière] de défendre notre dignité et de vivre la lutte sociale [65]. »

Les défenseur(e)s des droits des animaux manifestent souvent nu(e)s. En Uruguay, six garçons et filles se déshabillent malgré une température peu clémente et arborent une banderole proclamant : « Plutôt aller nu(e) qu’utiliser des fourrures ». C’est le slogan de l’association PETA [66], déjà citée ; ses militant(e)s ont une longue pratique de la nudité publique, dont ils ne rechignent pas à négocier le degré avec les autorités, quitte à se rhabiller partiellement. Si deux jeunes femmes se déshabillent entièrement à Pékin (octobre 2002), lors d’une démonstration sur les Champs-Élysées parisiens, les manifestants, garçons et filles, portent des cache-sexe sur lesquels est inscrit : « Non à la fourrure, oui à l’amour ». Manière, sans doute, de suggérer que l’amour réchauffe autant que les fourrures animales. PETA est en effet une des rares organisations utilisant la nudité militante à tenir un discours érotisé, que l’on qualifiera de soft. À Boise (Idaho) en juillet 2004, un couple hétérosexuel se livre, « en tenue légère », à une espèce de flirt public, considéré par la police locale comme une manifestation politique et autorisé en tant que tel. Le garçon et la fille « se font des mamours » dans un lit installé sur un trottoir de la ville. Il s’agit pour PETA de promouvoir une alimentation excluant tous les produits d’origine animale (et non la seule viande), en affirmant que « les végétaliens (ou végans) font de meilleurs amants [67] ». Les militantes de PETA, elles, font d’excellents mannequins, choisies selon les critères de recrutement des agences, toujours minces, grandes et épilées. En 1999, PETA a d’ailleurs diffusé une affiche représentant une jeune femme, cadrée du nombril à mi-cuisses, dont l’épaisse fourrure pubienne dépasse largement d’un bikini et le slogan « Fur Trim. Unattractive », ce qui peut se traduire par : « Même bien taillée, la fourrure c’est disgracieux ! » On voit l’adhésion parfaite de PETA aux valeurs et aux codes de l’érotisme masculin dominant, mais on remarquera surtout sa difficulté, communes à d’autres défenseurs des animaux, à user du registre pourtant choisi de l’identification du corps humain (féminin de préférence) à l’animal. Entre 2001 et 2004, des militantes de PETA ont mené campagne dans des dizaines de villes américaines contre la manière dont sont traités les animaux de cirque. À chaque fois, une jeune femme s’est enfermée dans une cage où elle ne tenait qu’accroupie ou à quatre pattes, son corps nu (à l’exception d’un slip) peint à la ressemblance d’une fourrure de tigre. Au-dessus de la cage ou brandie par des manifestants, une banderole porte le slogan suivant : « Les animaux sauvages ne sont pas à leur place derrière des barreaux ». En 2002, une affiche représente la chanteuse et actrice mexicaine Patricia Manterola pareillement grimée, à quatre pattes sur de la paille, derrière des barreaux, les cheveux défaits, visage tourné vers l’objectif et, semble-t-il, complètement nue. Sa position et l’ensellure lombaire font saillir sa croupe tandis qu’une cuisse dissimule le sexe et un bras l’essentiel de la poitrine. Qui regarde ce corps le sait nu davantage qu’il ne le voit nu. Quant au slogan - « Ni los animales mas exoticos merecen estar tras las rejas » - c’est-à-dire « les animaux plus exotiques ne méritent pas non plus d’être derrière des barreaux », il confirme le cliché d’une animalité érotisée, incarnée par la femme.

En effet, si l’on écarte l’hypothèse d’un simple usage scandaleux de la nudité d’un corps féminin pour attirer l’attention des médias et du public, il reste à identifier les images ou réactions induites chez le spectateur. Quel est l’imaginaire ici convoqué ? Comment peut fonctionner l’association femme nue-fauve-tigresse-sauvagerie-captivité ? Je lis dans le Petit Larousse illustré, à l’article « tigre » : « Il attaque particulièrement l’homme ; de là le nom de mangeur d’hommes qu’on lui a donné dans l’Inde ». Superposons les images de la performance et celles des expressions populaires, nous obtenons : « Les mangeuses d’hommes, les tigresses, les “dévoreuses de santé”, ne sont pas à leur place derrière des barreaux »... Voilà-t-il pas un fantasme bien convenu ? La tigresse, la cruelle (parce que jeune, jolie et provocante), nue, le corps zébré (à l’image du fauve ou sous les coups du fouet qu’il appelle ?), et à quatre pattes... Littéralement, ce corps féminin dénudé ne sait pas ce qu’il dit. Il ne peut servir aucune cause parce qu’il n’est pas métaphore mais mise en spectacle de la domination, produit de la rencontre de l’inconscient dominé des organisateurs et du recours à la nudité comme « truc » qui a fait ses preuves, hier pour choquer, aujourd’hui pour épater le gogo. De manière générale, détourner les modes d’expression de l’érotisme dominant est un exercice périlleux, nous en reparlerons à propos du nu transgressif-pornographique. Terminons ce passage en revue du nu transgressif-festif sur une note morale qui rejoint d’ailleurs les considérations précédentes sur l’ambiguïté de ces questions. En 1999, trois nudistes sont arrêtés devant le bâtiment du Tribunal royal à Londres ; l’un deux a pris la précaution de grimper dans un réverbère avant d’ôter ses vêtements. Les manifestants déclarent faire campagne pour que la « nudité publique, paisible et sans caractère sexuel (non-sexual peaceful public nudity) » soit reconnue comme une expression de la liberté individuelle [68]. Fort bien ! Mais qui décidera que telles fesses émoustillantes ou telle verge aux corps caverneux tant soit peu gorgés de sang sont dépourvues de tout caractère sexuel ? Que la nudité publique puisse être « paisible », la pratique séculaire du naturisme le prouve sans discussion. Renvoyer à la police des mœurs les manifestations « sexualisées » (deux personnes nues s’embrassent sur la bouche...) fait butter les « militant(e)s du nu pour le nu » sur les contradictions d’un activisme aussi réformiste et inefficace qu’il peut être risqué et spectaculaire.

Le nu transgressif-dramatique. Il peut représenter, littéralement, le dernier recours, celui où le corps se met en jeu non seulement dans sa survie biologique, ce à quoi l’adversaire ne prête pas nécessairement attention, mais dans sa puissance symbolique. Il est l’arme des plus pauvres, des plus démuni(e)s, qui découvrent que la honte peut être renvoyée à l’adversaire. L’expérience des paysans mexicains, déjà évoquée, montre que la dénudation peut être une arme plus forte que la grève de la faim (évoquée au chap. II), pourtant considérée avec les mutilations comme la mise en danger ultime du corps. Cesar Del Angel, du Mouvement des 400 villages de la province de Veracruz raconte la montée en puissance paradoxale des mobilisations :

« Des camarades ont commencé une grève de la faim [pour réclamer la restitution de terres accaparées par un ministre du Parti révolutionnaire institutionnel (PRI)]. Leur situation s’aggravait et leurs épouses ont proposé de manifester nues. Les maris ont refusé et se sont déshabillés sans elles. Mais personne n’y a prêté attention. Finalement, les femmes se sont dénudées et les médias du monde entier ont accouru. Le gouvernement nous a reçus, nous a promis de l’aide. Pour la première fois, nous avons été écoutés. [...] J’ai fait de la prison comme une centaine de mes compagnons. Nos terres ont été volées. Deux des nôtres ont été assassinés. [...] Alors, se mettre nu en public devient aussi un acte de détermination qui nous donne plus de force pour poursuivre notre combat [69]. »

Il semble que paysannes et paysans ont pu s’inspirer d’une manifestation de mineurs, en 1985, où ceux-ci avaient défilés nus, en bottes et chapeaux. En novembre 2002, une centaine d’hommes et de femmes manifestent nu(e)s devant le Sénat, à Mexico. Avant de se déshabiller, les femmes ont tendu des fleurs aux sénateurs qui entraient dans le bâtiment [70]. En juin 2003, des paysans marchent sur Mexico, nus, portant sur le visage des masques à la ressemblance de l’ancien président Carlos Salina. En octobre de la même année, ce sont plusieurs dizaines d’hommes et de femmes pareillement masqué(e)s qui manifestent au cœur de Mexico. Durant le printemps 2006, plusieurs centaines de paysan(ne)s manifestent nu(e)s sur l’avenue Reforma, grande artère commerçante de Mexico. Selon Joëlle Stolz, correspondante du Monde, aucun responsable politique n’a pris langue avec eux, pas même le sous-commandant Marcos, présent dans la capitale depuis le mois de mai [71].

Arme de paysans, la nudité est aussi arme de travailleurs. En 2003, le syndicat des balayeurs contractuels de Chandigârh (Inde) déclenche une grève contre le licenciement de quarante d’entre eux. Trois balayeurs manifestent nus. Deux sont arrêtés par la police pour obscénité, le troisième parvient à s’enfuir, sans doute provisoirement puisque les dépêches d’agence donnent son identité et son lieu de résidence [72].

Toujours en Inde, à Imphal capitale de l’État de Manipur, des dizaines de femmes manifestent, complètement nues, le jeudi 15 juillet 2004, après la découverte du corps d’une femme de 32 ans, Thangjam Manorama, enlevée par des militaires puis violée et assassinée en manière d’intimidation contre les groupes séparatistes qui agitent la région. Des centaines de femmes envahissent le quartier général de l’Assam Rifles (régiment d’infanterie légère d’Assam) tandis que les manifestantes nues brandissent des banderoles proclamant : « L’armée indienne nous viole », « L’Armée indienne nous prend notre chair ». Dans un contexte insurrectionnel où le viol est un moyen de répression, le recours pour les femmes à la nudité est une arme parmi d’autres, qui n’exclut pas le recours à la violence. Trois jours après la manifestation nue, des centaines de femmes envahissent une demi-douzaine de bâtiments officiels auxquels elles mettent le feu [73].

En janvier 2004, une vingtaine de détenues manifestent nues sur le toit de la prison de Guayaquil (Équateur) criant qu’elles sont détenues depuis plus d’un an et réclamant d’être jugées ou libérées [74].

Le 24 septembre 2001, une trentaine de femmes entièrement nues parcourent les rues de Brikama (Gambie) en scandant des incantations dirigées contre l’opposition, à laquelle elles attribuent le sacrifice rituel d’un chien, découvert enterré dans un drap de satin blanc. La nudité des femmes est ici utilisée dans une compétition magique pour attirer la malédiction divine sur l’adversaire qui a déclenché un tel bouleversement des mœurs. Comme un journaliste présent sur les lieux tente d’interroger l’une des femmes, il s’attire pour toute réponse le reproche d’assister à un spectacle qui n’est pas de son âge. Bien que public, on voit que l’événement balance, dans l’esprit même de ses auteures, entre cérémonie traditionnelle et manifestation de rue [75].

Repartons en Afrique, pour y observer - comme au Mexique - l’incarnation d’un lien entre le corps et la terre, le territoire, auquel on arrache des femmes et des hommes. Paysans sans terre, villageois déplacés, ils sont comme des cadavres, laissés nus sur la terre nue, corps sans sépulture, honte pour un peuple qui les abandonnerait aux charognards. Nous voici dans le Sud-Est du Kenya, où se déroule une scène de genre pour reportage animalier : douze scientifiques (la couleur de leur peau n’est pas connue) sont occupés au recensement d’une population de singes, d’une espèce en danger. L’opération précède et prépare la constitution, sous l’égide de la Banque mondiale, d’une réserve destinée aux primates. C’est alors qu’une foule de plus de 300 femmes en colère (on peut supposer qu’elles crient), et complètement nues, courent sus à la petite équipe, laquelle note sobrement le Guardian, « abandonne son matériel et fuit ». La colère des femmes de Baomo s’explique par le fait que leur village se trouve sur le territoire de la future réserve ; elles font ainsi partie des 2 000 familles (dûment recensés elles-aussi) qui doivent être « déplacées ». Ça n’est pas le premier incident violent qui oppose les habitants réfractaires aux autorités. Cette fois, selon le chef de la police locale, ses hommes ont dû tirer à balles réelles, mais « au-dessus de la tête » des femmes, pour les faire reculer Je me pencherai, pour en terminer, sur le titre qu’a choisi le journaliste du Guardian : « Naked women go ape at monkey study [76] ». Ce que nous pouvons traduire ainsi : « Des femmes nues se mettent en rogne (to go ape) contre une étude sur les singes ». Il saute aux yeux que ce titre est mensonger. Mais la raison d’être de ce mensonge n’est pas de retarder la découverte de la politique discutable de la Banque mondiale ; il vise à suggérer une association d’idée, laquelle repose sur le fait que le mot ape désigne... un grand singe. La formule peut donc, en rétablissant les éléments implicites pour le lecteur supposé « blanc », « civilisé » et de préférence de sexe mâle, se dérouler de la manière suivante : « Des femmes noires, nues, se transforment en gorilles dangereux pour protester contre une étude portant sur leurs semblables ». Autrement dit encore : on constate, pour peu qu’elle se débarrasse des oripeaux de la colonisation missionnaire, que dans sa vérité nue la femme noire est restée proche du singe, auquel elle dispute d’ailleurs son territoire. Et c’est ainsi que les femmes de Baomo, non loin de la rivière Tana, qui prend sa source sur le mont Kenya, firent - en retirant leurs pagnes, geste qui vaut bien un battement d’ailes de papillon - tomber le masque humaniste post colonial d’un chef de rubrique portant cravate, dans un bureau de Londres, à des centaines de milliers de kilomètres de là. La civilisation du corset n’en finit pas d’exsuder sa crainte haineuse du corps nu, libre et « sauvage ».

Il arrive que la seule menace de la dénudation, notamment de la part de femmes, soit considérée comme suffisamment redoutable dans le contexte culturel africain. En juillet 2003, environ 600 femmes, âgées de 30 à 90 ans, vivant dans le delta du Niger, ont occupé une installation pétrolière de Chevron Texaco, et retenu les employés de quatre nationalités qui s’y trouvaient, afin d’obtenir l’embauche de leurs fils et l’emploi d’une partie des bénéfices de la compagnie au développement local. Les occupantes avaient averti qu’en cas d’intervention contre elles des policiers et des soldats appelés sur le site, elles se mettraient nues. Helen Odeworitse, porte parole des femmes, expliquait que, en raison de croyances ancestrales, cette menace ne serait pas prise à la légère. Beaucoup de manifestantes ayant le même âge que les mères des soldats, être confrontés au spectacle de leur nudité n’aurait rien à voir avec « un film érotique » mais serait pour eux « une abomination » qui les couvriraient de honte. En août de la même année ce sont 300 femmes qui occupent une installation de la Shell après en avoir chassé les policiers qui la gardaient et usent de la même menace à leur égard [77] . Pareillement, en juillet 2003, les habitants d’une petite ville du Népal ont menacé de marcher nus sur la capitale Katmandou si les pourparlers de paix entre le gouvernement et la rébellion maoïste ne reprenaient pas dans un délai d’une semaine [78].

La nudité peut encore apparaître dans un registre festif puis tourner au drame en fonction des réactions de la société. Un incident particulièrement significatif marque, en février 2003, le Forum social mondial de Porte Alegre (Brésil), municipalité considérée par la scène dite « altermondialiste » comme un laboratoire du réformisme utopique trotskisant. Dans le camping installé pour les milliers de participant(e)s, une jeune femme appartenant à la minorité indienne Mapuche est importunée et arrêtée par des flics alors qu’elle se douche dans les installations en plein air prévues à cet effet. Nous sommes, souvenons-nous en, dans le même pays où l’on s’exhibe en riant pour le droit de se baigner nue. Le soir même, une manifestation de plusieurs centaines de personnes, dont un grand nombre se sont dénudées, proteste contre l’action policière. Sur l’une des photos transmises à l’époque par Indymédia sur Internet, on voit au milieu d’une foule une jeune femme nue, criant sa colère, la main droite levée, un doigt tendu dans une geste de malédiction, sa peau brune éclairée par la lueur des torches. Elle porte ses vêtements sur son bras gauche. On remarque un homme, torse nu, légèrement en retrait par rapport au cortège ; il a tendu le bras et touche le flanc de la jeune femme, assez pour que son index y laisse, à l’instant même où le photographe appuie sur le déclencheur, une trace en creux. Le geste n’est pas violent au sens « coups et blessures », la jeune manifestante ne l’a d’ailleurs pas (encore) remarqué, tant son regard et son attention sont braqués - on peut le supposer - sur les flics qu’elle conspue. C’est plutôt le geste d’un mâle incrédule, probablement confronté pour la première fois de sa vie à la nudité publique d’une femme, qui de surcroît ne s’intéresse nullement à lui. C’est aussi la manifestation banale d’une violence machiste de « basse intensité », dont les meurtres domestiques et le viol sont l’acmé. S’y ajoutent les violences commises par miliciens et gens d’armes au service de l’État. À Porto Alegre, ce soir-là, les charges de la police à cheval contre des femmes et des hommes nu(e)s et désarmé(e)s allaient en donner un nouvel exemple, sans que les organisations politiques soutenant le FSM jugent utile de rendre publique une indignation qu’elles ne partageaient peut-être pas.

En 2003, à Santiago du Chili, 300 femmes et hommes participent, nu(e)s, à un rassemblement dans un parc de la ville, contre la guerre en Irak. Ignorant l’interdiction de défiler, ils déjouent la surveillance policière et se dirigent vers le Palais présidentiel [79]. On utilisera contre eux des canons à eau, dont la dénomination presque plaisante ne doit pas faire illusion ; c’est le terme « canon » qu’il faut retenir. L’eau projetée à haute pression, souvent additionnée de substances irritantes et/ou de peinture, peut renverser une personne adulte, et la blesser d’autant plus sûrement qu’elle est nue.

Le nu adjuvant. Ici, la nudité est un moyen supplémentaire. Elle permet d’attirer l’attention des médias et/ou vise à mettre en porte-à-faux un adversaire dont on escompte qu’il n’osera user de violence physique, notamment contre des femmes nues. La première préoccupation est certainement commune à toutes les manifestations évoquées dans ce chapitre, y compris parmi celles déjà citées dans d’autres catégories et dont je ne donne que quelques exemples supplémentaires qui contribueront à illustrer la variété des cibles visées : des étudiant(e)s manifestent nu(e)s dans la rue contre la réforme universitaire espagnole (université de Saint Jacques de Compostelle ; AFP 11 décembre 2001) ; pendant l’été 2003, des intermittent(e)s du spectacle dont certain(e)s sont nu(e)s pratiquent quotidiennement une espèce d’exercice de « cri primal », long hurlement public dans les rues d’Aurillac et de Châlon ; d’autres montent sur le toit de la Direction régionale des affaire culturelles de Lille (Libération, 17 septembre 2003) ; des étudiants allemands interviennent au Festival du film de Berlin pour protester contre des réductions budgétaires (février 2004) ; des manifestant(e)s nu(e)s protestent contre la Convention républicaine au Madison square Garden (New York, 2004).

Quant à la seconde préoccupation tactique, je me souviens d’avoir assisté, lors de l’un de ces meetings plus ou moins unitaires de l’extrême-gauche, fréquents dans les années 70 du XXe siècle, à une action des militantes du Mouvement de libération des femmes (le MLF, avant qu’il soit déposé comme une marque commerciale). Celles-ci voulaient atteindre, pour y prendre la parole, la tribune de la grande salle du Palais de la mutualité, à Paris, gardée par le service d’ordre de la Gauche prolétarienne maoïste. Elles se mirent nues et franchirent sans encombre le barrage de costauds en blouson de cuir, surtout préoccupés de ne pas les toucher.

Si la nudité est un pari sur l’hésitation de l’adversaire à user de la force, c’est un pari doublement risqué. D’abord parce que la réaction de l’adversaire n’est pas toujours prévisible, ensuite du fait que la nudité multiplie les risques d’atteintes corporelles dans certaines situations. C’est ce qu’ont vérifié un jeune homme et une jeune femme qui occupaient, nu(e)s, un séquoia géant promis à l’abattage dans les collines de Humboldt (USA). Ils en sont violemment délogé(e)s par la police en novembre 2002 ; l’ensemble des techniques de violence policière étant utilisées contre eux (étranglement, cheveux arrachés, menotage), y compris dans l’arbre, à plusieurs mètres du sol [80]. En l’espèce, non seulement la nudité des manifestants n’inhibe pas la violence utilisée contre eux, mais on peut se demander si elle ne joue pas au contraire le rôle d’un excitant, de nature sexuel, suscitant ou facilitant une violence de rétorsion.

J’ai sous les yeux une photographie publié en février 2000 ; on y voit deux jeunes femmes qui s’enchaînent à la porte du tribunal de Bilbao, tandis qu’un vigile tente de les repousser. L’une est torse nu, l’autre n’a conservé que ses chaussures et ses chaussettes. Le magazine 20 ans (rédigé par des hommes pour des jeunes femmes) qui publie le cliché, ne date pas cette action, dont il est indiqué qu’elle veut protester contre les violences faites aux femmes. On devine que la jeune femme entièrement dénudée porte sur le dos et les fesses des inscriptions en rouge, malheureusement illisibles du fait qu’elle est photographiée de profil. On précisera que l’articulet adjacent, titré « Sous les pavés la plage naturiste », est d’une assez plate vulgarité misogyne. Il y est question de « jeunes filles à fort tempérament et à petites poitrines », formule de petite envergure paradoxale, induite par la manie masculine assez écœurante d’évaluer et si possible de soupeser la viande, de surcroît discutable en l’occurrence, l’une des manifestantes arborant une poitrine très menue, et l’autre non. Peut-être s’agit-il simplement de rejoindre la vieille hypothèse antiféministe qui voit dans une carence de « féminité » - ici attestée par des seins prétendument « petits » - la cause d’une révolte contre l’ordre patriarcal [81].

Le nu calicot. Entièrement ou partiellement dénudé, le corps se fait banderole et calicot, que chacun(e) porte un slogan entier ou une lettre d’un mot. En juin 2002, des manifestant(e)s reprochent à la firme d’habillement GAP de faire fonctionner des « usines à sueur » dans le tiers-monde. Ils manifestent à Calgary (Canada) ; chacun(e) porte l’une des lettres du slogan « BOYCOTT GAP [82] ». En 2003, des étudiantes de l’Université de Colombie-Britannique (Canada) protestent, seins nus, contre la donation par des entreprises privées de 240 millions de dollars de matériel informatique, dont elles estiment qu’elle lie l’université à ces firmes et encourage le gouvernement dans sa politique de restrictions budgétaires. Elles portent à même la peau, sur la poitrine et dans le dos, un slogan qui vise le Premier ministre de la province : « Avec Campbell, j’y laisse ma chemise [83] ! » Une jeune femme enceinte, militante bolivienne du groupe Mujeres creando (Femmes en train de créer) - dont l’appellation est, en l’espèce, singulièrement pertinente - porte sur son ventre bombé et dénudé la formule suivante : « Aucune femme n’est née pour être pute [84] ». Lors de la marche parisienne des fiertés homosexuelles, en 2005, un homme défile le torse nu barré d’un triple défi « Je suis gros. Je suis homosexuel. Je vous emmerde. »

Je mentionnerai encore ici l’importante production ironique et obscène qu’a entraîné le second mandat de George W. Bush ; la nudité n’y est pas toujours utilisée, mais elle affiche au moins symboliquement une partie cachée du corps féminin. En effet, le mot bush signifie « touffe » en argot et désigne le sexe de la femme. Cette coïncidence a fourni le prétexte à d’innombrables initiatives. C’est ainsi que l’on pouvait croiser dans les rues des grandes villes américaines, des femmes arborant un tee-shirt frappé de l’inscription suivante : « Ma touffe est un meilleur président ! » (My bush is a better president [85]). On pouvait également acquérir via Internet, des petites culottes portant des slogans hostiles à G. W Bush (ou favorables à Kerry, son challenger [86]). Une culotte porte la simple mention good bush, tandis qu’une autre affiche la photo du président, sous-titrée Bad Bush. Des militantes pacifistes ont créé une troupe de french cancan baptisée The Bushwhackers (les Maquisardes) et se produisent en culottes brodées de slogans anti-Bush [87]. Lors d’une manifestation organisée par des anarchistes de Phœnix (Arizona) à l’occasion d’une visite du président, en janvier 2004, des militantes entonnent un chant anti-Bush : « Ma touffe est meilleure, elle est duveteuse comme un tricot ; l’idée de révolution me fait mouiller [88]. »

Le nu graphique. Peut-être inspiré par les techniques de danse aquatique utilisées dans les grandes productions hollywodiennes, le procédé consiste à dessiner les lettres d’un mot avec un ou plusieurs corps dénudés. On en connaît au moins un exemple, à la fin des années 60 du XXe siècle : celui du Living Theatre. Il indique probablement le début d’une course, qui n’a pas pris fin, entre des artistes « contestataires », qui souhaitent présenter et promouvoir des techniques corporelles différentes, et le spectacle commercial qui fait du nu comme on en faisait sur les cartes postales cochonnes de la dite Belle Époque. La réunion, dont les minutes ont été recueillies et établies par Jean-Jacques Lebel, se tient à Genève, le 18 août 1968, après un festival d’Avignon qui a servi de rendez-vous à beaucoup des barricadiers de mai. C’est Julian Beck, l’un des principaux animateurs de la troupe avec sa compagne Judith Malina, qui parle :

« Revenons à Paradise Now ; il faut revoir la manière dont nous écrivons le mot ANARCHISME, sur scène, avec nos corps. Je vous met en garde : les sous-vêtements, ça n’a l’air que de sous-vêtements, même sur scène. Certains se déshabillent volontiers davantage que d’autres, et je voudrais encourager le plus de nudité possible. En Amérique, il y a des pièces où les acteurs jouent beaucoup plus nus que nous. Il y a moins de censure ; même à Brodway, il y a cette comédie musicale, Hair [dans la version française, les acteurs apparaissaient nus une seconde]. La nudité est liée au voyage paradisiaque de chacun. Théâtralement, au sens conventionnel du mot, ça la fout mal de voir des caleçons, des maillots de bain, des combinaisons. J’espère que vous comprenez, nous sommes tous collectivement responsables de cette pièce [89]. »

Ces difficultés, exprimées par J. Beck de manière franche mais presque comique aux yeux du lecteur d’aujourd’hui, n’empêchèrent pas certains secteurs de la jeunesse contestataire (et de l’opinion de gauche) d’associer le Living avec la dénudation, voire avec l’orgie. En témoigne l’anecdote rapportée par Jean-Paul Sartre, que reproduit J.-J. Lebel : un chargé de cours à la faculté de Nanterre fait travailler ses étudiants sur le théâtre contemporain. Sera-t-il question de Brecht ? Ils ne veulent pas en entendre parler, mais réagissent positivement à la proposition de traiter du Living :

« Pourquoi pas ? [...] Mais le Living Theatre, on ne le commente pas : on le fait. Et ils ont commencé à se déshabiller. Eh bien, a conclu le professeur en se retirant, vous n’avez pas besoin de moi.

« Je tiens à préciser [dit Sartre] que ce chargé de cours était très populaire : la scène que je viens de rapporter n’était pas dirigée contre lui. Mais il ne faudrait pas non plus y voir je ne sais quel tumulte sans rime ni raison. Ici s’oppose clairement deux conceptions de la culture, dont l’une reste malgré tout très théorique et dont l’autre, obscure encore, a une signification pratique. Les étudiants voulaient bien apprendre le Living Theatre, mais pour eux, cela signifiait apprendre à faire [90]. »

À supposer que son informateur n’ait pas abusé la crédulité du philosophe comme un Samoan celle de Margaret Mead, la question demeurait posée : apprendre à faire quoi ? L’amour ? C’est ce que la dérobade du professeur laisse à penser. Mais pourquoi, si l’on suppose « rime et raison » à ce tumulte, privilégier le cours de théâtre pour cet enseignement mutuel ? On se risquera à contredire l’hypothèse sartrienne en suggérant que le lien logique, la signification pratique commune au théâtre, à l’idée que se faisaient ces étudiants du Living Theatre, et au fait de se déshabiller n’était pas « apprendre à faire » plutôt qu’à dire, mais apprendre à voir et par la vue. Apprendre le langage du corps, l’écriture du chœur ou chorégraphie, c’est précisément apprendre le théâtre, qui est d’abord thea, « action de regarder ». Ce que J. Beck ressentait et exprimait bien : « Théâtralement, au sens conventionnel du mot, ça la fout mal de voir des caleçons ». Les femmes et les hommes qui dessinent de leurs corps des messages - toujours en majuscules - créent un théâtre double en donnant à lire un texte et à voir le corps de ses lettres [91].

La guerre contre l’Irak déclenchée par les États-Unis a suscité un très grand nombre de manifestations utilisant le nu graphique : le 7 février 2003, 30 femmes nues dessinent le slogan NO BUSH dans la neige de central Park à New York [92] (USA) ; le lendemain 8 février 2003, plus de 700 femmes australiennes nues forment les mots NO WAR (BBC News) ; 100 femmes nues dessinent le mot PEACE sur une plage californienne (CNN). On dessine aussi, un peu partout dans le monde, le signe de la paix et, à San Francisco, le slogan hippie MAKE LOVE NOT WAR. Des sites Internet recensent et publient les photos de dizaines d’actions similaires [93]. Le nu graphique sert aussi à protester contre un sommet de l’Organisation mondiale du commerce (World Trade Organization, WTO) : 29 militant(e)s nu(e)s dessinent NO WTO sur le sable d’une plage proche de Cancun (Mexique [94]). En octobre 2003, à Wellington (Nouvelle Zélande), des manifestant(e)s nu(e)s dessinent le slogan délibérément dramatique : NO GM RAPE, c’est-à-dire « Non au viol par les OGM ». Ils avaient été précédés en juin de la même année par des militant(e)s anglais(es) se contentant d’un sobre NO GM. Or cette prise de position anti-OGM déclenche une réplique, à l’aide du même procédé de nu graphique, de la part de la secte Rael. Ce sont pas moins de 300 affilié(e)s de la secte qui dessinent un long « I LOVE GM ». Les raélien(ne)s ont compris le parti médiatique qu’ils pouvaient tirer de ce mode d’expression. Le Monde a publié une photo, datée de 2003 et sévèrement sous-titrée « Exhibition de raéliens », où une cinquantaine d’hommes et de femmes dessinent un cœur, couché(e)s nu(e)s dans une prairie [95]. Il arrive que la nudité raélienne ne soit qu’une promesse. La secte annonce une marche de « raéliennes », les seins nus, le 8 mars 2004, « journée internationale de la femme », en manière de protestation contre « le mythe de Dieu » et pour réaffirmer la libre sensualité féminine contre toute répression religieuse. Séduisant programme dont la mise en œuvre souffrira peut-être d’un excès de prudence : une demi-douzaine d’affiliées défilent tristement, le corps entièrement « gazé » - comme l’on disait dans les romans libertins du XVIIIe - de tulle rose ! Où l’on vérifie, au cas où la nécessité s’en serait fait sentir, que la nudité (ou son fantôme) peut être mise au service de toutes les causes, lesquelles peuvent être embrassées jusqu’à étouffement par d’étranges appétits.

Revenons un moment sur le mouvement antiguerre aux USA. Un groupe de femmes du comté de Marin, à l’ouest de la Baie de San Francisco nous donne de précieuses informations sur la composition d’un groupe d’activistes qui n’étaient pas des militantes expérimentées avant de se rencontrer par affinités, autour de leur commun désir de manifester contre la guerre en Irak. Ces femmes, qui avaient réunies 200 manifestantes en novembre 2002, ont choisi de se désigner comme Unreasonnable Women Baring Witness, soit à peu près « Les Femmes exagérées qui témoignent nues [96] ». Donna Sheehan, l’une des animatrices du groupe, indique la composition de son noyau : sept serveuses de restaurant (indice d’un recrutement par cooptation amicale), une doctoresse en philosophie, quatre travailleuses sociales, deux médecins. Seules deux d’entre elles se définissent comme d’anciennes activistes radicales des années 1960 ; aucune ne pratiquait le nudisme avant de rejoindre le groupe. D. Sheehan évoque la dénudation comme « un geste sémaphorique désespéré face à l’indifférence des médias dominants à l’égard du mouvement antiguerre [97] ». Le titre de l’article qui retranscrit ses propos évoque le renouvellement créatif, par la dénudation, des manifestations silencieuses (vigils). Or aucun(e) militant(e) ne songerait à associer le nu graphique à l’idée de manifestation « silencieuse » (triste, endeuillée), tant la nudité des corps dessinant des slogans est doublement parlante, bavarde même, et joyeuse.

Le nu pornographique. « Nous croyons qu’il est possible d’utiliser le besoin de sexualité des gens comme un moyen de réunir des fonds pour la nature », peut-on lire sur le site Internet du groupe Fuck For Forest (FFF), que l’on peut traduire par « Foutre pour la forêt ». Une fois postulé un « besoin de sexualité », en tirer profit n’est pas exactement une idée neuve, mais il s’agit d’utiliser l’argent gagné pour une bonne cause, le « porno environnemental ». Les « performances » du couple de promoteurs (Leona, 21 ans ; Tommy, 28 ans en 2005) ont davantage défrayé la chronique que séduit les activistes écologistes. Force est de constater que les fouteurs pour la forêt ont une vision assez stéréotypée de l’érotisme. Rien d’étonnant à cela, puisque leurs exhibitions sont soumises aux contraintes de la pornographie classique : le spectateur doit (bien) voir ce qu’il paye. Du coup, pour l’essentiel, foutre consiste, pour les filles, à sucer des verges et à se faire pénétrer par derrière, soit les positions les plus adaptées au plein air. « Je travaille pour FFF », dit une fille, forcément jeune et plutôt bien faite, en cessant un instant de lécher un phallus en érection [98]. Tommy a foutu Leona en public, sur la scène d’un festival rock norvégien, en 2004, ce qui leur a valu un procès et de la publicité. Sur les photos, Leona a les yeux fermés et la bouche grande ouverte (on veut croire qu’elle hurle de plaisir) tandis que Tommy la besogne avec une application qui imprime à ses lèvres un rictus assez déplaisant, comme l’est son geste de victoire, bras levé, sur un autre cliché [99]. On vérifie par ce nouvel exemple que l’usage de la nudité et même de l’érotisme pour une cause supposée « juste » ne requiert ni n’entraîne une réflexion critique sur les normes de la beauté, la vision machiste de la sexualité et la manière de représenter l’érotisme. « Désespérée... la jeunesse fait ce qu’elle peut », lit-on sur le site de FFF. Elle pourra toujours faire de l’art : les FFF ont été invités, en 2005, par le Studio national des arts contemporains de Tourcoing pour son exposition annuelle Panorama 6 [100].

Interrogé sur la dimension collective de la masturbation revendiquée sur un site Internet comme affirmation du refus de la guerre en Irak, l’historien Thomas Laqueur, dont le livre Le sexe en solitaire devait être publié en France deux ans plus tard, répondait en 2003 : « Je pense que le genre de protestation que vous décrivez va juste un peu plus loin sur le chemin des love in des années soixante ou des “Make love not war”. “Je me masturbe pour la paix” me semble être une expression assez habile de maîtrise de soi et d’intériorité avec lesquelles on rejette les demandes de l’État et de la société d’aller faire la guerre ; c’est un geste politique sous la forme d’une démonstration publique d’individualisme [101]. » Peut-être mal renseigné, Laqueur semble croire que des activistes ont appelé à des séances de masturbation publique. À ma connaissance au moins, il n’en est rien. Le site baptisé Masturbate for peace a pour devise « Utiliser l’amour de soi pour mettre fin au conflit ». Celle-ci se décline en slogans humoristiques tels que « War can wait, masturbate ! » (sur une affiche représentant un soldat) ou bien pastiche le slogan des années 60 « Give peace a chance », qui devient « Give peace a hand ». Le procédé technique par lequel le geste de se masturber peut contribuer à mettre fin à la guerre, selon les promoteurs du site, est à la portée de tout le monde : « Pensez simplement à la paix quand vous vous masturbez ». La masturbation prend donc la place de la récitation et de l’égrenage du chapelet dans une forme à peine modifiée de la prière. L’association entre un rite - ici le plaisir solitaire - et une « bonne pensée » est supposée pouvoir modifier le réel. Voilà qui atténue beaucoup l’espèce de provocation à l’insoumission que certains slogans pouvaient laisser deviner. Quant à la masturbation en public, cher au cynique Diogène, nos pacifistes « ne la conseillent pas » puisqu’elle est interdite et risquerait de bouleverser le chaland [102].


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 Pourquoi plus d’un milliard d’êtres humains n’ont-ils pas accès à l’eau ?

En dépit des engagements répétés de la communauté internationale, l’accès à l’eau n’est toujours pas assuré pour des quantités croissantes d’êtres humains. Si rien ne change, la moitié des habitants du monde risque de manquer d’eau dans 20 à 30 ans. Symbolisant cruellement les inégalités qui déchirent la planète, l’accès à l’eau sera l’un des enjeux majeurs pour l’humanité au 21ème siècle. Les solutions existent. Mais le capitalisme dominant n’a que faire de la pauvreté et de l’accès à l’eau. Jamais peut-être la démonstration n’en aura été aussi aisée à établir.

A l’approche de la Journée mondiale de l’eau, qui se tiendra le jeudi 20 mars 2008, et non le 22 mars comme c’était l’usage depuis 1993, la communauté internationale va renouveler ses engagements de « tout faire » pour apporter des réponses à un scandale mondial majeur : le manque d’accès à l’eau et à l’assainissement, qui affecte respectivement 1,1 et 2,6 milliards d’êtres humains. Ceci d’autant plus que 2008 a aussi été consacrée par l’ONU « Année internationale de l’assainissement ».

Mais sous les discours empreints de compassion affleure une autre « vérité qui dérange ». Loin de se résumer à l’humanitaire, la question de l’eau est d’abord politique. Elle renvoie directement aux inégalités qui déchirent la planète. Ce sont les choix et les arbitrages auxquels procèdent gouvernements et collectivités qui sont à la source de ce véritable déni d’humanité qu’imposent sur toute la planète les dominants aux dominés.

Ressources, consommations, pertes : une inégalité d’accès structurelle Retour à la table des matières

Cette précieuse ressource semble pourtant abondante. Environ 40 000 km3 d’eau douce s’écoulent chaque année sur les terres émergées. La consommation en eau s’élevant à environ 30.000 km3 par an, il devrait être possible de fournir 7000 mètres cubes d’eau à chacun des 6 milliards et demi d’individus vivant sur Terre. Il faut toutefois noter que l’intégralité de ces ressources ne sont pas mobilisables car cela s’effectuerait au détriment des milieux aquatiques, qui jouent un rôle fondamental pour la qualité des milieux ou l’épuration.

Par ailleurs, ces réserves sont réparties de façon très inégale à la surface du globe. Neuf pays seulement se partagent 60 % des réserves mondiales d’eau douce : le Brésil, la Russie, le Canada, la Chine, l’Indonésie, les Etats-unis, l’Inde, la Colombie et le Pérou. L’Asie, qui concentre près de 60 % de la population mondiale, ne dispose que de 30 % des ressources disponibles en eau douce.

En fait les ressources moyennes par pays et par habitant varient par exemple dans une proportion de 1 à 20 000 entre les Emirats du Golfe et l’Islande. Le manque d’eau est structurel dans le vaste triangle qui s’étend du Maroc au Soudan et au Pakistan, soit plus de 20 pays d’Afrique du Nord, du Proche et du Moyen-Orient et de l’Asie centrale. Chaque habitant y dispose en moyenne de moins de 1 000 mètres cubes d’eau douce par an, une situation dite de "pénurie chronique".

Par ailleurs le gaspillage croît avec le niveau de vie des populations, les nombreux équipements qui apparaissent dans les foyers facilitant l’usage de l’eau. Les Européens consomment aujourd’hui 8 fois plus d’eau douce que leurs grands-parents pour leur usage quotidien. Un habitant de Sydney consomme en moyenne plus de 1 000 litres d’eau potable par jour, un Américain 600 litres, et un Européen de 100 à 200 litres... alors que dans certains pays en développement, la consommation moyenne par habitant n’atteint qu’une vingtaine de litres par jour.

Il faudrait aussi impérativement réduire les pertes considérables enregistrées sur les réseaux des pays pauvres, quand ils existent, pertes qui peuvent atteindre jusqu’à 50% de l’eau mise en distribution ! Aujourd’hui, seuls 55 % des prélèvements en eau sont réellement consommés. Les 45 % restants sont soit perdus, par drainage, fuite et évaporation lors de l’irrigation, ou par fuite dans les réseaux de distribution d’eau potable.

L’accès à l’eau : une question politique Retour à la table des matières

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a publié en janvier 2008 les résultats d’une étude réalisée par deux de ses chercheurs, qui propose un nouveau chiffrage des investissements qui devraient être effectués à l’échelle de la planète, d’ici à 2015, afin de fournir de l’eau potable et des services d’assainissement à la moitié de la population mondiale qui en est encore privée. Soit respectivement la moitié des 1,1 milliards d’êtres humains qui n’ont pas accès à l’eau potable, et la moitié des 2 ,6 milliards d’habitants qui ne disposent pas d’un service d’assainissement de base.

Le capitalisme et les pauvres

La nouvelle étude de l’OMS sur le financement de l’accès à l’eau et à l’assainissement

Changement climatique et aide au développement

http://blog.mondediplo.net/2008-03-14-Pourquoi-plus-d-un-milliard-d-etres-humains-n-ont


Manger sain ? Plus facile à dire qu'à faire

Pouah !" lâche le docteur Laurent Chevallier en parcourant les rayons du supermarché. Ce nutritionniste, qui vient de publier Impostures et vérités sur les aliments (Fayard), a accepté de nous aider à remplir notre chariot en déjouant les pièges de la malbouffe. Objectif : santé. Il ne s'agit pas seulement de manger moins gras, moins sucré, moins salé, mais aussi de limiter la chimie dans notre assiette. Car, à moins de connaître par coeur les "apports nutritionnels journaliers recommandés" et de comprendre le nom de toutes les substances ajoutées dans les denrées transformées, décrypter la liste des ingrédients qui figurent sur les étiquettes ressemble à une gageure.

Arômes, colorants (E100 à E180), conservateurs (E200 à E297), émulsifiants, épaississants, texturants (E400 à E495), exhausteurs de goût (E620 à E650), agents d'enrobage, édulcorants, stabilisants, pesticides... L'accumulation et l'association de tous ces additifs ont fini par créer, selon le nutritionniste, "des risques non maîtrisés sur la santé". Les enfants s'habituent au goût chimique des aliments, le tout sur fond de progression constante de l'obésité, du diabète et des maladies cardio-vasculaires. "Notre alimentation s'est plus transformée ces quarante dernières années qu'en vingt siècles", résume le docteur Chevallier. Jamais l'offre alimentaire n'a été aussi riche, la conservation des aliments aussi sûre, jamais les emballages n'ont affiché autant d'allégations "santé" ("riche en fer, en calcium", "pauvre en matières grasses", "bon pour la croissance") mais jamais la médecine et le grand public ne se sont autant interrogés sur le contenu de nos assiettes.

DÉSESPOIR AU RAYON PETIT-DÉJEUNER

Au rayon des snacks pour l'apéritif, le médecin passe son chemin. "36 grammes de lipides pour 100 grammes", résume-t-il en montrant une boîte de petits fours au gouda et en fuyant les étagères de chips. Que faut-il prendre ? "Raisins de Corinthe, olives, noix ou petites tomates", conseille-t-il. Au rayon épicerie, seules les huiles de colza, de noix et d'olive extra-vierges trouvent grâce à ses yeux ainsi que les boîtes de tomates entières pelées. Pas question d'opter pour des sauces prêtes à l'emploi, de la purée en sachet ou des mayonnaises allégées. Quant aux soupes industrielles, "bien regarder le taux de lipides".

Au rayon petit-déjeuner, désespoir : les interminables rangées de céréales sucrées, chocolatées, bourrées d'arômes et de sirop de glucose (ou pire : de glucose-fructose) posent, selon lui, "un vrai problème". Quant aux biscuits et viennoiseries industriels, "la liste des ingrédients est beaucoup trop longue pour ne pas être suspecte". Zoom sur un paquet de "brioche tranchée", où l'on explique que les céréales, "dont les brioches", sont la base indispensable de l'alimentation. Commentaire du médecin : "Il est bien indiqué qu'il y a 54 % de farine, mais lorsqu'il s'agit du sirop de glucose, des émulsifiants, des arômes et des colorants, les proportions ne sont plus affichées."

Dans les linéaires de produits frais, le tri est vite fait. Les nuggets et autres "grignotes" de poulet, les bâtonnets de crabe (sans crabe) et les saucisses faussement "100 % pur porc" lui "foutent les jetons" : on ne sait plus ce que l'on mange. Devant l'interminable rayon de yaourts, desserts lactés et margarines, le nutritionniste est radical. Rien de mieux qu'un yaourt nature que l'on aromatisera soi-même. Quant aux margarines, pas la peine de se ruiner dans la "pro-active" à 6 euros : le beurre ou la margarine de base à 2 euros feront largement l'affaire.

Rien ne sert non plus d'espérer affiner sa ligne en choisissant des produits "light". Proposés depuis les années 1980, les produits allégés en sucre ou en matière grasse agiraient comme "des leurres pour le cerveau". "Ils perturbent le contrôle de la faim, peuvent renforcer l'appétit pour le sucré et finalement entraîner une surconsommation alimentaire compensatrice", explique le docteur Chevallier. Bref, pour sa santé, mais aussi pour le porte-monnaie - l'"allégé" est souvent plus cher que l'"original" -, autant mélanger un peu d'eau dans sa vinaigrette si on veut vraiment la rendre plus légère.

En somme, il faudrait "réorienter son alimentation". D'abord, fuir les produits à l'interminable liste d'ingrédients. Ensuite, limiter sa consommation d'aliments transformés : presser ses oranges le matin, aromatiser son yaourt avec une confiture maison, prendre une boîte de tomates entières pelées pour assaisonner ses pâtes plutôt qu'une sauce industrielle bourrée de lipides. Pour les enfants, donner du pain et du chocolat, plus une compote maison pour le goûter, de la viande et du poisson plutôt qu'un "cordon bleu pané", augmenter sa ration quotidienne de fruits et légumes, etc.

Les enfants élevés aux céréales le matin, aux nuggets à midi, aux biscuits fourrés à 4 heures et aux chips et boissons sucrées gazeuses devant la télé seraient les malades de demain. Pour l'heure, certains additifs alimentaires comme les colorants artificiels sont accusés, selon une étude britannique publiée en septembre dans The Lancet, de favoriser l'hyperactivité infantile.

Et ne dites pas au docteur Chevallier que ses recettes coûtent cher. Même en termes de pouvoir d'achat, le consommateur aurait tout à gagner à limiter l'alimentation "complexifiée" et "suremballée". "Que ta nourriture soit ton premier médicament", disait Hippocrate, père de la médecine moderne. Cette phrase n'a pas pris une ride.



OGM : une responsabilité envers les générations futures

Les plantes cultivées par l'homme, comme le blé, le riz, le maïs, ou la pomme de terre, qui représentent plus de 70 % de l'alimentation humaine, ont une longue histoire de domestication. Les travaux menés au cours du XXe siècle ont été effectués en particulier pour protéger ces plantes contre les maladies et pour améliorer leur capacité de production.

De ce fait, une espèce comme la tomate comporte, dans son génome, de l'ordre de 10 % de gènes provenant d'autres espèces, introduits par croisements successifs pour la rendre résistante à divers pathogènes. De même, entre l'ancêtre botanique du maïs, le téosinte, et les maïs modernes, environ 2 % des gènes ont été modifiés, soit environ 1 200 gènes. Ce travail est sans cesse à poursuivre, de nouvelles maladies apparaissant, souvent transportées accidentellement depuis des pays éloignés. Aujourd'hui encore, au niveau mondial, le tiers des récoltes est perdu du fait de ces fléaux.

Les résultats spectaculaires de la biologie moléculaire des plantes obtenus au cours des trente dernières années, en particulier en France, permettent désormais l'introduction des gènes par des méthodes plus rapides, plus efficaces et plus précises que les techniques d'hybridation utilisées auparavant. Deux traits ont été ciblés jusqu'ici par ces nouvelles méthodes, dites transgéniques, qui sont la résistance à des chenilles herbivores (dites phytophages) et à certains herbicides.

Sur le plan mondial, ces méthodes ont été adoptées, comme l'illustre le fait que, en 2006, plus de 100 millions d'hectares de terrains agricoles furent consacrés à des cultures transgéniques. Ce chiffre est en augmentation rapide. Il est remarquable que cet accroissement de production, ainsi que la dispersion locale de pollen et de graines qui en résulte, n'a entraîné aucun effet négatif significatif sur l'environnement ni aucune conséquence dommageable pour la santé humaine ou animale.

Notre propos vise l'avenir de la transgenèse des plantes, bien au-delà des seules résistances (utiles par ailleurs) aux insectes ou aux herbicides. De nombreux laboratoires publics et privés travaillent en effet en ce moment sur l'adaptation des plantes aux contraintes de l'environnement. Contrairement à un animal, une plante ne peut se déplacer pour échapper au manque d'eau ou à une température excessive. Les travaux du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) sur les changements climatiques prédisent une accentuation des phénomènes de désertification, compromettant en particulier les cultures d'espèces faiblement tolérantes à des déficits hydriques.

RARÉFACTION DES RESSOURCES

L'agriculture doit et devra utiliser l'eau de façon parcimonieuse. Les technologies des organismes génétiquement modifiés (OGM) sont maintenant mises en oeuvre pour rendre les espèces cultivées plus résistantes à divers types de contraintes environnementales (déficit hydrique, température accrue, salinité et toxicité des sols, carences en éléments nutritifs, etc.). Grâce aux technologies OGM, un large éventail de possibilités s'ouvre pour contrer les effets néfastes des changements climatiques et de la raréfaction des ressources sur la production agricole. Ceci vaudra, en particulier, pour les pays en voie de développement qui sont exposés à ces dangers et aux fléaux cités.

Notre planète héberge actuellement 6,5 milliards d'êtres humains, et les Nations unies prévoient que nous serons 9 milliards en 2050. Sans progrès spectaculaire en agronomie, il ne sera pas possible de faire face aux besoins nutritionnels d'une telle population. En plus, l'accroissement des besoins en aliments se traduit aujourd'hui par une envolée des prix mondiaux des céréales, occasionnée par le désir d'un mieux-être alimentaire des pays émergents et la désertification de zones cultivées, en Australie en particulier.

Dans le même temps, 5 % des surfaces cultivées sont éliminées tous les dix ans par la croissance des villes et des infrastructures de transport. Les phénomènes de salinisation des terres irriguées s'y ajoutent. L'autonomie alimentaire de la planète est un enjeu majeur, qui ne sera pas résolu de façon simpliste. Il faut nous y préparer, et encourager les recherches et les mises au point d'OGM permettant d'apporter une partie des réponses à ces questions cruciales. Qui plus est, les projets les plus avancés dans plusieurs pays ne sont plus basés sur le transfert de gènes d'une bactérie à une plante, ou d'une espèce sauvage de plante à sa cousine cultivée, mais sur la stimulation, dans la plante elle-même, de ses propres gènes de résistance aux stress.

Plusieurs grands pays développent en ce moment, avec un succès remarquable, ces recherches et leurs applications. La France, malgré une situation de quasi-blocage dans ce domaine, possède des atouts formidables dans ses laboratoires universitaires et dans ceux du CNRS, de l'INRA (agronomie), du Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad) et de l'Institut de recherche pour le développement (IRD), ainsi que dans le secteur semencier. Notre pays se doit à lui-même, et doit à ses futures générations de chercheurs scientifiques et aux populations menacées par la faim dans les décennies à venir, de reprendre un rôle de leader dans le domaine des biotechnologies végétales.


Marie-Monique Robin : «Ne pas prendre les informations scientifiques pour argent comptant»

Auteur d'un livre et d'un documentaire à paraître sur la firme Monsanto, la journaliste Marie-Monique Robin démonte les méthodes de communication et de lobbying du producteur d'OGM. Entretien vidéo en sept parties.

http://www.mediapart.fr/presse-en-debat/l-information-sur-le-web/22022008/marie-monique-robin-ne-pas-prendre-les-information


Un milliard d'humains n'ont pas accès à l'eau

L'ONU consacre jeudi une journée mondiale à l'eau, qui fait défaut à plus d'un milliard d'humains et manquera plus cruellement encore à l'avenir sous la double pression du réchauffement climatique et d'une demande exponentielle de la population mondiale.

Reconduite d'une année sur l'autre, la célébration permet de mesurer l'absence de progrès: à ce jour, un tiers de l'humanité (2,4 milliards d'individus) continue de vivre sans accès à une eau de qualité ni de simples latrines, et chaque jour 25.000 personnes en meurent, essentiellement des enfants.

D'ores et déjà, le septième objectif de développement pour le millénaire adopté en 2002 au sommet de Johannesburg - réduire de moitié d'ici à 2015 par rapport à 1990 la part d'humains privés d'eau potable - est pratiquement hors d'atteinte. Il aurait fallu que chaque année jusqu'à l'échéance, 100 millions de personnes supplémentaires soient équipées, soit 274.000 par jour.

Or l'eau est inégalement distribuée sur la planète, et pour fournir une eau de qualité, il faut en payer le prix. «Globalement, elle est abondante là où il n'y a personne», relève Pierre Chevallier, spécialiste des ressources en eau à l'Institut de recherche pour le développement (IRD): la partie amazonienne du Pérou ou de l'Equateur, peu peuplée, est abondamment arrosée, alors que toute la côte Pacifique, poumon économique et siège des grandes villes, est asséchée, jusqu'au Chili.

Pour Pierre Chevallier, «ça ne va pas s'arranger avec le réchauffement climatique, qui va accélérer les phénomènes d'évaporation et de fonte des glaciers et réduire encore les quantités d'eau disponibles. Et encore moins avec la pression démographique: non seulement la population mondiale augmente, mais aussi les exigences de cette population avec l'amélioration de ses conditions de vie dans les grands pays émergents».

http://www.liberation.fr/actualite/instantanes/chiffre/316306.FR.php


»Banque de semences dans la glace polaire«

Le Spitzberg va abriter une nouvelle banque de semences qui est profondément enfouie dans son sol gelé en permanence. Il s'agit du coffre-fort le plus sûr du monde. Des millions de semences d'échantillons végétaux collectés partout dans le monde y seront stockés, à l'abri du changement climatique, des déluges ou des ravageurs et des maladies. La banque internationale de semences qui a été inaugurée en février est en quelque sorte une véritable »réassurance globale« de la diversité des espèces végétales.





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Courrier des lecteurs

 

 De la démocratie sur la planète Terre

5 janvier, élections présidentielles en Géorgie ; 12 janvier, législatives à Taïwan ; 20 janvier et 3 février, présidentielles en Serbie ; 27 janvier, élections régionales en Allemagne ; 5 février, "super Tuesday" des primaires américaines ; 8 février, législatives en République Tchèque ; 17 février, 1er tour des présidentielles chypriotes ; 18 février, législatives au Pakistan ; 19 février, élections présidentielles en Arménie ; 2 mars, présidentielles en Russie, 9 mars législatives en Espagne ; 9 et 16 mars, municipales et cantonales françaises ; 14 mars, législatives en Iran... j'en ai oublié la moitié, et toute l'année 2008 est du même tonneau que son premier trimestre. Le planning de la démocratie est chargé, est-elle pour autant en bonne santé ? A la lecture du dernier ouvrage de Guy Hermet, L'hiver de la démocratie, ou le nouveau Régime (Armand Colin), on est en droit d'en douter.

Nous serions dans les années 2000 dans la même position que les français du début des années 1780, telle est la ligne force de la théorie de Guy Hermet. On ne jure que par le régime en place, même si celui-ci est condamné, et nous sommes incapables d'imaginer des solutions alternatives, malgré les quelques prémices de changement perceptibles. C'est un peu comme si nous étions aveugles, mais pas complètement sourds. Quelque part, au fond de nous mêmes, nous savons que la démocratie n'a plus de démocratique que le nom. La souveraineté du peuple est devenue une expression taboue, les élites ne prennent même plus la peine de feinter la recherche de l'intérêt général, la démocratie est à court de carburant.

Abandonnant à ses mythes le carré des intellectuels, le Peuple n’adhère plus guère à la fiction du gouvernement de tous et pour tous dont se réclame de plus en plus mollement notre démocratie. Naguère, c’étaient les élus du suffrage universel qui faisaient à tout le moins semblant de dépasser les intérêts particuliers pour servir l’intérêt de tous. A présent, c’est la majorité des électeurs ou des abstentionnistes qui, faute d’imaginer une autre option politique pourtant proche, se donne l’air de vivre dans un Etat de la démocratie tardive dont ils soupçonnent pourtant qu’il ne répond plus à ses prétentions.

Une agonie lente mais inévitable

Par ailleurs Guy Hermet ne promet ni ne parie sur un remplacement de la démocratie à court ou moyen terme. Le lexique va perdurer (dans le livre, G. Hermet propose une analyse assez intéressante des déviations sémantiques, des nouveaux tabous, allant jusqu'à évoquer le "préservatif lexical") mais le sens des mots va changer, et de nouveaux vont apparaître : c'est la novlangue de la gouvernance.

Le débat d'idée, la confrontation, laisse la place au consensus mou issu de la gouvernance. Ce n'est plus l'expression de la majorité qui compte mais la cooptation de ceux jugés "utiles" pour décider, par ceux qui sont parvenus au pouvoir grace à un populisme "bon chic bon genre" dans un régime qui se dirige doucement vers l'agonie. La complexité croissante des affaires publiques rend le système de gouvernement démocratique de moins en moins maniable et de moins en moins efficace. Ce n'est donc plus à la majorité du peuple qu'il faut confier le soin de gouverner, mais à la majorité des personnalités qualifiées en quelque sorte. On constate la technocratisation de la démocratie, avec quelques exemples à la clé : la commission européenne et ses commissaires nommés comme archétype bien sûr, mais plus proche de nous toutes les commissions et conseils mis en place ces dernières années pour parvenir à aboutir sur des consensus, depuis le CAE jusqu'à la commission Attali, commissions qui finalement confisquent le pouvoir au peuple. Et la politique emprunte au management le principe de gouvernance. On irait donc vers une sorte de "gouvernance démocratique", dont Guy Hermet rappelait récemment sur France Culture à juste titre qu'il s'agit là d'une magnifique oxymore.

Pourquoi la démocratie va à sa fin ?

Parce que la démocratie est un régime qui doit sans cesse se justifier, trouver des sources de légitimation, principalement dans les élections. Rappelons qu'il s'agit là d'une acception moderne de l'idéal démocratique, car l'élection était considérée par un certain nombre de penseurs grecs comme une menace pour la démocratie. Les élections risquaient effectivement de voir s'installer au pouvoir les plus beaux orateurs et de menacer la démocratie athénienne qui reposait essentiellement sur le principe du tirage au sort des citoyens amenés à gouverner.

Revenons à nos élections : pour être élu, il faut promettre. N'importe quel candidat à un poste politique le sait, le programme compte beaucoup plus que le bilan. S'il était facile de promettre dans les débuts de la démocratie, la chose est beaucoup plus délicate à l'heure actuelle, notamment parce que la globalisation de l'économie a considérablement réduit les marges de manœuvres des gouvernements nationaux. Ainsi les premières promesses consistaient à élargir le droit de vote. On promet le suffrage universel masculin, puis féminin, puis on abaisse l'âge du vote.

Tout cela ne coûtait pas très cher. Ensuite, on a promis la démocratie sociale : l’assurance- maladie, les pensions de retraite, la sécurité sociale en général. Maintenant, la démocratie arrive au fond du réservoir des promesses réalisables. Le déclin de la démocratie – et ce n’est pas une coïncidence – accompagne la fin de l’Etat-providence.

Interview de G. Hermet, Le Soir, 8/01/2008

Ainsi la fin de l'Etat-providence ne serait pas tant la conséquence de la domination de la pensée néolibérale que la cause. Le néolibéralisme se serait engouffré dans la brèche constituée par l'épuisement de la démocratie sociale. Et comme la démocratie a besoin de se justifier, elle ne peut faire du sur place. Arrivé au terme de ce que l'on peut promettre, la seule solution est d'aller en arrière, d'où le démantèlement progressif des services publics auquel on assiste. Il faut dire que cette conception prend à rebrousse poil le discours anti-libéral classique.

La démocratie connait certes une expansion géographique, comme je le notais en introduction de ce billet, mais cette expansion correspond plus à la volonté des anciens pays démocratiques de voir coûte que coûte leur régime vieillissant s'exporter pour lui faire connaître une seconde vie. Et ce n'est qu'apparence, la démocratie souffrant réellement de son manque de profondeur. Si l'idéal démocratique est toujours vivant, et l'envie de politique est toujours présente (en témoigne les faibles taux d'abstention des derniers scrutins), le régime politique démocratique, en tant que combinaison d’institutions politiques et de pratiques gouvernementales, a sérieusement du plomb dans l'aile.

http://ecosociopo.blogspot.com/2008/02/de-la-democratie-sur-la-planete-terre.html


Le Choléra-morbus à Paris

On nous l’avait cependant annoncé bien longtemps à l’avance ; on nous avait fait suivre sur la carte sa marche rapide et menaçante. Le fléau voyageur n’était plus séparé de nous que par cette mer étroite qui nous ramène et nous remporte, avec la mobilité de ses flots, nos rois rétablis ou déchus. Et pourtant, ce voisinage nous inquiétait moins que ne l’avaient d’abord fait les récits venus des pays lointains, doublement terribles par la distance et par la nouveauté. Tout notre effroi s’était usé sur les premières descriptions de ses ravages, sur les premiers dénombrements de ses victimes. Car le Parisien ne peut pas avoir peur longtemps du mal qu’il ne voit pas, lui qui s’habitue si facilement à ses misères. Et puis, quoi qu’on veuille lui dire, il a foi dans la salubrité de sa ville natale, dans l’air suave et pur que l’on respire depuis l’Estrapade jusqu’à la rue du Rocher, dans la limpidité des eaux que roule la Seine enflée par d’innombrables égouts, dans les émanations bienfaisantes des ruisseaux qui parcourent nos rues. Comme l’épidémie se faisait attendre, il s’est imaginé qu’elle reculait devant nos calembours, nos caricatures et nos patrouilles ; et déjà il l’avait oubliée aussi complètement qu’un enthousiasme de l’année précédente, une émeute du mois dernier, et un scandale de la veille. Rien n’avait donc été dérangé dans notre vie et dans nos habitudes. Tout allait de cette marche incertaine et cabotée qui n’a ni la douceur du repos, ni les distractions puissantes du mouvement. La législation en était au rejet du divorce, le budget à une économie de quinze mille francs, la diplomatie à son cinquante-sixième protocole ; l’art dramatique venait de fermer deux théâtres, et la politique, par un de ces progrès hardis qui caractérisent un grand siècle, était passée tout-à-coup des chapeaux cirés aux chapeaux rouges. Nous touchions à la fin de mars 1832. Nous allions bientôt revoir les feuilles, et ne plus entendre les discussions.

C’était par une de ces belles mais perfides journées du printemps, où les rayons précoces d’un ardent soleil font bouillonner trop tôt notre sang, et nous livrent, tout palpitants de cette chaleur nouvelle, au refroidissement du soir ; temps fécond en rhumes, catarrhes, esquinancies et transpirations rentrées. De plus, c’était quelque chose comme une fête, car nous avons encore conservé du carême, le jour qui en suspend les austérités. Toute la population se répandait avec empressement sur les boulevards, avide de voir, ou plutôt d’avoir vu un de ces travestissements séculaires dont les enfants saluent l’apparition par le vieux cri du carnaval.

Il y avait partout de la gaieté, de l’encombrement, de la poussière, et nulle part de la garde municipale, parce que la police ne reconnaît pas la mi-carême, et que, pour cette fois-là, chacun peut se divertir à ses risques et périls. Au milieu de cette foule joyeuse, allaient et revenaient sans cesse trente ou quarante masques heureux d’être regardés, de se voir montrer au doigt, et semant sur leur passage des propos orduriers qu’on leur avait vendus tout faits. Le ciel était beau, mais il soufflait un âpre vent du nord, un vent à flétrir tout-à-coup sur leurs branches les fleurs naissantes de l’amandier. C’est alors, c’est au milieu d’une multitude épanouie, c’est parmi les rires, les gais discours et les folies bruyantes, qu’une affreuse nouvelle circule parmi les groupes. Heureusement elle venait du Moniteur ; elle arrivait avec un caractère officiel, et l’on avait devant soi quelque temps pour en douter.

Comment pouvait-il se faire en effet que le choléra-morbus, car c’était lui dont on avait proclamé l’arrivée, le choléra dont les derniers actes étaient datés de Londres, du lieu où se tient la conférence, fût venu tout d’un coup s’asseoir à Paris, sans se faire reconnaître à la douane de Calais, sans être annoncé par le télégraphe ? Ce n’est pas, on le sait, avec cette soudaineté que nous parviennent du même pays les ratifications si souvent promises. Le choléra devait avertir le public de sa marche, il était obligé de fournir régulièrement ses étapes, il n’avait pas le droit d’être à Paris. Ainsi parlaient avec une feinte assurance les gens positifs ; et cependant, comme le gouvernement affirmait qu’il avait pris toutes ses mesures contre le fléau, les gens positifs mouraient de peur. Mais ce fut bien pis le lendemain, lorsque les médecins, titulaires de la confiance administrative, publièrent leur charte de santé. Rien au monde n’entretient la crainte comme une nomenclature de préservatifs et de précautions. Chaque minutie du régime préventif ramène incessamment la pensée sur le danger qu’on veut éviter. Le moyen, je vous prie, de ne pas se troubler, lorsqu’on vous recommande surtout d’être calme ? le moyen de ne pas trembler, quand on vous assure que la frayeur tue ? C’est l’action qui distrait ; mais toute l’action de ce moment se reportait sur l’horrible fléau. Chez soi, l’on avait à remplir toutes les prescriptions médicales. Il fallait empuantir sa maison pour la désinfectée, démeubler sa chambre pour l’assainir.

On sentait partout le choléra dans l’odeur sépulcrale du chlore. On le retrouvait dans la ceinture de flanelle, dans les chaussettes de laine ; on s’habillait du choléra. Dehors, vous le rencontriez embusqué au vitrage de chaque boutique, vous menaçant de son gigantesque nom si vous n’entriez pas bien vite acheter des flacons, des sachets, des gants, des pommades, des bonbons, des gâteaux, du vin de rancio, du tabac ; que sais-je ? tout ce dont les magasins voulaient se dégarnir. Puis vous aviez encore la littérature cholérique (je ne parle pas ici de nos romans) étalant ses annonces, offrant de vous raconter pour votre plaisir les voyages de l’épidémie, ses haltes meurtrières, ses différents caractères, et la manière dont on en meurt. De quelque côté qu’il vous plût d’aller, le choléra vous poursuivait : il était dans la conversation commencée du salon où l’on vous annonçait ; il était dans la rencontre de deux amis qui se serrent la main. On ne pouvait pu même l’éviter dans ces entretiens plus doux, plus solitaires, plus mystérieux, où les affaires, les préoccupations, les ennuis et les inquiétudes de ce monde tiennent ordinairement si peu de place. Il planait sur les tendres épanchements, prêt à faire descendre comme une barrière d’airain, entre deux coeurs émus, l’ordonnance qui défend les plaisirs trop vifs ; on aurait voulu alors être marié. Les femmes surtout avaient pris l’épouvante, mauvais signe pour le courage des hommes car, où serait la force de supporter les maux physiques, si elle ne nous venait pas des femmes, de leur exemple, de leurs soins, de leur dévouement ? Aussi était-ce pitié de voir ces lèvres, d’où coulent avec tant de charme les paroles de consolation, et d’espérance, glacées par la crainte et fanées par le camphre ; ces figures pâles et convulsives, ces yeux éteints et hagards, ces fronts, hier unis et lissés comme le blanc ivoire, qui se ridaient à pomper le poison volatil d’un sel ou d’une essence ; de ne plus respirer, auprès d’une femme jolie, au lieu de son haleine embaumée et de sa chevelure odorante, qu’une maussade exhalaison de pharmacie.

Enfin ce fut une grande affaire que la réforme subite de la cuisine. Il n’était si chétif estomac, habitué au régime débilitant, qui ne voulût se corroborer et s’affermir par des viandes succulentes ; pas de toux qui refusât les toniques ; pas de poitrine délicate qui craignit les stimulants ; pendant que les mets proscrits, les aliments frappés d’interdiction, restaient honteusement dans la boutique, et servaient tout au plus à maintenir en bonne santé ceux qui ne pouvaient les vendre.

Ainsi s’occupait à des soins puérils le premier effroi causé par l’apparition du choléra. La fuite aussi s’offrait comme une violente ressource, et déjà le bruit public exagérait le nombre des émigrants. Il semblait que la consommation allait tout à coup s’arrêter, les promenades devenir désertes, les hôtels se dépeupler. Tout un quartier se désespérait en entendant circuler ces mots de sinistre augure, ces mots terribles pour les industries qui s’élèvent jusqu’au luxe : « Les Anglais s’en vont. » Cependant les étrangers peuvent partir, du jour au lendemain, au pied levé, comme un député qui n’emporte avec lui que sa malle et son vote. Mais combien y a-t-il dans Paris d’habitants domiciliés, payant patente ou contribution personnelle, à qui l’intérêt de leur fortune, de leur ambition, les engagements de leur métier, les obligations, je ne dis pas les devoirs, de leur emploi, permettent un départ brusquement résolu, une absence dont on ne peut prévoir la durée ? c’est là le privilège de quelques familles heureusement dotées de loisir et de revenu, pour qui l’Opéra et le bois de Boulogne forment tout l’horizon de la vie. Le plus grand nombre travaille, ne fût ce qu’à la Bourse ; le plus grand nombre est enchaîné par des liens qui forcent à la résidence, ne fût-ce que pour émarger,le dernier jour du mois, une feuille d’appointements. Tant il y a que le sauve qui peut n’entraîna que peu de fuyards. D’ailleurs une autre peur, qui tenait les gens cloués sus place, faisait équilibre avec celle qui les poussait à s’éloigner. On rapportait des exemples de personnes atteintes sur la route, hors de la portée des secours ; et tout le monde ne pouvait pas emmener un médecin dans sa voiture, tenir tout prêt sur les coussins un appareil complet de traitement, et courir la poste en hôpital. La crainte de fuir donna le courage de rester.

Puis vinrent les propos moqueurs, le ridicule qu’ on redoute chez nous à l’égal de la peste, et enfin ces paroles imprudentes ; ces paroles affreuses, jetées étourdiment pour soutenir de faibles coeurs qui défaillent, répétées avec une dédaigneuse confiance, cette sentence si complaisante pour la vanité, qui condamnait à mourir la portion la plus misérable de la population, et exemptait du fatal tribut les classes les mieux partagées.

Et le peuple, direz-vous ? le peuple ; que faisait-il dans ces jours d’agitation et d’épouvante ? Oh ! c’est ici qu’il faut s’étonner et se plaindre ; c’est ici que je ne voudrais plus raconter ce que j’ai vu, qu’il me serait plus agréable et plus facile de vous fournir un de ces tableaux fantastiques où le coloris tient lieu d’observation et de vérité. Qu’a-t-on donc fait, grand Dieu ! à ce malheureux peuple, à ces hommes qui vivent de travail et de souffrance, pour troubler à ce point leur instinct si vif et si prompt, pour égarer ainsi leur raison naïve ? Est-ce donc pour l’amener là, ce peuple de France si spirituel, si fécond en piquantes saillies, rencontrant si juste dans ses jugements spontanés, qu’on l’a proclamé souverain ? Ou bien, à force de se voir toujours trompé, toujours déçu, aurait-il pris de lui-même la résolution d’une incrédulité systématique, d’une défiance entêtée, qu’il applique indistinctement à tout ce qui porte un caractère de révélation, et d’autorité, de mystère et de puissance ? Ce qu’il y a de certain, c’est que le peuple ne voulait pas croire à l’épidémie ; cela était plus aisé en effet que de s’en préserver et de s’en guérir. Il protestait par la débauche contre la venue du fléau, il le défiait dans son ivresse ; il poursuivait de ses railleries la foule timide qui assiégeait les boutiques d’apothicaires ; il en voulait surtout aux médecins, ces prêtres de la croyance matérielle, qui, à leur tour, ne trouvaient plus de foi. La mort seule, avec sa hideuse figure, devait bientôt lui parler ce langage fort et terrible contre lequel on n’a pas encore trouvé de sophismes. Mais, ne pouvant la démentir, il voulut l’expliquer ; et c’est dans les plus atroces combinaisons de la perversité humaine qu’il en alla chercher le commentaire, tant on lui a fait faire de progrès dans cette étude ! il niait le choléra, il accepta le crime comme une cause plus simple et plus naturelle. Il s’imagina qu’un vaste complot d’empoisonnement avait été tramé contre la population indigente, que l’eau des fontaines, le vin des brocs, la viande de l’étal, le pain aussi, ce pain qu’il trempe de sueur et qui l’accompagne dans ses travaux, recevaient chaque jour, d’une main invisible, quelque assaisonnement meurtrier. Ne mêlons pas d’autres torts à cette démence populaire qui a du moins l’excuse du désespoir et de l’ignorance. Oublions, s’il se peut que les haines politiques voulurent en faire leur profit, et qu’au moment où la vengeance du peuple se montrait incertaine, des voix se firent entendre pour lui désigner des victimes. Pour lui, le peuple, il s’était mis sur le pas de sa porte, il rôdait soupçonneux et sombre le long des rues, cherchant partout une figure d’empoisonneur, épiant les regards et les mouvements de ceux qui ne lui paraissaient pas assez sûrs de leur chemin, assez résolus dans leur marche. Malheur alors, malheur à qui conservait l’habitude d’une allure nonchalante, rêveuse, indécise. L’habitant le plus inoffensif de la cité, le flatteur, était devenu suspect. Il y avait danger à prendre du tabac, à manger des pastilles ; à s’arrêter devant les enseignes. Car le peuple n’a qu’une façon d’exprimer sa colère, et il a des milliers de bras pour la servir. N’allons pas plus loin, ne le suivons pas dans ses recherches, n’assistons pas à sa justice ; nous trouverions du sang, des cadavres, et d’horribles mutilations.

Cependant l’épidémie poursuivait sans pitié sa récolte de morts ; et l’on eût dit vraiment qu’il y avait dans la puissance inconnue qui dirigeait ses coups quelque chose d’intelligent et de moqueur, tant elle se montrait prompte à renverser toutes les assertions de la science, à démentir toutes ses prédictions, à nous ôter l’un après l’autre toutes nos espérances, tant elle semblait trouver un malin plaisir à ne pas se laisser comprendre. Ainsi à peine l’avait-on reléguée dans les parties étroites et malsaines de la ville, qu’elle s’établissait aux lieux où l’air trouve le plus d’espace, où les habitations s’étendent le plus à l’aise. On lui livrait la misère ; elle s’emparait aussitôt de l’opulence : on lui abandonnait les corps infirmes et décrépits ; elle se jetait sur la jeunesse et la beauté. Au moins prétendait-on que les enfants n’étaient pas de son domaine, et elle trouvait, dans ces êtres faibles et riants, de la place pour tous ses ravages. Elle confondait les fortunes, elle accouplait les sexes dans la tombe, et levait encore une dîme sur le berceau (1). Que faire donc avec ce mystérieux, cet insaisissable ennemi, qui était partout et ne se révélait que par des atteintes profondes, qu’on ne pouvait éviter ni prévoir ; capricieux dans le choix de sa proie, mais d’un si constant caprice, qu’on l’eût pris pour une volonté ? Des gens simples auraient prié, et peut-être en avait-on bien envie. Car enfin la prière occupe ; elle emploie des mots plus honnêtes et plus nobles que ceux de l’hygiène ; lorsqu’elle n’élève pas l’âme, elle distrait du moins l’esprit ; elle établit un commerce de pensées avec un pouvoir supérieur ; elle fait remonter l’espoir jusqu’à cette source impénétrable des biens et des maux où malgré nous la crainte nous emportait. Mais il manquait à ces velléités de foi suppliante l’encouragement d’un exemple public, d’une manifestation solennelle, et nul n’osait s’y hasarder. Voyez en effet la belle figure qu’aurait faite le gouvernement d’un grand peuple, allant avec sa royauté, ses cours de justice,, son cortége de magistrats, de dignitaires et de guerriers, s’agenouiller pieusement devant les autels où tous les citoyens font sanctifier leurs mariages, réclament l’eau du baptême pour leurs enfants, et la dernière bénédiction pour leurs pères ; unissant toutes ses voix à celle du prêtre, pour demander à Dieu qu’il éloigne de nos têtes ce fléau qui ne vient pas des hommes, et que l’art humain ne peut conjurer ; rappelant ainsi aux malheureux qui souffrent, aux mères qui s’effraient, que, par-delà les ressources de la terre, il leur reste encore un secours ! Vous me direz peut-être que vous ne trouvez là rien de ridicule, rien d’illégal, rien qui soit incompatible avec la liberté, la charte, ou le programme. Ni moi non plus en vérité ; et jusqu’ici aucun pays n’avait cru compromettre sa civilisation en agissant ainsi. Mais la nôtre est plus délicate et bien autrement susceptible ; elle n’accorde rien aux faiblesses du coeur ; elle a peur du qu’en dira-t-on ; et tout ce qu’elle pouvait nous offrir de plus utile, de plus consolant, de plus salutaire dans nos terreurs, c’était le conseil charitable de nous tenir toujours le ventre et les pieds chauds.

Toutefois la religion s’est montrée ; voyant qu’on n’allait pas à elle, elle est venue vers nous ; pour obtenir un meilleur accueil, elle s’est faite infirmière ; c’est un emploi qu’elle connaissait déjà. On lui avait laissé des ruines ; elle les a offertes ; on se serait offensé d’une cérémonie expiatoire ; l’ expiation s’est faite sans bruit, sans scandale, sans reproche. Des malheureux ont gémi, des pauvres ont été soulagés là où s’était assouvie une colère insensée ; le lieu est redevenu saint, et la trace de la violence a disparu. Mais ce n’a pas été sans peine que la religion a pu obtenir sa part de soins et de périls. L’administration est jalouse ; elle craignait qu’on ne lui détournât ses malades, qu’on ne lui débauchât ses mourants. Elle s’inquiétait d’une agonie qui n’aurait point passé par ses mains, ou d’une convalescence, soustraite à sa police. Les révolutions nous font une belle science ! elles nous apprennent à trouver de la perfidie dans la charité, des complots dans une aumône.

Et les jours se passaient bien longs, bien tristes ; les nuits sans amour et sans sommeil. Le matin on déployait en tremblant les journaux ; ce n’était plus pourtant la politique qu’on y cherchait, les émeutes, les débats de la tribune, les nouvelles télégraphiques, les résultats si lents de la diplomatie. Une nouvelle insurrection, s’il en restait à faire une quelque part, n’aurait pas même trouvé de sympathie. Ce qu’on voulait, c’était le chiffre des morts, le chiffre terrible qui augmentait sans cesse. Et pourtant les journaux mentaient ; soyons justes, ils ont menti quelquefois à moins bonne intention. Tels qu’ils étaient, le coeur manquait en les lisant. Qu’aurait-ce donc été si des registres mieux tenus, si un renfort d’employés établi à temps, si des communications plus complètes avaient pu fournir à chaque jour sa triste vérité ? Après cela venaient les formules rassurantes, variées avec un remarquable talent. Si la mortalité s’accroissait, c’était bon signe, elle ne durerait pas ; si elle diminuait, c’est que le mal touchait à sa fin ; si elle reprenait des forces, c’était un dernier effort qui allait bientôt l’épuiser : vrai langage de nourrice pour endormir l’enfant qui se lamente. Et tout le monde se payait de cette monnaie, tout le monde excepté quelques fanfarons de pessimisme, les plus effrayés, je vous jure, que vous ayez pu rencontrer dans ce moment d’effroi, gens qui, lorsqu’ils sont assez heureux pour tenir un malheur, ne le lâchent pas avant d’en avoir tiré toutes ses conséquences possibles, et vous épouvantent tout exprès, pour que vous leur rendiez le service de les contredire. C’était pour ceux-là surtout qu’était faite la liste des morts qui avaient un nom, qui obtenaient l’honneur d’une fosse particulière dans le nécrologe quotidien. Car le moment était bon pour ceux qui seraient fâchés de quitter ce monde sans y laisser quelque bruit. On gagnait de la popularité à mourir. Il n’était personne qui ne voulût avoir connu les défunts de quelque importance, et fournir des détails sur leur constitution, sur le cours de leur maladie, sur le traitement qui n’avait pu les sauver. II se trouva même des gens fort bien portants qui eurent le plaisir d’assister à leur célébrité posthume, d’apprendre combien la société les regrettait, et de recevoir à déjeuner les conviés de leurs obsèques.

Mais c’était dans les rues surtout, qu’il y avait besoin de précautions pour ne pas se heurter contre une cause d’émotion trop vive. Ce n’est pas que le nombre des allants et venants y manquât, que la circulation fût de beaucoup diminuée ; les marchands vous diront seulement avec de longues doléances, et en vous montrant d’immenses lacunes dans leurs registres, que tout ce monde y marchait inquiet, affairé, préoccupé, sans curiosité, sans caprice. Ce qu’il y avait à craindre était la rencontre des cercueils, accident journalier et vulgaire, pour lequel nous avons ordinairement peu d’attention, à moins qu’il ne s’y joigne le cortège obligé d’un dignitaire, ou l’escorte guerrière d’un soldat citoyen, mais qui nous frappait alors comme une menace. Les mairies surtout étaient un voisinage dangereux ; car c’est là que se trouve le vestiaire de la mort, et vous risquiez à chaque instant d’avoir derrière vous un homme noir qui portait sur son épaule la dernière emplette du riche, la dernière aumône du pauvre, un habillement à votre taille. Puis c’était le corbillard qu’on paye, celui dont l’administration est toujours fournie, conduisant avec quelques restes de solennité la dépouille privilégiée d’un contribuable ; le char gratuit, qu’on reconnaît de loin à l’air ennuyé du cocher qui n’attend pas de pourboire, et où les morts entassés, gerbés l’un sur l’autre comme des futailles, perdus sous leur commune enveloppe de sapin, trompaient quelquefois la douleur fidèle des survivants ; enfin, les voitures d’emprunt, ces larges tapissières voilées d’une sombre toile, ces omnibus funéraires, inconnus jusqu’ici de la population, et qui transportaient vers le logis d’où l’on ne sort plus, leurs mystérieux déménagements. Parfois aussi, vous pouviez voir arriver un groupe d’hommes aux membres robustes, à la poitrine large, au front sillonné par la fatigue, au costume simple et grossier, qui, las d’attendre le chariot municipal, l’ensevelisseur officiel et le deuil authentique, avaient chargé sur leurs bras le corps d’un ami, couvert, pour tout ornement funèbre, du drap blanc enlevé à sa couche ; spectacle touchant en vérité, devant lequel il fallait s’arrêter avec respect, et qui pouvait bien être une contravention ; matière de poésie et de procès-verbal.

Malgré toutes ces tristes pensées, ces récits désolants, ces funestes rencontres, rien n’était suspendu dans le mouvement des affaires, et l’on affichait même chaque matin les plaisirs du jour. Les marchands ouvraient leurs boutiques ; les restaurateurs tenaient leurs fourneaux allumés ; les cafés se contentaient d’ajouter le tilleul et la menthe à leurs préparations habituelles ; les fiacres roulaient ; les bourgeois montaient leur garde ; les journaux se remplissaient de discussions et de nouvelles ; la justice poursuivait son cours ; le jury prononçait sur les conspirations et les offenses ; la Bourse avait ses mouvements de hausse et de baisse ; la politique, ses espérances et ses mécomptes. L’émeute aussi, s’était montrée un instant dans les premiers jours de l’épidémie, comme pour lui faire accueil. Paris semblait n’avoir perdu qu’une seule de ses habitudes, celle du mariage ; nul n’était assez sûr de sa vie pour la lier à celle d’un autre. Du reste, toutes les industries allaient leur train comme pour ne pas se désaccoutumer de produire ; je crois même, sans pouvoir l’assurer, qu’il sortit un roman de l’atelier. Mais un courage que l’on doit admirer, ce fut celui des théâtres déjà si languissants, si malheureux, si délaissés, aux jours où l’on avait encore un peu de joie et de loisir. Les théâtres ouvraient leurs portes tous les soirs, et là, devant un simulacre de public, plus attentif peut-être à sa digestion qu’aux jeux de la scène, il fallait que de pauvres comédiens, inquiets eux-mêmes de leurs entrailles, ou frappés dans leurs affections, vinssent débiter leur rôle, grimacer la gaieté, ou feindre un autre trouble que celui dont ils étaient émus. Tout cela, pour qu’il ne fût pas dit que l’épouvante était dans la cité, pour fournir des distractions à des gens qui n’en cherchaient pas, pour que l’éclairage des spectacles, brillant la nuit dans les rues désertes, vint détourner les yeux de ces lanternes rouges, que le vent balançait à la porte des ambulances. On a donné de l’argent aux directeurs pour les dédommager ; c’est fort bien, mais il me faut, et je le dis sérieusement, des couronnes civiques pour les acteurs, dussent-elles être décernées par les hommes qui ont quitté leurs bancs en désordre, à ceux qui sont restés fermés sur leurs planches.

Il en faudra aussi pour les médecins. Car l’épidémie n’est pas assez loin de nous, pour que nous recommencions à nous moquer de leur science. Si l’art a été plus faible que le mal, s’il s’est montré incertain, s’il a tâtonné, s’il en est encore au doute après une longue et cruelle expérience, le zèle a été immense, héroïque, admirable. Dans cette lutte généreuse contre un secret meurtrier de la nature, rappelons-nous qu’à côté des victimes, il s’est trouvé des martyrs. Les médecins d’ailleurs ont agi avec courtoisie ; ils ont attendu que la maladie se fût apaisée pour proposer leur doctrine, pour mettre au jour leurs débats et leurs modes de traitement ; ils ne se sont pas disputés sur le lit du moribond. Là, chacun suivant ses principes, a travaillé de son mieux, et chaque méthode s’enorgueillit de ceux qu’elle a sauvés. Ne portons donc pas un regard indiscret sur leurs différends, de peur qu’à leur tour, il ne leur prenne envie de dire nos alarmes et nos faiblesses, les imaginations qu’il leur a fallu calmer, les terreurs qu’ils ont prises en pitié, et les santés florissantes qu’ils ont été obligés de guérir.

Or, à présent que nous n’avons plus rien à craindre, que l’épidémie va visiter d’autres lieux, que peut-être, après avoir affligé quelques parties de notre France, elle portera ses ravages dans des contrées qui n’ont pas encore reçu nos moeurs, avouons le franchement : nous, à qui il en coûte si peu pour être sublimes, nous n’avons pas su prendre une noble attitude en présence du choléra. Il est vrai qu’il nous a traités avec une préférence de haine toute particulière. Mais enfin, il ne nous a trouvés ni audacieux, ni résignés, ni insouciants, ni soumis. Il semble que quelque chose nous gênait dans la manifestation de ces pensées communes, qu’un danger commun fait naître chez les hommes. Nous sommes restés indécis entre la prière et la bravade, renfermés en nous-mêmes, chacun pour soi, n’osant pas nous aventurer à des sentiments qu’un autre caprice aurait pu désavouer. C’est qu’aussi, jamais grande désolation n’a plus mal choisi son moment pour tomber sur un peuple. L’union de tous les esprits dans une même croyance dans une même affection, dans une même idée d’avenir, n’aurait pas été de trop pour faire face à celle qui vient de décimer si cruellement une population désunie, pleine de rancunes et de défiances. A la fin, moyennant un tribut, de treize mille morts, nous pouvons nous en croire quittes, respirer quelque temps, et nous dire avec un faible espoir de répit :

« Voici encore un fléau de passé ; à qui le tour « maintenant ? »

Note : (1) Le relevé officiel des morts jusqu’à la fin d’avril porte : 6260 hommes, 5704 femmes, 693 enfants au-dessous de sept ans.

Le Choléra-Morbus à Paris, (1832) de Paris ou le livre des cent-et-un. Tome cinquième, publié à Paris : Chez Ladvocat en 1832, libraire de S.A.R. le Duc d’Orléans, MDCCCXXXII.- 399 p. ; 22 cm.

http://www.larevuedesressources.org/article.php3?id_article=891


Ce qui caractérise les utilisateurs de logiciels libres

communauté traduction Alors voilà. Nous y sommes. Le logiciel libre est clairement en train de gagner la bataille du desktop. Quelque soit son système d'exploitation, on trouve désormais des logiciels libres de grande qualité répondant à tous les usages de base (web, bureautique, graphisme, multimédia...). Dans le même temps des distributions GNU/Linux toujours plus conviviales arrivent à maturité et les revendeurs ne s'y trompent pas puisqu'ils commencent à en proposer au grand public dans leurs offres d'ordinateurs neufs.

http://framablog.org/index.php/post/2008/01/22/Ce-qui-caracterise-un-utilisateur-de-logiciels-libres


Rites pour une société en souffrance : la magie

Il y a toute une tradition en islam à propos des vertus curatives de la parole divine. Une tradition qui s'appuie en particulier sur un verset du Coran (sourate Al-Isrâ', verset 82) : "Nous faisons descendre du Coran, ce qui est une guérison et une miséricorde pour les croyants."

Le Coran peut donc être un remède, à la fois dans un sens métaphorique, en aidant le croyant à être meilleur, et aussi selon certaines traditions en permettant à la parole divine d'agir contre des atteintes physiques parfois mais en général d'ordre psychologiques.

Exploitant un marché de l'occulte en pleine expansion dans un monde en quête de "réenchantement', les désenvoûteurs et autres "tradipraticiens" proposent de "guérir" troubles somatiques et même affections mentales. Pour cela, on fait appel dans les pays arabes à un homme de religion - au savoir souvent autoproclamé - qui administrera, sous différentes formes, la parole divine accompagnée, et c'est là que réside le danger, de divers autres traitements plus ou moins violents.

Conjurer le mauvais sort, exorciser ces forces de l'invisible que sont les djinns, peut être réalisé par ruqiy, ce que l'on peut traduire, faute de mieux, par "incantation magique". Celle-ci est légale - sur le plan religieux - lorsqu'elle use des versets du Coran et des formules religieuses reconnues autour des différents noms de Dieu, quand elle est proférée en langue arabe (ou dans une langue connue) et lorsqu'on reconnaît que la vertu curative de cette incantation réside dans la puissance divine et non pas dans la formule elle-même.

Faute de cela, on sort du cadre légal religieux et l'on entre dans l'univers de l'associationnisme, de la magie. Des pratiques hautement répréhensibles aux yeux des jurisconsultes, mais que la religion populaire ne perçoit pas de la même manière par ignorance sans doute, et aussi parce qu'elle a toujours "accordé foi", dans toutes les régions du monde arabe, à des traditions curatives venues du fond des âges.

Des pratiques qui ont toujours eu cours par conséquent mais dont on peut penser qu'elles sont plus présentes, plus visibles, en temps de crise grave, lorsqu'il n'y a plus d'autre solution ou encore lorsque les menaces ou les difficultés semblent si importantes qu'il n'y a de sortie possible que par une sorte d'échappée magique dans l'imaginaire.

Une situation qui s'applique sans doute assez bien à ce que vivent les Palestiniens, en particulier à Gaza où cet article (en arabe, comme les autres références de ce billet) du quotidien en ligne Elaph signalait en novembre dernier l'essor sans précédent des guérisseurs et autres "cheikhs docteur bénis de Dieu" ayant pignon sur rue, passant des annonces dans des journaux et tenant des sites internet.

Un phénomène que l'on retrouve en Cisjordanie selon un article très récent du quotidien Al-Quds al-'arabi qui explique par la difficulté de la situation actuelle l'essor spectaculaire de ceux qu'on appelle là-bas les fattâhin (rien à voir avec le mouvement Fatah !) ou encore 'arrâfin (ceux qui "ouvrent", au sens de délivrer, ceux qui savent...).

Frappée elle aussi par une crise sociale et politique à laquelle il semble bien difficile de trouver des remèdes (rationnels), l'Algérie connaît de son côté un engouement sans précédent pour ces pratiques curatives selon cet article d'Islam-online. Dans un pays où près de 10% de la population souffrirait de troubles psychologiques, les autorités limitent leur ambition à empêcher autant que possible qu'elles se déroulent dans les lieux publics et en particulier dans les mosquées.

A l'évidence, la réapparition notable de ces pratiques magiques, qui n'étaient plus que marginales, est bien le signe de la souffrance qu'endurent aujourd'hui les populations du monde arabe.

http://culturepolitiquearabe.blogspot.com/2008/02/rites-pour-une-socit-en-souffrance-la.html


Tabagisme passif : des chiffres un peu fumeux,

http://www.bakchich.info/article2727.html


L’entreprise, c’est la vie

Sacrées espèces et menteurs menacés

http://www.peripheries.net/article316.html


La structure familiale n’explique pas la délinquance des jeunes

Une étude menée par une équipe de l’IEP de Grenoble montre que l’environnement explique bien mieux la délinquance juvénile que la structure familiale, bien que le fonctionnement familial (entente des parents, supervision parentale) et le parcours scolaire aient une influence certaine. Ses résultats vont ainsi à l’encontre de nombreuses idées reçues, notamment celle qui veut que la famille "fasse" la société : pour les auteurs de l’étude, c’est clairement l’inverse qui est vrai.

http://www.carnetsdesante.fr/spip.php?article171


Entretien avec Jacques Bouveresse : Défendre la vérité désarmée

Philosophe réaliste, éminent spécialiste de Wittgenstein et de la philosophie analytique, Jacques Bouveresse est aussi connu pour des ouvrages critiques sur les impostures scientifiques et intellectuelles. Il est professeur au Collège de France où il occupe la chaire de philosophie du langage et de la connaissance.

Nouveaux Regards : Nous souhaiterions, si vous le voulez bien, connaître l’état de vos réflexions et de vos travaux en matière philosophique, mais également vous interroger sur les problèmes d’actualité politique et sociale. En particulier, qu’en est-il, selon vous, des rapports entre le politique, les intellectuels et le pouvoir médiatique ?

Jacques Bouveresse : Je viens de publier un article sur la question des médias et des intellectuels dans Le Monde diplomatique de mai dernier. J’en suis arrivé, je l'avoue, à un état assez voisin de lad épression vis-à-vis du monde intellectuel.

Sur les incendies des immeubles vétustes où étaient entassées des familles immigrées, sur la crise des banlieues, sur les mobilisations contre le CPE, nous n’avons pas entendu ou lu la moindre réaction de nos grandes têtes pensantes ; pas une n’a réagi. Autrement dit, la question sociale a disparu. C’est bien ce que Bourdieu avait prévu dans les dernière années de sa vie. Nous en parlions souvent.

La philosophie morale s’est complètement substituée à la philosophie sociale. Vous remarquerez que les livres qui se vendent se situent dans le registre « apprendre à vivre », comme ceux de notre illustre ex-ministre Luc Ferry. Vous remarquerez aussi la façon dont Alain Finkelkraut s’est exprimé sur le problème des banlieues, ou Hélène Carrère d’Encausse. Ce que nous avons entendu m'a semblé, dans leur cas, positivement honteux ; mais cela ne scandalise plus vraiment, parce que la prédication morale remplace d eplus en plus la réflexion sur le social.

Pour ce qui concerne la relation du monde politique et médiatique avec les intellectuels, le phénomène BHL m’intéresse depuis longtemps. Il y a d'ailleurs aussi la question des relations du monde politique avec les intellectuels. Les politiques sont tous béats d’admiration devant Bernard-Henri Lévy. J’ai lu le livre que Nicolas Beau et Olivier Toscer lui ont consacré 1. On y trouve une citation assez incroyable de Bernard Kouchner qui aurait dit : « Oh BHL, on savait depuis le début que c’était du toc, et qu'on a laissé faire. L'idéologie française, c'est aussi ça, parfois : conforter les intellectuels, même quand ils barbotent dans l'approximation et l'erreur.». J’ai trouvé ces propos effarants. Cela revient en gros à dire que, à tout prendre, mieux vaut passer pour des cyniques que pour des gogos. Les politiciens n’ont tenu aucun compte de ce qu’ont dit des gens sérieux et informés (comme par exemple Pierre Vidal-Naquet ) à propos de certains des livres de BHL. On n’est arrivé à rien, et en partie à cause de l’attitude du monde politique qui se prosterne devant la célébrité, alors qu’il ignore totalement les représentants de l’université lorsqu’ils essaient de dire « non ». Contre ce genre de chose, les arguments ne pèsent à peu près rien.

http://institut.fsu.fr/nvxregards/34/bouveresse.htm


Qui a peur du gratuit?

Vif échange ces derniers jours sur la liste de discussion Revues SHS, d'habitude plus paisible, qui accueille nombre des acteurs de l'édition scientifique francophone. Suite à l'annonce des IIIe assises de la MRSH-Caen, consacrées à l’évaluation des publications en sciences humaines et sociales, Jean-Claude Guédon, de l'université de Montréal, critique vigoureusement la marginalisation des revues françaises: «La France apparaît (...) comme un pays où les revues, subventionnées au-delà de la moyenne mondiale (à documenter, bien sûr), demeurent néanmoins peu accessibles (...). Si l'on ajoute à ces handicaps le fait que la langue française rejoint de moins en moins de monde dans les universités du monde, on débouche sur une situation catastrophique, en particulier pour la diffusion de la culture et de la pensée françaises. En bref, la France dépense beaucoup d'argent en obtenant bien peu de résultats. (...) Nous sommes entrés dans une ère où il existe tellement d'information disponible et utile en accès libre que l'on peut travailler de nombreuses questions sans avoir besoin d'aller plus loin, surtout si l'on accepte de se servir de sources en anglais (mais aussi dans d'autres langues). Ceci conduit à la marginalisation inéluctable du papier rédigé exclusivement en français et barricadé derrière un abonnement.»

http://www.arhv.lhivic.org/index.php/2008/03/11/656-qui-a-peur-du-gratuit


Le scrutin est clos, le contenu de l'urne est retourné sur la table, le dépouillement commence.

Affecté au comptage des voix, je tire la langue en traçant des petits bâtons en face des noms égrenés par les scrutateurs. Les mêmes patronymes peuplent les deux listes en lutte, y'a des cousins, des pères et des fils en bisbille, pas se planter de case, l'heure est grave !

Deux listes dans un village de 36 habitants à l'année, c'est pas encore le Kosovo, mais l'ambiance est tendue. Le maire sortant et son challenger ont couvé l'urne toute la journée en se matant en chiens de faïence.

500 euros d'indemnité mensuelle pour le maire, un peu plus de 200 pour le premier adjoint, on est loin des fastes élyséens, mais ça excite tout de même bien des convoitises une telle manne. En plus c'est cumulable avec les Assedic ou le RMI, aucun risque de connaitre les soucis de Gérard Gaudron, le député chômeur. Tant mieux parce qu'ici c'est trente bornes qui séparent la mairie de l'ANPE, pas deux cents mètres comme à Aulnay.

Aux élections municipales précédentes, un jeune plein de projets, dynamique en diable, s'était présenté et avait obtenu le poste de premier adjoint. Deux mois plus tard, il partait vivre et bosser aux Antilles, il a continué, six ans durant, à percevoir son indemnité.

Avec mon copain, un immigré auvergnat, on voulait monter une liste, histoire de comprendre comment ça marche tout ça, s'impliquer comme on dit, arrêter de râler et voir ce qu'on peut faire, essayer de concilier nos intérêts particuliers avec le bien commun. Comprendre par exemple les mécanismes présidant à l'attribution des permis de construire, les plans d'urbanisme.

La terre et l'eau, de plus en plus rare, sont les deux gros enjeux d'une région en voie de désertification, promise au tout touristique puisque la viticulture c'est fini. A l'heure où des lotissements concentrationnaires sortent de terre, imaginés par des architectes qui ont dû se faire la main en construisant des prisons, on aimerait ramener du monde dans un village où la moyenne d'âge flirte avec les 70 ans, tout en évitant ce genre d'horreur.

Pour ça, il faut trouver les subventions qui permettraient de retaper l'appart au dessus de la mairie et le transformer en logement social. L'ADSL est réclamé par la plupart des néos, mais les antennes qui donnent la migraine aux abeilles, ça nous tente moyennement, surtout l'apiculteur. Le satellite peut-être... Bref, se mouiller et faire les choix les moins péraves possible que permet le petit pouvoir du conseil municipal.

Mais les colistiers potentiels se faisaient rares, et puis trois listes de neuf candidats dans un aussi petit patelin, c'était un coup à se retrouver dans le journal de Jean-Pierre Pernaut.

Nous nous sommes donc sagement ralliés au maire sortant, militaire de carrière en retraite, socialiste tendance «ne nous énervons pas», afin de barrer la route à son concurrent, militaire de carrière en retraite lui aussi, mais pas socialiste du tout.

Du coup, grosse affluence pour le dépouillement, il faut rajouter des chaises dans la salle commune. Les octogénaires sont présents, en charentaises et en treillis. On prend des nouvelles, le vent a fait tomber un bout de la cheminée d'Aimé.

Grosse participation, 42 votants sur 51 inscrits, pas un bulletin blanc. On a pas droit aux habituels panachages, aux insultes ou aux vannes. Y'a bien une voix pour l'idiot du village, mais sinon ce sont des listes entières qui sortent du bulletin, on a peu joué du stylo. Le suspense est de courte durée, la liste du maire sortant est réélue avec plus de 70% des voix. Ça va du dreadlockeux de 25 ans au sourcier de 75 ans, des représentants des vieilles familles et des néos, des gens du «centre» et des gens des écarts. Pour la parité c'est loupé, on a qu'une seule femme.

Le prétendant battu quitte la salle sans mot dire, dents serrées, son co-listier est décu, c'est encore raté pour la rente de premier adjoint. C'était bien la peine de se fâcher avec papa !

Je tire toujours la langue, m'appliquant autant qu'un gaucher le peut, en recopiant la liste des élus sur le procès-verbal. Je dois indiquer ma profession sur un document officiel, j'hésite entre travailleur social, écrivain et ouvrier agricole, j'opte finalement pour gardien de nuit.

On a jusqu'à la fin de la semaine pour faire plouf plouf, choisir le maire et ses adjoints.

http://recits.blogs.liberation.fr/thierry_pelletier/2008/03/vive-la-commune.html


"On ne se bat bien que pour les causes qu'on modèle soi-même et avec lesquelles on se brûle en s'identifiant."

Si nous sommes sérieux, nous nous renseignerons sur ce qu'ils font, sans prêter grande attention à ce qu'ils disent.

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